L VI
Endosse le mpnteau de la philosophie ', 11 sied à toute taille et pour toutes saisons : Au jeune âge, il nous sert contre les passions; Et nous abrite encor dans l'hiver de la vie.H.
Le temps niarche en géant. Hélas! rien ne l'arrête. On ne l'a jani;ùs vu revenir sur ses pas. Des roses qu'il moissonne, ornons du moins sa tète ; Et piirsemous de fieurs le chemin du trépas.
Français^ L V I I I.
« Dh;ii, d'une main avare, a mesuré nos Jours. » Qu'importe, si tu sais en faire un bon usage. De bonnes actions marquent les jours du sage ; Mais ^insensé verbeux les perd en beaux discours,
De jôifts bons et rtianvais, la vie est une somme Que l'avide destin donne à faire valoir; La mort, au terme échu , fait rendre compte à l'homme^ Et sans délai j ni grâce, exerce son pouvoir.
La mort h'est pas un mal • le sage la défie j Soumis à son destin , sans en être vaincu : Ses vertus le suivront , s'il est une autre vie j Si tout meurt avec l'homme, il a déjà vécu.
t)é'robons-nous au poids de tout brillant emploi i Ne nous ingérons point aux affaires des autres • Chez nous-, n'avons-nous pas toujours assez des nôtres ? Heureux qui s'appartient, et qui ne tient gu'à soi 1
Toi , qiTs le sort plaça dans une sphère obscure, Ne cesse point d'être homme, en approchant des grands. La noblesse est dans l'ame • en vain on en murmure ,. La vertu rétablit l'égalité des rangs.
igi ïi E I^TTCRÊCE
N'accepte rien des grands, si tu veux rester libre f Vendeurs intéressés, ils surfont leur présent ; Leur balance jamais n'observa l'équilibre ; Leur niaiu, en donnant dix^ s'ouvre pour avoir cent»
Des querelles dés rois, ne te taets pas en peine j Aux esclaves oisifs, laisse ce passe-teins : Mets l'ordre en ta maison ; cultive ton domaine j Et demeure étranger aux grands événemens,
Que le vil royaliste, à genoux, au saint lieUj Au céleste monarque adresse sa prière!
Le fier Républicain ne peut admettre un dieu ; Pour luij pas plus de maître au ciel que sur la terre*
Qu'un autte aille à la cour, ramper aux pieds d'un maître ! J'aime mieux m'égarer sur ces monts, dans ces bois : Pour moi, dans ce séjour solitaire et champêtre, Le lever du soleil vaut bien celui des rois.
Du secret des autels , le Si:ge enfin est maître. Amenons le pontife à faire cet aveu :
La buile de savon est l'image d'un Dieu ; Souflez dessus , lu bulle et le Dieu cessent d'être*
IPRAÎTCATS. Iy3
Il est des nations qui flngcllent leur Dieu , Quand. U ne daigne pas à leurs vœux condescendre } Au machiniste seul elles devraienf. s'en prendre '. Peuples ! fouettez le prêtre infidèle à son jeu.
Doit-on être étonné des lamentables scènes Qu'offre la politique, en tous lieux , en tous tems j Si c'est Dieu qui conduit les affaires Juiniaines , En choisissant les rois pour ses représentans ?
Peuple libre et jaloux de ta félicité.
Impitoyablement, interdis au lévite.
Et le droit de refuge et le droit de cité : Aux prèttes traversant tes murs^ dis : passe^ vite /
A Rome, vh noufeau Dieu ne pouvait s'introduire Sans l'avis du sénat , quoiqu'il ne fit qu'en rire : Sage précaution ! mais il eut été mieux Ee conserver les mœurs, et de bannir les Dieux.
Le soleil , pour prouver sa brillante existence ,
A la dialectique emprunte-t-il secours ?
"Son ! Je répugne à croire un Dieu dont l'évidence
Ne frappe pas autant que l'éclat des beaux jours.