POEME SUR L'IMPRIMERIE
1 R EM I E R des Arts, si cher à la philosophie ! Sublime invention ! vaste Typographie !
Tu ne devais servir qu'aux seules vérités. Hélas î dès ton berceau, les prêtres éhontés, Au mensonge pieux t'ont donné pour organe. Ce sots inquisiteurs déclarèrent propliane , Condamnèrent au feu dé la terre et du ciel, Le hardi typographe , audacieux mortel , Propageant la raison par des canaux sans nombtfr. Le lévite ombrageux, et le despote sombre, Pour remuer le monde, en se l'assef vissant, S'emparèrent bientôt de ce levier puissant.
De la pensée humaine , ô vous ! Types mobiles ^ Vous êtes devenus des instrumens dociles Aux ordres de la fraude , aux ordres des t3'Tans j Des coupables erreurs , complices innocens.
Artistes libéraux ! compagnons du génie ! Liguez-vous , fiers enfans de la Typograpliie ! Jurez de consacrer vos bras industrieux , Aux méditations du sage studieux, K'écrivant qu'au flambeau de la seule évidence.
Refusez tic donner le jour et l'existenro A l'œuvre ténébreux des imposteurs sacrés. De la vérité sainte, amans jaloux , jurez De réduire plutôt vos presses en poussière , Que de les prophnner , en mettant en lumière jj^ Les sophisnies lionteux des esclaves gagés.^ Jurez guerre éternelle à tous les préjugés.
Aia Lk Lucrèce