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Le Lucrèce
Tient le premier anneau de cette chaîne immense, Oîi l'un à l'autre unis, tous les êtres divers Observent sous sa loi, l'ordre de l'univers.
Il existe, sans doute, une cause première, Un être intelligent, distinct de la matière. Tout dit : il est un Dieu. Tout, sur la terre, aux cieuxj Des saisons et des jours, l'ordre miraculeux ; Des êtres opposés, l'étonnante harmonie J Du plan qui règle tout, la sagesse infinie, I\Iarche d'un pôle h l'autre, et du sommet des monts, Descends, hardi mortel, aux abîmes profonds ; Tout montre à nos regards : tout crie à nos oreilles : Il est un Dieu, l'auteur de toutes ces merveilles.
Un sage conduisit un jour son jeune fils Sur un mont élevé, d'oîi le regard surpris , D'un horizon immense embrassait l'étendue ; La Nature semblait une vierge attendue , Dont le sein entr' ouvert offre en les refusant. Des trésors qui croîtront interdis à l'amant. Et seront fécondés sous l'œil de l'hymenée. De la rose et du lys, la saison ramenée,] Sur leur trace attirait les volages zéphirs, Et l'oiseau préludait à de nouveaux plaisirs ; La terre reposée en un profond silence, De son époux ardent convoitait la présence ; L'astre du jour paraît, et son large pinceau D'un seul trait rend la vie à ce riche tableau. Le jeune homme s'émeut •, par dégrés il s'enflamme ; Déjà l'enthousiasme a passé dans son ame. Eh bien ! lui dit alors le père observateur
Je suis ton fils ; ce monde eut aussi son auteur.
Français. aig
L'impie, embarrassé d'un témoin trop sévère. Ment à sa conscience, et de dessus la terre Veut effacer le nom du Dieu de la Vertu, Frein saoré, trop pesant ponr un coeur corrompu.
Pense , mais pour toi seul , égoïste coupable ; Ne porte point l'allarme au sein de ton semblable De l'homme infortuné. Dieu seul est le trésor ; Veux-tu le lui ravir, prends donc sa vie encor.
Mortel présomptueux ! sans en rougir, adore Un Dieu, le même Dieu qu'adorait Pythagore, Coiifutzé, Zoroastre et Socrate et Nev\ton * Aime le Dieu qu'aimait le tendre Fénélon.
Ne perdons pas le tems en questions frivoles t Le plus sage toujours n'est pas le plus savant. Qu'on écrive ces mots sur le seuil des écoles ; 3Iortel ! adore un Dieu; sur-tout , sois tolérant.
Trop long-tems, sur ce globe, et le Christ et Mo'.'àe^ Mahomet et Brama, chacun dans son église. Se partage l'encens des crédules mortels. Peuple libre, à Dieu seul, dresse enfin des autels.
Au retour du^printems , quand l'aurore brillant© Annonce du soleil la pompe ravissante- Sages républicains , sur la cime des monts, Adressez un cantique à ses premiers rayons. Et célébrez en chœur le Dieu de la Nature.
Etre bon ! à ta voix, tout s anime et s épure 1 Ame de l'univers, sans doute les mortels Te devaient honorer de leurs premiers autels.
220 Le Lucrèce Français,
De tes propres bienfaits accepte les prémices j Trop long-tems tu reçus de sanglans sacrifices. Souris à notre offrande et de fruits et de fleurs ; De notre liberté consacre les couleurs.
Tyrans coalisés ! vous, factions impies ! Et du peuple et de Dieu , sur vos tètes hardies, Craignez de provoquer les pouvoirs reconquis. Sous l'œil de l'Eternel, les rois anéantis, Jouets du peuple, ont vu leur couronne fragile, Brisée en vains éclats, comme un vase d'argile. Du peuple , ami du ciel , craignez les derniers coups j Redoutez sa justice, implorez sa clémence. Faites que sa bonté se repose sur vous. Heureux, qui dans le peuple, a mis sa confiance !
Profane ! loin de nous, ou rentre dans ton cœur ! Il est un Dieu du peuple , infaillible vengeur -, Son séjour est par-tout, le monde est son ouvrage j Il marche sur les vents -, il commande à l'orage j Le tonnerre qui gronde annonce son pouvoir. Adorons l'Éternel ! c'est le premier devoir.
r I IT.
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