‹ Le Lucrèse françaisChapitre 8 sur 33 · L-t E Sage est plus que Dieu : sur ce globe bizarre · texte numérisé non relu

L-t E Sage est plus que Dieu : sur ce globe bizarre

Les maux que Dieu permet , le Sage les répare.

D'un souffle, en se jouant, Dieu créant l'univers,

Est moins que Régulus redemandant des fers.

Celui qui des Calas a plaidé la défense ,

Est plus que Dieu laissant opprimer l'innocence.

A ses enfants ingrats N.... donnant du pain ,

Est meilleur qu'un Dieu bon noyant le genre-humain»

En plaçant dans le ciel des héros leurs semblables,

Nos pères tant grossiers, étaient-ils si coupables l...

Nous devons des autels à qui nous rend heureux :

Brutus , pour les Romains , fit plus que tous leurs Dieux..

Français. 55

U N père philosophe, nn jour, mena son fils Sur le sommet d'un mont , d'où le regard surpris D'un horison immense embrassait l'étendue : La nature sendjlait une vierge attendue , Dont le sein entr'ouvert offre ^ en les refusant, Des trésors qui croîtront sons la main d'un amant, Et seront fécondés sous l'oeil de l'hymenée. Des roses et des lis la saison ramenée Sur leur trace attirait les volages zéphirs , Et l'oiseau préludait à de nouveaux plaisirs. La terre reposée, en un profond silence, De son époux ardent convoitait la présence. L'astre du jour paraît, et son large pinceau D'un seul trait, rend la vie à ce riche tableau. Le jeune homme s'émeut-, par degrés, il s'enflamme J Déjà l'enthousiasme a pa.ssé dans son ame. « Eh bien!... » lui dit alors le père observateur. — » Je' suis ton fils : ce monde eut aussi son auteur;

» Ce Dieu puissant et bon, dont me parle ma mère y

De malignes vapeurs ont chargé l'atmosphère j Des aquilons rivaux le choc impétueux.

Sous un ciel ob.'-curci les sillons lumineux. Le calme plus liorrible encor que la tempête j Et du père et du fils tout menace la tète; Le tonnerre e.-.t enfin de la nue écliappé .... Dans les bras de son fîls , le père en est frappé. Le fîls murmure en vain, en vain se désespère...' I^ fils devint athée, au trépas de son père.

XNtJTiLES aîi sage , et peu craints des coupables , A quoi servent les Dieux l et quel but ont leurs fables? J'en atteste l'histoire ; en quelle région, L'Homme fut-il heureux par la religion ? Depuis des milliers d'ans , à son culte fidèle, Le mortel croit un Dieu, sur un Dieu se modèle • A toute heure , il l'adore • il le voit en tous lieux ; Ses regards constamment sont fixés vers les cieux J En est-il devenu plus éclairé , plus sage l Qu'imparfait est ce Dieu , si l'homme en est l'image l

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