‹ Le Lucrèse françaisChapitre 7 sur 33 · Chaque Etre est, tour-à-tour, créateur, créature · texte numérisé non relu

Chaque Etre est, tour-à-tour, créateur, créature

» L'homme, plus que tout autre , aimé de la nature ,

» Est tout ce qu'il veut être ; et s'il lui faut un Dieu,

^j L'homme sans doute à l'homme en pourrait tenir lieu.

Français. 3j

Ooi'S l'œil de lii nature et l'aîle des amours,

I>e mortel fortuné coula ses premiers jours :

Il ignora long-tems les vertus et les vices •

De la seule innocence il connut les délices.

Sans prévoir l'avenir , satisfait du présent ,

Ses vœux étaient bornés, son cœur était content.

Le travail , le repos lui formaient une chaîne

Que la mort, à pas lents, venait rompre avec peine •

Sans en chercher la cause , il goûtait le bonheur.

Tout s'altère, tout change; et le tcms destructeur Elève pour abattre, abat pour reconstruire.

A l'école du tigre , un homme osa s'instruire : Plus fort que son semblable, il lui donna la loi, BJit la main sur sa gerbe, et dit : elle est à moi. . . . Pour rentrer dans son champ , le foible usa d'adresse j Suivi de ses voisins , (jue son sort intéresse , Il court au ravisseur , et le foible est vengé : Le vaincu fut esclave, et l'homme est outragé. A la voix du plaisir les familles unies , Sous un abri commun , jadis , vivaient amies ! Le cri de l'intérêt changea ces doux liens •, Et d'amis, les mortels devinrent citoyens. D'entr'eux le plus hardi, prit sa place à leur tête ' Ses égaux subjugués par le droit de conquête, En lui virent un maître et bientôt un tyran. Quelques-uns, offensés et jaloux de son rang, Encor peu faits au joug, éclatent en murmure,

Et rappellent trop tard les lois de la nature

<; Rebelles, taisez-vous ! ( leur crie un imposteur ^ ,

38 LeLucrece

» Tremblez ! il est un Dieu : des rois c'est le vengeur!

» Le ciel est son séjour • le monde est son ouvrage :

» Il marche sur les vents j il commande à l'orage j

» Le tonnerre qui gronde annonce son pouvoir ;

» C'est lui qui fait les rois : rentrez dans le devoir ».

Comme il parlait encor, la foudre étincelante

Par ses coups redoublés augmentait l'épouvante :

La terre au loin tremblait ; la nue était en feu :

Où fuir ? oïl se cacher l que faire ? .... On crut un Dieu.

Que de maux va causer l'erreur de vos ancêtres ! Jouets entre les mains des tyrans et des prêtres, Peuples, vous-même un jour, au nom des immortels, On vous entraînera devant leurs saints autels : Sons un couteau sacré , victimes innocentes , Vous subirez le sort de vos brebis sanglantes..

of JOUR religieux, majestueuse enceinte , Temple de la nature, habité par la crainte, Forêts 1 dont l'épaisseur nous dérobe les cieux : L'homme, dans votre sein, conçut ses premiers dienS.

JJes grands législateurs on vante la méthode • Ils se créaient des dieux pour parler en leur nom i C'est un trait de génie.... En est-ce un de raison ? il est bien plus aisé de faire un Dteu qu'un code.

4<y LeLucrècë

« S'il, n'est point d'avenir, quelle est notre espérance l

» Sans lui , de nos vertus quelle est la récompense l

» L'espoir d'une autre vie est un motif pressant ,

» Qui retient le coupable , anime l'innocent :

» Cette vie est trop courte aux grands projets du sage ;

» Pour un mondç plus beau , ce monde est le passage. >>

Sans croire un avenir, l'homme de probité

Peut prétendre aux honneurs de l'immortalité :

Eh ! qu'importe pour lui qu'il soit pure matière ,

Que l'ame avec le corps périsse toute entière l

Le souvenir flatteur des grandes actions

Vit éternellement parmi les nations.

Des peuples oppressés , le nom de Marc-Aurèle j

Sans cesse occupera la mémoire fidèle.

De la postérité les regards consolans Font germer dans nos coeurs les vertus , les talens» L'homme de bien se dit « Si , pendant cette vie , » Je ne peux éviter les poisons de l'envie •, » Un jour, nouveau Socrate , vengé par mes neveux, » Un jour, j'aurai pour moi tous les cœurs vertueux. » En prononçant mon nom , sous sa triste chaumière , » L'innocent qu'on opprime oubliera sa misère. » Le père à ses enfans transmettra mes écrits : » Long-tems après ma mort , utile à mon pays , » On viendra sur ma tombe épandre quelques larmes» » Pour moi, quel avenir peut avoir plus de charmes? »

Français. 41

jVlAiS s'il existe un Dieu , que deviendra l'Athée l Comment soutiendra-t-il l'heure tant redoutée Où les méchants, sortis de la nuit du tombeau, Ne verront dans leur Dieu qu'un éternel bourreau ! Que pourrait-il répondre h son juge suprême , Qui daignerait ainsi l'interroger lui-même : « Peux-tu douter encor, mortel audacieux l » Aveugle opiniâtre, enfin ouvre les yeux. » Trop long-tems, fils ingrat ! tu méconnus ton père j » Tremble ! je ne suis plus que ton juge sévère. » Dans mon temple jamais tu n'as brûlé d'encens • » A mes prêtres jamais tu n'offris de présens : » Je veux bien un moment retenir ma vengeance , » Ou plutôt , te punir à force de clémence : » Pour te justifier , mortel , que diras-tu ? ... » J'ai pu douter d'un Dieu • mais non Je la Vertu.

4^ XieLuCrèce

O u A N D on m'attesterait la suprême existence D'un juge qui punit , d'un Dieu qui récompense ; Quand à mes yeux frappés , l'enfer et tous ses feux Viendraient réaliser leurs tourmens fabuleux • Séjour de l'âge d'or, quand l'aimable Elysée, Peuplé de ses houris, sur mon ame abusée Tenterait le pouvoir de leurs divins appas • Aux pieds des saints autels on ne me verrait pas Blendier bassement la clémence d'un maître : Sans braver son empire , et ?ans le reconnaître , Ne craignant rien du soir , usant bien du matin , De mes seules vertus j'attendrais mon dcùtin.

« Jeune pri.'soinptupiix , s;ins en rougir, adore

» Un Dieu , le inùme Dieu qii'ador;iit Pythagore ,

» Confufzé , Zoroastre , et Descarte et Newton :

» Aime le Dieu qu'aimait le tendre Fénélon »

Ulysse , chez les Grecs , des liçros le plus sage ,

Long-tems d'un insensé joua le personnage :

Le peuple est un epfant qu'on doit se rendre ami ;

11 faut , pour l'élever j descendre jusqu'à lui ,

Encenser son hochet , embrasser sçs chimères ,

Et lui couvrir, de miel les vérités amères.

Un jour viendra sans doute, et ce jour est bien, près.

Qu'on pourra le guérir sans tous ces vains apprêts

Rompons, il en est tems, un silence coupable. De Socrate bravons le supplice honorable .... De tous ses préjugés l'homme est prêt à rougir ; De sa trop longue enfance , il veut enfin sortir ; 11 se lasse du joug , il s'agite , il murmure ; Il ose en appeller aux droits de la nature. Eh bien ! par nos écrits , et sur-tout par nos mœurs. Dans le chemin du vrai soyons ses précurseurs.

44 liELuCRÈCE

Jl est un Dieu, sans doute, à qui tout est possible t A ses rares vertus tout mortel est sensible : Du sceptre à la houlette , en honneur en tous lieux , Ce Dieu , le mieux servi , père des autres Dieux , Compte aussi ses martyrs , fait aussi des miracles ] Sa présence fait taire ou parler les oracles : Qui touche à son autel est guéri de ses maux ; Comblé de ses faveurs , on n'a plus de défauts ; Ses plus chers favoris peuvent tout sans scrupule : Ce Dieu n'a pas encor rencontré d'incrédule ; Tout célèbre, à l'envi, cette Divinité : La vertu , les talens , et même la beauté , Ne valent que par lui , sans lui sont peu de chose I De tout ce qui se fait c'est la première cause • L'homme dans le néant sans lui serait encor. . . . ;■ Fléchissez le genou, mortels ! ce Dieu, c'est l'Or

Français. ^5

Sans doute, il fut un tems, appelle l'âge d'or, Où l'homme pour sou Dieu n'avait que la Nature j Et coulait une vie aussi douce que pure. . . , Four le sagç éclairé, ce tems existe encor.

Oui, si c'est une erreur de méconnaître un Dieu , Un père actif et bon , qui , présent en tout lieu , Voit ses enfans périr , sans leur fermer l'abîme ; Cette erreur est d'un sage, et ne peut être uo crime.

4^ L E L U C R JÈ C £.

J/A mort près de la vie •, un plaisir, mille maux" La terre s' abreuvant du sang des animaux • La verge des tyrans et le couteau des prêtres • Les préjugés , aux fils , transmis par leurs ancêtres J La sagesse toujours en guerre avec les sens j La disette à eûté des besoins renaissants • Les ris du crime heureux • les pleurs de l'innocence : Tout atteste d'un Dieu la malice ou l'absence.

Du mal sous un Dieu h... Prêtre ! au Sage, sans courroux, explique cette énigme* il tombe à tes genoux.

Français. 47

S'it nous fallait des Dieux pour être nos modèles j

Dans le clieniin du vrai nos conducteurs fidèles ,

Que ne choisissions-nous Pythagore ou Caton l

Ces Dieux ne setaient point un fantùmie , un vain nom.

Que Brutus (i) soit pour nous le Dieu de la prudence 1

Bénissons dans Titus le Dieu de la clémence.

Des fourbes, des tyrans, oseraient-ils jamais.

Sous ces noms trop connus , tramer de noirs forfaits l

Attila, sans remords, au nom d'un Dieu colère ,

Livrait toute l'Europe aux horreurs de la guerre :

Le peuplé , en évoquaut les mânes des Brutus ,

Rapelle à son sénat leurs antiques vertus.

S'il nous fallait un Dieu , ne pouvions-nous sans crime , Rendre à l'amour honnête un culte légitime l

O ! vous 5 qui de nos jours réalisez encot Le fabuleux récit de l'antique âge d'or, Peuples d'Otaïti , fortunés insulaires !

Qui vivez sans docteurs , sans faisceaux consulaires * Dans vos heureux climats seule divinité , L'amour a pour autel le sein de la beauté. Ce n'est point parmi vous, ce n'est point un blasphème , De croire que l'amour est Dieu, ce Dieu lui-même, Qui reçut des humains, en tous tems, en tous lieux. Sous des noms différents , et l'encens et les vœux. C'est lui qui du néant fit jaillir l'existence ; La matière par lui reçut l'intelligence ;

(i) Le premier des deux Brutus contrefit la hrutc , pcui déjouer lu tyrannie des ïarquins.

48 LeLucrèce

Par lui le mouvement remplaça le repos ; L'harmonie à sa voix régna dans le cahos : Sa main qui régit tout , et par qui tout commence , Tient le premier Aneau de celte chaîne immense, Oii , l'un à l'autre unis, tous les êtres divers Observent, sous ses lois , l'ordre de l'univers. C'est une vérité qu'il n'est plus tems de taire ; Oui! l'amour est le Dieu, le seul Dieu de la terre.

Français. 49

13 EL les] où courc7-vons, dès le lever du jour? ..î

Eh, quoi! vous connaissez d'autres Dieux que l'amour!. .i

L'amour et son bandeau, Vénus et sa ceinture,

Du flambeau de l'hymen la flamme égale et pure.

Voilà les seuls objets dignes de votre cœur.

Qu'allez-vous faire aux pieds d'un prêtre suborneur J...4

Si l'on vous interdit l'arbre de la science ,

Conservez sans regret votre douce ignorance ,

Gardienne des vertus et mère des plaisirs»

A des jeux innocens consacrez vos loisirs ,

Et dédommagez-nous des maux du fanatismci

Sous votre empire aimable on ne voit aucun schismci

On doute.... on doute encor de la divinité •

Eu tous temps, en tous lieux , on crut à la beautés

CjHef-d'œuvre délicat, élégant et fragile J Sexe doux, mais crédule ; indulgent, mais facile, Qui ne devrais avoir que l'Amour seul pour Dieu ; X) toi ! qui sçule à l'homme , en pourrais tenir lieu , Dans les mains de l'erreur , argile obéissante , Temme ! des préjugés nourrice complaisante; C'est en suçant ton lait, que l'enfant au berceau » Grave le nom d'un Dieu dans son faible cerveau. Son premier directeur est la voix de sa mère. Dès qu'il peut bégayer , la Bible «st sa grammaire ; Menacé de l'enfer , il se signe de peur : Ainsi la piété germe au fond de son cœur. Enfant, l'homme indécis, croit tout sans rien comprendre. Il commence à douter dans un âge moins tendre ; Ivlais , par une main chère , imprimée en naissant j L'erreur, de notre esprit s'efface lentement: U en reste toujours une trace légère.

-Long-temps la vérité nous paroit étrangère. Quand le mensonge impur a versé son poison , Comment dans notre cœur faire entrer la raison î

Mères tendres ! c'est vous, guides du premier âge.

C'est vous , sans le savoir , qui gâtez votre ouvrage.

A l'orner, le polir, appliquez tous vos soins;

Rectifiez nos sens , veillez à nos besoins ;

Affermissez nos pas sur le seuil de la vie....

Mais n'allez pas plus loin; votre tâche est remplie.

Sexe aimable ! attendez jusqu'au temps des amours ,

Et laissez la raison nous prêter ses secour-; ,

Ou , pour la faire aimer , ornez-là de vos charmes.

Ne nous inspirez pas vos frivoles alarmes :

Vous-mêmes 5 partagez notre sécurité.

Et montrez-nous enfin moins de crédulité.

Français. 5x

La superstition vous doit .son origine.

Sans peine la beauté parut chose divine : D'entre vous la plus belle eut les premiers autels. Mais la beauté périt.... et des Dieux immortels Furent imaginés pour remplir votre place. Votre empire détruit, dupes de cette audace, O femmes ! on vous vit adorer à genoux Un Dieu précaire et vain qui tenait tout de vousj

Et l'erreur fut depuis, par vous accréditée

L'homme serait, sans vou- , peut-être encore athée....

Pourquoi cette frayeur ?.... vous fuyez à ce nom. Qu'un Jacobin tondu , dans un piteux sermon , Anathématisa par un jiouvoir de Rome.

Ah! bien loin d'être un monstre , un athée est un homrae. Ami de la vertu , digne de votre cœur • Sans intérêt , fidèle à la loi de l'honneur. Voyageur inquiet, de sa route peu sûre, Il prend, pour marcher droit, la nuiin de la nature.. En vain de tous côtés , des avides marchands L'arrêtent pour lui dire : « entrez, entrez céans ; » Vous ne trouverez point meilleure liôtellerie * » Pour vous guider sans chute aux portes de la vie ^ » Nous savons un sentier que l'on ne connoit pas*, » Regardez notre enseigne , et suivez tous nos pas >V Peu crédule , l'athée en pitié les regarde , Plaint celui q,ui , trompé, sur leur foi se hasarde ^ Sans changer de Mentor, il chemine gaîment, Et sa course achevée , il dort paisiblement.

Plat courtisan d'ua maître , imitateur scrvile. Qu'un autre sur son Dieu moulant son ame vile. Etre passif ou neutre , incapable de rien , Ne fasse qu'en tremblant ou le mal ou le bien ! Le véritable Athée est un sage sensible. ■L'amour de la vertu lui rend, seul, tout possiblp».

L'Athée est toujours lui; dans le fotid de son cœur.

Est de ses actions le souverain moteur.

Trop éclairé pour croire à la vie éternelle ,

L'Athée à ses devoirs n'en est que plus fidèle.'

Le sol qui le fit naître et qui le rend heureux >

N'est point un lieu d'exil, un séjour dangereux. J

Il y tient par des nœuds sacrés , inviolables ,

Et goûte des plaisirs aussi purs que durables»

Le véritable Athée y devient chaste amant ,

Epoux et père tendre , ami sûr et constant.

Le superstitieux déteste cette vie ,

Et pour gagner le ciel, il n'a point de patrie J

Sur la terre il est seul -, il jouit malgré lui ,

Et , s'il est conséquent , doit y séclier d'ennui.

Le superstitieux est un enfant crédule ,

Qui, devant son régent, armé d'une férule,

Répète , mot pour mot, son obscure leçon :

Tel fut l'homme sorti des mains de Vaucanson.'

D'un limon plus parfait , le véritable athée , Plus sage en ses desseins , plus grand que Prométhée y Ke va point allumer son flambeau dans les cieux , Pour mériter le nom de fier rival des Dieux. Nouvel Alcide , il rend le repos à la terre ; L'enfer cède sa proie au vainqueur de Cerbère j D'un seul coup il abat l'hidre des immortels • De son pied redoutable il frappe leurs autels , Détruit leur, culte vain , renverse leur statue , /

Et la brise en morceaux sous sa forte massue. /

Couché sur leurs débris , dans un doux abandon ^ Il jouit de sa gloire au sein de la raison. Mais son repos est court ; une injuste rivale Vient suspendre bientôt sa marche triomphale ; Il succombe en héros , et finit ses destins Sur le bûcher ardent préparé de ses mains.

Français. 53

J /'homme sans préjugés est bien près du bonheur;

La superstition ne trouble plus son cœur.

L'univers à ses- yeux n'est qu'une république '

Il n'y reconnaît point, pour maître despotique.

Ce cliiniérique Dieu par le fourbe inventé ,

Qu'adore avec effroi le vulgaire hébété.

Vertueux par penchant et sage par principe,

En rentrant dans son cœur lui-même il est son typ^.

Sans crainte et sans esp<'ir , tranquille sur sa fin,

En aveugle il attend l'avenir incertain.

Il ne va point, muni d'un argument frivole,

Disserter gravement sur les bancs de l'école.

Ou, dans un sot écrit qui distile le fiel ,

Venger sa propre cause en plaidant pour le ciel.

Bien loin de décider, son esprit qui balance,

Reste neutre •, il observe un modeste silence ;

Pour éviter l'erreur, il aime mieux douter ,

Et sait le prix du temps qu'on perd à disputer.'

Il sème les bienfaits aux champs de la misère :

D'orphelins délaissés il veut être le père.

Sur de riclies autels s'il n'offre point d'encens.

S'il ne les charge point de vœux et de présents,

Loin d'avoir la ferveur de nos dévots ancêtres ,

Il donne aux indigents ce qu'il refuse aux prêtres.

Le temple qu'il fréquente est le chaume isolé

Oîi son semblable pleure et n'est point consolé.

Sans croire un Dieu , du pauvre il est la Providence*

D'autres laissent au ciel le soin de l' indigence.

% liELuCBrÈCg

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