‹ Le Lupus Érythémateux Des MuqueusesChapitre 10 sur 31 · MES · texte numérisé non relu

MES

des de nos observations étaient de très grands fumeurs, mais on sait qu'il faut faire les plus grandes réserves sur l’action de cet irritant qui se rencontre d’une façon si fréquente. Dans le cas de Lassar, cité par Capelle, le lupus érythémateux était apparu sur la muqueuse à la suite du port d’un appareil prothétique. Pareillement dans une de nos observations, la localisation semblait sous la dépendance du frottement d’un dentier. Dans un de nos cas, la lésion existait à droite et à gauche sur la muqueuse de la joue. Elle était constituée par une surface vaguement quadrilatère, limitée par un liseré nacré. Or cette surface correspondait d'une manière frappante à l’interligne interdentaire et le liseré nacré avait des prolongements qui reproduisaient le contour des dents. Ceci s’observait sur toute la partie antérieure de la lésion, la partie postérieure étant formée par une plaque hypertrophique dont nous donnerons plus loin la description.

Souvent, enfin, les lésions buccales du lupus érythémateux s’observent de préférence au niveau de la dernière molaire ou de la dent de sagesse.

De telles-causes occasionnelles ne sont pas fai-

Lo

tes pour nous surprendre, le traumatisme et l’irritation ayant un rôle important dans la création et la localisation des lésions buccales.

SYMPTOMATOLOGIE :

Début et Évolution du Lupus Érythémateux des Muqueuses

Nous n'avons aucune expérience personnelle de cette question, qui nous semble des plus difficiles. Nous n'avons observé, en effet, que des piaques torpides, qui nous paraissaient exister depuis longtemps et devoir durer indéfiniment.

Quelques auteurs se croient autorisés, d'après leurs observations propres ou d'après d’autres observations, à décrire les phases de début du Iupus érythémateux des muqueuses. Nous ne pouvons mieux faire que de citer textuellement leur opinion.

Dubreuilh. — « I] débute, dit:1l, par des plaques d’un rouge violacé, assez mal limitées, un peu infiltrées, présentant parfois de petites ulcérations superficielles. Un peu plus tard, apparaissent des traînées blanchâtres cicatricielies,

qui se détachent sur le bord violacé; à ce moment,

il y a une grande analogie entre le lupus érythémateux de la cavité buccale et celui du bord libre des lèvres. Enfin, la rougeur tend à s’effacer pendant que les marbrures cicatricielles prennent plus d'importance et la lésion n’est plus représentée que par une cicatrice blanche, un peu dure au toucher, offrant la forme d’un bourrelet cireulaïre avec des traînées convergentes vers le centre. II est probable qu'arrivée à ce stade, la lésion persiste indéfiniment sans changement. »

Smith. — « Les taches récentes, dit-il, sont légèrement hyperhémiques, la surface est unie, quelquefois surélevée. Plus tard, apparaît une ta: che irrégulière, avec un centre gris bleuâtre ou une dépression blanchâtre entourée d’un bord érythémateux, légèrement surélevé. Dans les cas où les taches sont plus vieilles et non actives, on observe une cicatrice irrégulière, gris bleuâtre, délimitée du côté de la muqueuse saine par un bord blanc-bleuâtre. »

Capelle, — « Chez un malade, il nous a été permis de saisir les éruptions à leur période de début et voici ce que nous avons trouvé : Sur une mu queuse parcourue par de fins lacés de capillaires

dilatés, il y avait de petites taches rouges, vioïa-

UN

cées, isolées ou multiples, arrondies, légèrement saillantes, mais généralement plates, à contours très nets, d’une dimension variant de celle d’une tête d'épingle à celle d’une lentille, sans aucune humidité ni suintement, tantôt légèrement prurigineuses, avec sensation légère de cuisson et de brûlure, tantôt sans aucun trouble de la sensibilité. A l'œil nu ou à la loupe, leur centre est légerement déprimé et un peu décoloré. Par la pression, elles ne sont pas douloureuses, se décoiorent en partie et laissent percevoir leur léger relief. Tantôt elles suivent leur évolution isolément, tantôt elles se réunissent, se confondent par leurs bords et forment des plaques. Notons aussi sur Ia muqueuse avoisinant les taches, la tuméfaction et la dilatation des glandes qui sont nettement visibles. |

Otto Kren. — Est complètement d'accord avec les deux auteurs précédents, au sujet de l’évolution du lupus érythémateux des muqueuses.

« L'efflorescence jeune, comme j'ai pu l’observer dans le cas IIT, paragraphe IV, est une petite tache hyperhémique qui ne fait qu’une très légère saillie au-dessus de la muqueuse environ-

nante. La démarcation n’est pas nette au dé-

but. Plus tard, les bords se relèvent, les plaques ont bientôt des contours définis et le centre se déprime. La rougeur des bords se fond, ou, pour mieux dire, se résoud en petits vaisseaux qui Convergent vers le centre de la plaque. Ils se perdent vers la périphérie. Le bord est à pic.

Le centre de la plaque est comme érodé, et les érosions se transforment en ulcérations superficielles et guérissent en laissant des cicatrices atrophiques. Sur les érosions apparaissent alors des points blancs bleuâtres serrés, mais toutefois distincts les uns des autres, ou des traînées qui forment aux lèvres une sorte de réticulum. Les phénomènes inflammatoires régressent et il se forme des trainées blanchâtres qui convergent vers le centre comme les vaisseaux ectasiés du stade jeune inflammatoire. Ce stade semble continuer longtemps sans variation: »

Done, si dans la littérature médicale on trouve quelques données sur le lupus érythémateux des muqueuses, on ne trouve aucun document sur la manière finale de se comporter des plaques. IT est probable que la lésion arrivée à une certaine cons titution persiste indéfiniment. L’indolence qui,

en général est la règle, rend le mode de début dif-

Page 1