‹ Le Lupus Érythémateux Des MuqueusesChapitre 14 sur 31 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

— thé — OBSERVATION Î

Due à l'obligeance du Dr. Fage. Lupus érythémateux à forme fixe de la face. Lupus érythémateux de la lèvre et de la muqueuse buccale.

H. T., comptable, âgé de 46 ans.

A. P. Père mort d'apoplexie à 62 ans.

Mère morte bacillaire à 41 ans.

Ni frère ni sœur.

La mère, pas de fausse couche.

Pas de maladie dans l'enfance.

En rentrant des colonies, où il avait séjourné 3 ans (Cochinchine) accès paludéens de courte durée.

En 1886, accès de fièvre intermittente.

Durant 6 ans, 10 accès par an de fièvre intermittente, en somme sans trop de gravité puisqu'il pouvait travailler.

Quelques petits accidents sans gravité. Toussaille depuis quelques années, ne crache jamais au réveil, Jamais de syphilis. Fumeur depuis l'âge de 16 ans, fume

une moyenne de 16 grammes de fabac par jour, torjours la cigarette.

Début de l'affection cutanée. — 1895. Le maläde, après tn séjour en Afrique, rentra en France el un ou deux mois après son arrivée, il s'aperçut d'une rougeur siégeant à la racine du nez : il vint à l'hôpital St-Louis ou on diagnostiqua, dit-il, acné. La lésion persista stationnaire pendant longtemps : puis, 4 ans après, il eut au niveau de la joue gauche sur le maxillaire inférieur une plaque nouvelle. Petit à petit, extension des lésions à différents point de la face, des oreilles, du cuir chevelu. Depuis deux ans, les lésions se sont très étendues. Le malade n'a jamais remarqué ses lésions de la bouche et c’est nous qui les lui avons révélé pour la première fois. À l'heure actuelle, octobre 1908, le malade, présente

1° Un lupus érythémateux fixe de la face, des oreilles et du cuir chevelu ;

2° Des lésions de L. E. de la bouche et des lèvres :

3° On peut observer sur la langue quelques lésions qu'il est possible de rapporter au lupus érythémateux mais il convient de faire sur ce dernier point les plus grandes réserves, |

Lésions culanées. — Face. Le malade présente sur la face de nombreuses lésions de lupus érythémateux à forme fixe. Il existe une lésion centrale qui occupe le milieu du nez et déborde de chaque côté sur les narines et dans le sillon naso-génien. Au-dessus de chaque sour-

De OU

cil, à une distance à peu près égale de la racine du nez,

de chaque côté, on trouve une lésion ovalaire. Au milieu du front on trouve également un petit placard. Enfin,

de chaque côté, il existe une grande lésion qui intéresse une partie de la joue ef de l'oreille.

Nous n'insisterons pas sur la description de ces placards. Disons, seulement, qu'ils sont déprimés, de coloralion violacée par places, rouge en d’autres points el qu'ils sont recouverts de squames blanchâtres, adhérentes, plongeant dans le derme par une série de tentacules blanchâtres. Bref, lésions caractéristiques du lupus érythémateux.

Lésions des muqueuses. — Lèvres. Sur la lèvre inférieure, presque sur la ligne médiane, existe un placard très particulier, irrégulier, qui comprend deux parties nettement distinctes :

1°. Un fond ;:

2° Un bord.

Le fond est déprimé, atrophié : il a une forme vaguement triangulaire, sa coloralion est rouge foncé avec, en deux ou trois endroits, un point blanchâtre.

Le bord est constitué par un liseré nacré. Ce liseré semble frangé, comme constitué par de petites arborisations venant se greffer sur une tige. Il n'entoure pas d'une manière absolue le fond de la plaque. I a en effet en un point, une sorte d'interruption de son contour.

Lésion de la bouche. — La muqueuse des joues présente ça et à de petits placards blanchâtres, mal iimi-.

ATTES

tés; au niveau de l'un d'eux existe un centre grisâtre, légèrement atrophié : mais, la lésion la plus curieuse siège au niveau de la partie postérieure du rebord supérieur du maxillaire inférieur, à droite et à gauche. A gauche, en effet, suivant le rebord édenté du maxillaire, on trouve une plaque blanc brillant avec quelques arborisalions blanchâtres, extrêmement nettes. À l'endroit ou la muqueeuse de la gencive se continue avec celle de la joue vers Ja partie moyenne, on voit une plaque de 1/2 cent. de diamètre, à fond rouge, parcourue par quelques pelites stries blanchâtres. Les stries, qui semblent s'échapper de la lésion se perdent sur la muqueuse de la joue. En somme cette lésion toute entière ne ressemble, ni à de la leucoplasie syphiltique ni à du lichen

plan.

À droite, les lésions sont moins marquées. Elles consiste en un tout petit liseré d’un demi cent. de long sur 4 à 5 */* de large qui déborde la geneive et se termine en avant comme en arrière par une extrémité sinueuse.

Sur le pilier du voile du palais, à gauche, au point où, si l’on peut dire, la partie ascendante se continue avec la concavité, il existe symétriquement des lésions très caractéristique : placard légèrement atrophique de la taille d'une pièce de 50 cent. : ce placard est violacé mais ses contours sont rouge vif. Il est parcouru par de petites stries blanchâtres très fines, parallèles.

Sur la langue, on ne trouve aucune lésion bien saillan-

AT Le

te ; cependant, si l’on regarde de très près, on voit de petites bandes irrégulières, opalines, siégeant sur la face dorsale, mais elles échappent à toute description détaillée.

L'analyse histologique de la lésion de la lèvre sera rapportée au chapitre de l’Anatomie pathologique.

()BSERVATION If

Personnelle, prise dans le service du D° Brocq.

Lupus érythémateux de la face interne des joues.

S. #0 ans, garçon de cuisine.

A. H. Père mort d’un accident. Mère vit encore, bonne santé. Deux frères morts en bas âge, probablement de méningite ; & frères et sœurs vivant.

À. P. N'a jamais été malade. Pas d'enfant ; céhbataire.

Débul de la maladie. — IT y à une dizaine d'années, il s'aperçut d'un petit placard au niveau de la joue gauche; le placard S'étendit lentement, puis apparvrent des lésions sur la joue droite en avant de l'oreille. Les I6sions gagnaient peu à peu du terrain. Les oreilles furent bientôt prises, puis apparurent deux plaques, l'une sur le nez, l'autre au niveau de la partie médiane du front.

Etat actuel. — À l'heure présente, 30 avril 1942, le malade à un lupus érythémateux typique à forme fixe, de la face. Il est très étendu, quelques points sont en aclivité, quelques autres semblent en voie de régression. Nous n’insisterons pas sur la description de ce lupus qui est {très classique.

Lésions des muqueuses. — Du côté gauche de la face interne de la joue, existe une plaque de # cent. de long sur 2 cm. de haut. Cette plaque est ovalaire, assez ré-

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gulière, elle est légèrement saillante et sa bordure tranche nettement sur la muqueuse environnante qui est, ou, du moins, nous paraît normale. La plaque semble légèrement mamelonnée et on peut la prendre à première vue, pour du lichen plan. Elle est parcourue, en effet, par une série de petites stries nacrées. Mais ces stries, tortueuses, semblent plus serrées que dans le lichen plan. Il y a un tout petit point superficiellement exuleéré.

2° Du côté droit, il existe deux plaques différentes comme aspect; l’une est située sur la partie moyenne de la face interne de la joue, l’autre est située au-dessus de celte lésion. La première, longue de 5 em., haüte de 3 em. et demi est irrégulièrement ovalaire. Alors que la lésion de la joue gauche était surélevée, celle-ci, au contraire, est déprimée, atrophiée. La partie centrale est parcourue par de fins vaisseaux tortueux, se détachant en rouge vif sur la teinte rouge foncé du centre. Aw milieu de la plaque, on remarque une ulcération superficielle et sans grand caractère. Tout le placard est délimité par un liseré de 1/4 de mm. environ ; ce liseré ne fait aucune saillie, il est continu et bordé au dehors, sur une portion de son trajet, par un liseré de 1/5 de mm. environ, érythémateux.

Au dessus de cette première plaque, et paraissant être en rapport avec les dents d'une pièce artificielle, il existe une autre lésion, irrégulièrement ovalaire aussi, de la grandeur d’une pièce de un franc. Elle est constituée par une saillie mamelonnée et revêtue d’une muquet se

blanc nacré. Ce revêtement est continu, il n'est pas possible d'y distinguer de fines stries blanchâtres. Au pal-

per, Sensation carlilagineuse. Aucun phénomène sub- Jectif.

L'examen des organes ne révèle rien d'anormal.

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