OBSERVATION IV
Résumée: Prise dans le service du Professeur Brault à l'hôpital de Mustapha.
Lupus erythémateux de la face et des lèvres, iupus pernio des mains.
Mile B. postière.
A. H. Père mort d'une conjection pulmonaire en 3 jours.
Mère morte jeune.
4 sœurs en bonne santé.
À, P. N'avait jamais été malade dans l'enfance.
La malade attire l'attention sur des éruptions lui venant surtout l'été à la face depuis l’âge de 15 ans.
Elle les décrits très vaguement, ces éruptions disparaissaient au bout d'un mois.
Elle souffre d'engelures l'hiver.
En été 1908, la malade vit apparaître sur sa face un erythème qui alla en s'étendant progressivement sur la racine du nez et les joues el recouvert de croûtes assez épaisses. En même temps, le rouge de la lèvre inférieure élail devenu violacée, se recouvrait de squames et faisait souffrir beatcoup la malade par la facilité avec la quelle les crevasses se formaient. Les engelures des doigt persistaient.
Elle entre le 6 novembre 1911 dans le service du Pro-
fesseur Brault où l’on porta le diagnostic de lupus erythémateux et où on la traita par la radiothérapie et la photothérapie.
Etal acluel. — Peau. La malade présente le 19 juin
1912 des lésions de lupus érythémateux de la face et
lupus pernio des doigts tellement améliorées par le traitement, qu'elles sont assez difficile à découvrir.
Lèvres. — Les lèvres sont légèrement tuméfiées, Jetr coloration générale est rouge foncé avec zônes violacées. Leur consistance est normale.
La lèvre supérieure porte à sa partie médiane un peüit placard irrégulier d’'4 cm. environ de longueur. Ce placard, rouge violet est recouvert de fines squames blanchâtres, très adhérentes ; il est assez bien séparé de la muqueuse seine par un liseré blanchâtre.
La lèvre inférieure est recouverte dans presque toute sa largeur par des placards confluents, irréguliers, larges de 1/4 à 1/2 cm. environ. Leur coloration est rouge foncé avec des marbrures violacées par endroits. Ils sont limités par un fin liseré squamerx et strié qui re forme pas de bourrelet.
Les lèvres desquament un peu et saignotent très faei-
lement. — Pas d'autre manifestation muqueuse. Poumons. — L'auscultation des poumons ne révèle aucun signe de bacillose. — Rien au cœur.
Viscères. — Pas de bacillose viscerale,
Pas de bacillose articulaire.
Urines normales.
Entot 3° Le lupus érythémateux dz2 la langue,
Le lupus érythémateux de la langue est autrement moins connu que le lupus érythémateux des lèvres ou des autres muqueuses. Les descriptions en sont des plus rares, et nous n'avons, à notre connaissance, que fort peu de documents histologiques. Il semble, d'autre part, que les formes de cette lésion, à la langue, s’écartent plus souvent des types usuels rencontrés sur les autres muqueuses.
Quelle est d’abord l'opinion des auteurs classiques, sur le lupus érythémateux de la langue !?
Beaucoup n'en font point mention. Lenglet, son article de la « Pratique dermatologique » dit ceci : « Le lupus érythémateux de la langue est fort peu connu. Dans les observations qui ont été publiées et dont il ne faut accepter l'authenticité que sous toutes réserves, on a noté l'existence de plaques congestives surélevées, dépapillées, de taches de la grandeur d’une tête d’épingle à celle de 1 centime, avec épithélium épaissi au bord et dépression légère au centre. Il serait nécessaire,
pour des cas aussi douteux, et aussi nouveaux,
d’avoir toujours l’argumentation clinique sur une étude histologique soignée. »
Jadassohn, dans le traité de Mraceck, dit à propos du lupus érythémateux de la langue : « A la langue, on remarque des foyers peu saillants dont la grosseur varie d’une tête d’épingle à celle d’une pièce de 50 centimes avec muqueuse durcie (Kaposi), deux zônes blanches de la grosseur d’un pois avec une bordure rouge vif (Crocker) ; ou encore des plaques arrondies de la grosseur d’une pièce de 50 centimes, recouvertes d'un enduit blanchâtre pseudo-membraneux (Cros); ou de simples surfaces lisses, dépapillées (Vidal), (Audry); ou d'épaisses plaques rouges dans le centre et blanchâtres sur les bords (Capelle). »
Smith, dans l'étude citée plus haut, a examiné comme on le sait, 56 cas de lupus érythémateux. Seize fois, il a noté des altérations des muqueuses. [l ne signale dans aucun de ces 16 cas de lésion linguale.
Otto Kren, dans son article, cité également, ne parle pas du lupus érythémateux de la langue.
Dubreuilh n’y insiste pas. Capelle en donne une description basée sur un cas personnel.
Brocq, dit que le lupus érythémateux de la