HISTORIQUE
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Nous donnerons simplement ici un aperçu de l'historique du Lupus érythémateux des muqueuses, nous réservant dans le cours de notre travail de signaler toutes les observations connues et de résumer les plus importantes.
Un point semble acquis : c'est qu’on doit à Bazin, la première mention du Lupus érythémateux des muqueuses. Cela remonte à 1861 : « Cette affection, dit Bazin (1), peut aussi se propager aux membranes muqueuses ». Il cite le cas où le Lupus érythémateux à envahi la muqueuse de la lèvre inférieure (2.). Depuis cette époque, les dermatologistes signalent dans leurs travaux le Lupus
érythémateux des muqueuses ou en publient des
(1) Leçons sur Ja scrofule (Paris 1861).
(2) Pour toute la première partie de l'historique, nous emprunterons beaucoup aux travaux d'ensemble publiés sur la question.
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cas de valeur d’ailleurs inégale. En 1875, nous trouvons dans Hébra, mention du Lupus érythémateux des muqueuses labiales.
Homolle (1875) (1), dit que les lèvres sont les seuls points où l’on ait observé la propagation aux muqueuses des scrofulides érythémateuses. Puis, nous trouvons dans la littérature du Lupus érythémateux quelques mots de sa propogation aux muqueuses dans les travaux de Durhing (1875), qui ne fait que mentionner le Lupus érythémateux des lèvres.
Neumann (1880), dit avoir observé un cas, localisé au palais.
Renouard (1884), parle du Lupus érythémateux du palais et des joues et en donne une description, très mauvaise d'ailleurs.
Ziemsen, signale le Lupus érythémateux des lèvres, caractérisé par des lames sèches et écailleuses. Puis, Kaposi, dans ses «Leçons sur ies maladies de la peau » dit que dans plusieurs cas de Lupus érythémateux, 1l a vu la muqueuse de la
(1) Des scrofulides graves de la muqueuse buccopharyngienne (Paris 1875).
voûte palatine, des joues, présenter des lésions analogues à celles du tégument.
Cependant, en 1888, Hutchinson, dans ses leçons sur de Lupus, parues dans le B. J. of derma: tology, enseigne l'extrême rareté du Lupus érythémateux des muqueuses.
En 1889, Vidal, puis Feulard, présentent des cas de Lupus érythémateux de la langue. La même année, Fox, signale pour la première fois à New-York, un cas de Lupus érythémateux des muqueuses.
En 1890, dans son livre « Traitement des maladies de la peau », Brocq parle du Lupus érythémateux des muqueuses, rare selon lui sur les mu queuses proprement dites, plus fréquent sur le rouge des lèvres. La même année, Fox publie un cas de lésions des muqueuses au cours d’un lupus érythémateux aigü. Il ne donne, d’ailleurs, qu’une description assez sommaire des lésions muqueuses.
L'année 1892, nous apporte le cas de Philipsox. Cet auteur décrit minutieusement quelques lésions muqueuses au cours d’un lupus érythémateux disséminé. Peu après, Malcom Moriss, mon-
tre les localisations aux lèvres, aux joues, au pa-
ri) eue
lais et signale la possibilité de localisation à la muqueuse laryngée.
En 1893, nous trouvons un cas de Lang. La même année Radcliffe Crocker, dit que le lupus érythémateux peut se montrer sur la muqueuse des joues, du palais où il revêt l'aspect « d’une rougeur peu foncée, d'efflorescences grisâtres ou d’écailles blanchâtres ». Gaucher, dans son traité des maladies de la peau, dit que la localisation buccale peut se voir, soit à l’état isolé, soit par propagation d'un lupus érythémateux des lèvres. Tenneson, affirme la rareté d’une telle localisation.
En 1895, nous trouvons mentionné le Lupus érythémateux des muqueuses dans une revue générale de Marcel Sée, parue dans la Gazette des Hôpitaux. Nous trouvons également une courte description du lupus érythémateux des muqueuses dans la thèse de Cros (Montpellier).
En 1896, observation de Meneau, sur un lupus érythémateux de la peau avec lésions des lèvres et de la bouche. es
En 1897, observation très douteuse de Lesiie Robert qui, d’après Dubreuilh, doit même être laissée de côté parce que la nature des lésions
observées n’est rien moins que prouvée. La même année, Cafavy, en publie un cas de peu de valeur également.
En 1900, Balzer en rapporte une observation très intéressante au Congrès de Dermatologie de Paris. Dans leur traité de dermatologie, Hallopeau et Lerredde, consacrent quelques lignes au Lupus érythémateux des muqueuses.
Mais il faut arriver, comme nous l’avons vu, à l’année 1901, pour trouver sur la question des travaux d'ensemble.
Dubreuilh, dans les Annales de Dermatologie, étudie le lupus érythémateux des muqueuses :
« On connaît fort mal le lupus érythémateux des muqueuses, dit-il, et la plupart des auteurs en font à peine mention. Il parait assez rare, mais il n'est pas possible de l’affirmer, parce qu'on ne songe pas souvent à examiner la bouche des malades ätteints de lupus érythémateux. Je ne parle pas, bien entendu, des lésions du bord libre des lèvres, celles là tout le monde les a vues, mais de celles de la cavité buccale. Cette étude est cependant importante parce que ces lésions sont, peutêtre, confondues avec des manifestations syphilitiques, etc.»
Dubreuilh, après un court aperçu historique rapporte 4 observations, et d’après elles, esquisse une description du lupus érythémateux de la langue. |
La même année, Capelle, dans sa thèse, étudie le lupus érythémateux des muqueuses. Il recueille tous les cas connus et en ajoute un personnel très intéressant. Nous avons vu, dans l'introduction, quelles sont les critiques qu’il convient d'adresser à ce travail. ù
En 1902, dans le B. J. of Dermatology, trois auteurs s'occupent du lupus érythémateux des muqueuses, Warde, Seiquiera and Baléan.
Lenglet, dans la Pratique dermatologique fait une belle description du lupus érythémateux des muqueuses.
En 1904, Arndt rapporte à la Berliner Dermato. Geselch, un cas de lupus érythémateux primitif de la lèvre inférieure.
En 1905, Jadassohn, dans un article « Lupus érythémateux » du traité des maladies de la peau de Mracek, étudie d’après tous les cas connus, le lupus érythémateux des muqueuses. C’est un travail admirablement documenté auquel nous avons
fait quelques emprunts.
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En 1906, dans le B. J. of dermatologu, Smitn déclare que le lupus érythémateux des muqueuses est une affection autrement fréquente qu'on ne lecroit ordinairement. Il l’a observé 16 fois sur 56 cas de lupus érythémateux. Il fait suivre cette statistique d’une description. La même année, Otto Kren, rapporte 4 cas de lupus érythémateux des muqueuses dans les Arch. für Derm. À ce pro pos, il fait une description intéressante du Lupus érythémateux des muqueuses.
Brocq, dans son Traité de dermatologie prattque, parle du lupus érythémateux des muqueuses. Il dit combien le lupus érythémateux de la langue est chose rare.
En 1907, Gaucher rapporte un cas des plus intéressants de lupus érythémateux de la langue. La même année, Balzer et Galup rapportent un cas de lupus érythémateux primitif de la lèvre inférieure. |
Depuis, quelques cas ont été rapportés par Dade, Stelwagon, Lack (1908).
Darier, dans son Précis de dermatologie (1909) dit qu’il est très exceptionnel « que le lupus érythémateux affecte les muqueuses. On le voit sur-
tout s'irradier sous forme de rougeur squameuse
sur la face postérieure de la lèvre inférieure à partir du bord libre. Sur les joues et sur la langue, 1l ressemble au lichen plan, avec en plus, un liseré rouge vif ; c’est une rareté ».
Dans les Annales de Dermatologie (février 1909), Dubreuilh et Petjes étudient l'épithélioma consécutif au lupus érythémateux. Dans une observation personnelle, ils rapportent un fait de lupus érythémateux de l'anus et de la vuive.
Nous citerons encore les cas de Diaz, de de Beurmann et Laroche 1909), de Mamonoff, Tarnowsky et ceux de Lack /1911).
Tel est, rapidement exposé, l'historique de la question.
Nous avons à dessein passé sous silence quelques observations. Les unes, comme celles d'Erhmann et Fordyce, parce que la lésion était à peine signalée, d'autres comme celles de Lamaison, de West et Sherwell, à cause de l'authenticité vraiment par trop douteuse du lupus érythémateux. Nous nous réservons, au cours de cette étude, de refaire, plus en détail, certains points d’historique, notamment à propos du lupus érythémateux de la langue.
Quant à l'histologie du Lupus érythémateux