‹ Le luthier de Crémone: comédie [en un acte, en vers]Chapitre 6 sur 26 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

sakdro.

Cest selon.

Je sais bien mon métier. J'ai fait un violon Dans les règles de Tart, juste en ses quatre octaves, Pur dans les tons aigus, profond dans les tons graves. J'ai mis là tout mon temps et des soins infinis ; J'ai bien choisi mon bois, mes cordes, mon vernis, Et c'est un instrument, je crois, digne d'un maître.

GIA.KNIKA, Avec joie.

Mais alors vous aurez le prix, Sandro.

SANDRO

Peut-être.

GIANNINA.

Mais vous aurez le prix ! Voyons. Pourquoi douter? Quel concurrent fameux pouvez-vous redouter ? £t pourquoi faut-il donc que toujours je sermonne ? Mon père est le premier artiste de Crémone, Et c'est chez lui, Sandro, que vous avez appris... Et puis d'abord, je veux que vous ayez le prix.

SAKDRO.

Aucun rival sorti de l'atelier d'un autre Ne me fait. peur.

GIANNINA.

Eh bien?

lo LE LUTHIER DE CREMONE.

SANDRO

Mais j'en ai dans le nôtre.

GIANNINA.

Quoi! Dans notre atelier?...

SANDRO

Eh bien, oui, le bossu !

Et maudit soit le jour où vous Tavez reçu !

GIANKINA.

Filippo concourrait?

SANDRO

La petite vipère Devant moi l'annonçait hier à votre père,

GIANNINA.

Mon père qui disait tantôt en plaisantant Que, s'il avait le prix, je devrais bien pourtant Accepter le bossu pour mari?

Que disais-je?

GIANNINA, riant.

Que ma sainte patronne en ce cas nous protège !

SANDRO

[1 vous croit libre ; il peut espérer.

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