‹ Le luthier de Crémone et Le trésorChapitre 14 sur 74 · Scène VII · texte numérisé non relu

Scène VII

FILIPPO, GIANNINA

GiANNiNA, entrant.

Il est seul... Ah ! Je veux lui parler et savoir 275 Si Sandro peut encor conserver quelque espoir.

{Haut:) Filippo !

FiLipPO, sortant de sa rêverie.

Dieu ! C'est elle !

GlANNINA.

Il faut que je vous gronde, Car seule j'ignorais ce que sait tout le monde, Et ce n'est pas par vous que je l'ai même appris.

Filippo.

Quoi donc ? 280

GlANNINA.

Que vous allez concourir pour le prix.

Filippo.

A vous il eût fallu d'abord que je l'apprisse, C'est vrai. Mais quand j'ai su le singulier caprice [22]

Le Luthier de Crémone 8<- scène vu

Du maître et le serment qu'il avait prononcé, Pardon, signorina, mais je n'ai plus osé.

Oui, mais laissons cela. Mon vieux père qui m'aime 285

Ne voudra pas ainsi disposer de moi-même

Ni charger le hasard du soin de mon bonheur.

Quant à la chaîne d'or, quant au brevet d'honneur,

C'est différent, chacun a le droit d'y prétendre.

Et vous surtout, d'après ce que je viens d'apprendre. 290

FiLIPPO.

Comment ?

GlANNINA.

Mais vous avez construit un instrument Qui, dit-on, doit avoir le prix, certainement. Un chef-d'œuvre...

FiLIPPO.

J'ai fait de mon mieux, je l'avoue ; Mais que dans le concours je triomphe ou j'échoue. Qui donc, signorina, s'en préoccuperait? 295

GlANNINA.

Qui ? mais bien des amis vous portent intérêt, Vous l'ont même prouvé.

FiLIPPO.

Pardon, je suis stupide.

On paraît méfiant quand on n'est que timide, [23]

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