JEAN, VÉRONIQUE, L'ABBE
Lahbè entre, dans la plus grande agitation, en drandissaîit une feuille de parchemin,
L'Abbé.
Mes enfants ! mes amis !...
VÉRONIQUE
Mon oncle !...
L'Abbé, se jetant au cou de Jean.
Embrassez-moi, Mon pauvre Jean !
Jean.
Qui peut vous causer tant d'émoi ?
L'Abbé.
Une joie ineffable, une peine infinie !... 575
Moi, je m'en vais écrire une œuvre de génie ; Mais vous, si vous trouviez le trésor, cher enfant, Hélas ! vous ne seriez pas plus riche qu'avant.
Jean.
Quoi? le trésor?...
L'Abbé.
Allez ! n'en cherchez plus les traces, Car dans votre grenier, parmi vos paperasses, 580
Le Trésor B^ Scène VIII
Ce rare document, cet acte précieux, Par le plus grand hasard est tombé sous mes yeux. Il vient de me prouver, d'une façon certaine. Que votre illustre aïeul...
(^Montrant le buste au-dessus de la cheminée^ oui, ce grand capitaine Qui semble nous sourire en sa barbe là-haut,... 585
Eh bien ?
De grâce
Jean.
L'Abbé.
C'est le héros tragique qu'il me faut ! Jean.
L'Abbé.
Cet ami du meilleur des monarques, Comme on se préparait à la bataille d'Arqués, Sut que nos lansquenets, qui, depuis très longtemps, N'avaient pas eu leur paie, étaient fort mécontents. 590 Alors — ô trait sublime où sa loyauté brille ! — Il vendit à des juifs ses bijoux de famille Et paya les soldats, sans prévenir le roi !
Jean, à part.
Que dit-il ?
L'Abbé.
On gagna la bataille... Après quoi, Henri, qui sut le fait, désira, comme on pense, 595 Donner au brave duc sa juste récompense. G [81]