SCENE IX
Les Mém ES, ANGELA.
AXGÉLA , à part. Encore ensemble!..
BATIIILDE , à Angi'ta. Mais viens donc, ma chère amie... sais-tu que c’est bien mal de me laisser ainsi seule, exposée aux. galanteries de M. Frédéric...
LB K AO AS I If TBÉATBAtl
ANGÉLA , avec amertume. Mon cousin ne m'en veut pas , j en suis sûre... il doit bénir une occasion qui le rapproche de l’enchanteresse qui l’a charmé...
batiuldr. Bon Dieu! quelle grande phrase !.. il me semble entendre mon conseiller aulique...
FRÉDÉRIC , avec enthousiasme. IV on , madame, non... ma cousine n'exagère pas les éloges que je lui fis de vous, ce matin!.. Jd%e puis rendre le trouble et l'émotion qui s'empalèrent de mon cœur au damier concert, lorsque vous avez fait entcMre ce vieux fabliau de Korner, /’ Ombre du chasseur.
AMiÉLA, vivement. Ce fabliau que vous aimez tant.,, je lésais aussi, mon cousin !.
je l'ai retenu eu vous l'entendant chanter !
BAT II l LUE , surprise. Toi !
ANGÉLA. Je l'ai meme essayé l’autre soir! mais tout bas., bien bas!. {Souriant.) Car, mon oncle m’eu aurait grondée comme d'un çrime!
uatiiii.dk , vivement. 11 aurait bien fait, ma chère amie! chacun son talent!. Contente-toi d’etre la première organiste de Vienne, c’est un assez beau privilège !..
amüéla. Aussi, n*ai-je aucune prétention au chant!.. Mais, pourtant, si mon cousin veut juger du mien?.
FRÉDÉRIC. Volontiers, ma cousine dathii.de , vivement. Non, mon amie!, non... plus tard... nous venons !..
Frédéric. Pourquoi?... ( A Angéla.) Rien que ce fabliau. ( A Bathilde.) A moins que vous nesoyiez assez bonne pour nous le faire entendre?
hatiiii.dk. Excusez- moi... pas en ce moment... je vous prie !
am>éla , vivement. Eli bien ! je le chanterai, moi...
batuilde, a part. O ciel!., que ditelle?.. la pauvre enfant!...
ANGÉLA, guiment. Un aussi médiocre talent que le mien ne doit pas se faire prier!.. Justement... j'ai cet air, ici, dans ma musique...
FBÉDÉRIC, à An gela. Que vous êtes bonne, 111a cousine !
batiiii.dk , à part. Ah! mon Dieu!...
que faire? comment l'enipécher?..
ANGÉLA, souriant. Ecoutez bien... m'y voici !..
bathild^, à part , avec effroi. Ce que m'a dit Crespel... sa vie en danger... Ab!
je meurs de crainte...
AKGELA , eommtnçml le fabliau d'une voix faible.
» Ramenons mon troupeau ,
» Car déjà le coteau ... a
batuilde, h part. Ali! je n'y tiens plus... Oui, c'est le seul moyen... ( Elle lui arrache le papier des mains, la musique s'arrête.) (Haut.) Assez, assez, mon enfant, c’est pitoyable ! pas d'expression , pas une note du chant !..
ANGÉLA , à part. Quelle humiliation!
batüilde. Puisque monsieur désire absolument l'entendre... je le chanterai pour toi !
(Pendant le chant qui suit , Frédéric écoute B a— thiiile avec enthousiasme , tt Auprla étouffé ses larmes à l'écart .)