SCENE XV
BATHILDE, ANGÉLA , entrant par la droite,
BATHILDE , à Angéla , avec bonté. Eli bien ! ma chère Angéla , voyons. . m’en veux-tu toujours?
ANGÉLA, avec, froideur. Moi! Bathilde!..
BATHILDE. Tout-à-l’hewie, eu chaulant, je t’ai affligée.. . j’ai blessé tou amour-propre, n’est-ce pas?
ANGÉLA. Non, Bathilde, non...
bathilde. Eh bien!... c’est ton cœur alors... j’aime mieux ça; le cœur pardonne souvent... l’amour-propi e, jamais. . . Sois franche... un peu de jalousie pour moi... beaucoup d’amour pour lui... voilà ton secret, n’est-ce pas ?
ANGÉLA. Ah! Bathilde, qui a pu vous dire?...
bathilde, gai/nent . Personne... je l’ai deriné... Une veuve, vois-tu... c’est fort
f énétrant... par état et par habitude...
rédéric est un joli garçon, très-aimable...
très-séduisant; mais, sois tranquille... je n’aurai jamais d’amour pour lui.
ANGÉLA, vive nient. Bien vrai?
bathilde , riant. Voilà le traité de paix signé... j’en étais sure. Maintenant, je puis te fairç mes adieux !
angéla , vivement. Tu pars?
H vtiiii.de. Oui, mon amie, pour un grand voyage, dans un pays bien dangereux... mais j’ai un guide sûr... éprouve...
Ah! j’oubliais., j’ai promis de chanter à un grand coucert , au bénéfice d’un père de famille ruiné... entre nous, c’est un gros basson du théâtre, qui n’a ni femme ni enfant... mais il m’a tant priée, que je u’ai pu refuser... j’avais annoncé que je passerais quelques jours ici... sans doute on m’écrira de Vienne... ouvre ma lettre et réponds que je ne puis... qu’une autre bonne oeuvre...
ANGÉLA, naïvement. Une œuvre de charité, sans doute ?...
bathilde. Comme tu dis... «le charité, d’espérance {lui prenant la ma in) et de dévouement... Mais, plus de pleurs, de dépit... ça rend laide... et voilà tout...