CAVATINE
Oui , me voici ,
Mon vieil ami ;
Oui , cV*t Ralliilde , après cinq an* d'absence,
Qui revient visiter I arui de son enfance.
Doux moment , Joure ivresse !
Je retrouve , en ce jour»
L'aiui de tua jeunesse Et ce calme séjour.
Depuis cinq ans, mon bon Creapel ,
Alt ! que d'èvtfnewem ont agité ma vte!
Mai» f tenea, il n’est rien de tel Que le retour dans la patrie !
C'est en vain que de la grandeur,
De l'éclnt et de l'opulence J'ai parfois goûté la douceur.
Mois l'asile de mon cuf.mcc Fut toujours présent h uion cœur.
Modeste ermitage Que les pampres verts.
Sous leur frais ombrages,
Cachent aux hivers.
C'est U que ma vie Compta dix printemps ;
La douce folie M’y berça long-temps.
Un ciel sans nuages Protégeait mon sort :
Pour fuir les orages.
Je reviens au port.
Doux moment, donce ivresse!
Je retrouve , en ce jour,
L'ami de ma jeunesse Et ce calme séjour !
CRESPEL. Comment ! votes ne nous avez pas tout-à-fait oublias.
bathilde. Non, mon âtni, non... pas un instant... A Vienne depuis trois jours seulement , on ne m’a pas laissé le temps d’écouter mon cœur et d’accourir près de ceux que j’aime.
crespel C’est égal... c’est égal... l’es- •entiel, c’est que lu nous reviennes (Se
re prenant. ^ Ah ! pardon. „ moi, qui vous tutoie... l’ancienne habitude!...
bathilde. Gonservez-ia, mou cher Crespel... traitez-moi toujours comme autrefois... comme la petite Bathilde , la compagne d’enfance de noire chère Angéla... «lais où est-elle?., pourquoi ne la vois-je pas?..
ciiespel. EUe va venir, ma chère Bathilde... mais, avant , pcrincltcz-moi de vous présenter mon fils...
FRÉDÉRIC, à part, avec embarras. Ah!
mon Dieu ! gare la recounaissancc !..
CRESPEL , le faisant approcher. Monsieur Frédéiic Crespel, illustre avocat... en espérance... fameux docteur en vin du Rhin ; savant de première force sur la bière d'Heidelberg , les cigares de Mary-Land et les jolis minois de la ville de Vienne...
Frédéric, a part. Il avait bien besoin de lui parler... du dernier article surtout^..
bathilde, avec bonté. Monsieur Frédéric... je suis charmée... ( L'examinant .) Ah ! mon Dieu!., mais je connais monsieur...
( Partant d'un éclat de rire.) Ah ! ali ! ah !... nous nous sommes déjà rencontrés!..
FRÉDÉniC, à part. Elle a une mémoire effrayante, cette femmc-là !...
crespel. Voyez-vous le gaillard !.. il ne m’avait pas dit ça...
BATHILDE, avec malice à Frédéric. Comment, monsieur, vous n’avez pas raconté à votre père notre première entrevue... le galant empressement que vous avez mis à faire ma connaissance ?..
crespel. Ah ! quant à ça , c’est un chevalier très-courtois... un paladin... et d'un respect pour les dames...
bathilde, riant à part. Il est joli le respect!.. les embrasser à la première vue...
FRÉDÉRIC , ô part, avec impatience. On dirait que mon père le fait exprès...
bathilde , à Frédéric. Eh bien ! monsieur , est-ce que je vous fais peur ? Approchez. . . approchez ! (Lui tendant la main et à mi-i<oix.) Ce que vous me demandiez si Cavalièrement , 1 autre jour, c’est moi qui vous l’offre maintenant...
FRÉDÉniC, lui baisant la main avec passion. Madame, que de bonté !
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