LES JEUX CHEVALERESQUES
( Octobre. )
X ouR cette fois, je ne suis redevable qus de mon titre au démon familier qui m'inspire. Il est venu me le remettre , a\anthier , au moment d'entreprendre un petit vo^^age fort sentimental : « Je me rends, m'a t-il dit, à la terre d'une jolie comtesse , avec un sien cousin , qui va lui tenir compagnie pendant l'absence de M. le comte , que ses graves fonctions appellent au congres cl' Aix-la-Chapelle. Madame consentait d'abord à le suivre; mais, toutes réflexions faites , ne se sentant pas un goût bien décidé pour la diète , elle a laissé partir seul son digne époux, et a fait appeler son jeune parent. Je vais rejoindre ce dernier, afin de corroborer la vertu de tous deux. >; — A ces mots, Azédor s'est élancé
de ma croisée sur un nuage qui l'attendait : c'est sa chaise de poste ordinaire.
i( Depuis une quinzaine d'années , me disais -je en m'acheminant vers la plaine des Sablons , les chevalieî's et Icc chevalerie remplissent toutes nos têtes françaises. De vaillans guerriers, fils du dixhuitième siècle à son déclin , marchèrent sur les traces des Roland , des Gaston , des Bayard ; et , surpassant peut-être leurs modèles^ méritèrent que riiistoire gravât d'une main pesante leurs noms immortels sur les colonnes qu'ils ont ajoutées au temple de notre gloire. Le soleil n'a point de feux , les hivers n'ont point de frimas dont ces preux n'aient su braver les rigueurs : ils vainquirent sur les sables bru- iHp lans de l'antique Ibérie ; ils triomphèrent aux bords glacés du Borystlvèné, étonnés de produire pour eux des lauriers. Partout ils trouvèrent des cwenfures dont la patrie s'illustra : des aventures qui la placèrent au premier rang des puissances du monde, où elle saura se maintenir. Enfin au nord,