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);i réelles de la palette sur laquelle il dé- 1 ses brillantes couleurs.
i)ans l'un de ces quartiers où le commcr- •ant retiré va chercher le repos , où Tétuîiant va puiser le savoir, où le débiteur l'ouve un asile contre l'activité malfaiarite de ses créanciers , dans le faubourg S 'int-Jacques , enfin, et non loin du Valci' -Grâce , vit un financier émérite qui, 11 avant plus rien de mieux à faire , est devenu curieux, ou, si vous préférez ce mot , amateur ; qualité que cinquante bonnes mille livres de rentes le mettent à même de soutenir avec honjieur , en dépit d'un goût fort équivoque , et d'une crédulité qui ne l'est pas.
Azédor vint m'enlever lundi dernier de très-bonne heure , pour faire une visite à M. Dolbreuse ( c'est le nom de mon amateur ), que nous prîmes au saut du lit. Il nous voyait pour la première fois ; rrjais les éloges que nous lui prodiguâmes sur le choix renommé des objets composant sa collection , ébauchèrent promptement la
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connaissance; sa vanllé se chargea d'éta^ blir rintimité. « Messieurs ( nous dit-il ) , avant de vous ouvrir mon cabinet , il est nécessaire que je vous explique mon système de curiosité ; car gardez-vous de croire que j'aie réuni à grands frais les choses merveilleuses que vous allez voir pour le fade plaisir de les admirer. In lustoriâ monument oriim historia hominum .
tel est mon avis, à moi"; et les trésors que je possède sont , à mes yeux , autant d'interprètes irrécusables qui attestent les mœun des temps passés. Croyez-moi , ces vieu? écrivains que nous admirons abusent sou vent la postérité sur le compte de leur contemporains : s'ils les comblèrent d. bienfaits, ils exaltent leurs vertus; si! furent mécontens d'eux, ils les calomnient Les monumens seuls ne mentent point eux seuls nous parlent des siècles écoulé: avecune muette mais véridique éloquence.) A ces mots , Dolbreuse ouvrit la doubh porte d'acajou près de laquelle il avai débité sa harangue préliminaire , et nou!
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aisîmes d un coup trœil collectif les trè^ ors dont il venait de nous entretenir.
« Voici ( reprit notre curieux en ëleant la voix ) voici la tunique qu'Hélène ortait lorsque Paris ravit c^tte belle soueraine à son cpoux. — Cela n'est pas :'oyable , m'écriai-je vivement, et, je l'aoue , contre les principes de la politesse. - Monsieur , repartit Dolbreuse avec huleur , je veux bien vous dire, une fois our toutes , que j'ai les preuves matéielles de tout ce que j'avance. Pas le plus ger doute à concevoir sur les origines ue j'accuse : il faut croire , monsieur, roire ou sortir. » A cette condition sine lia non , je promis de m'interdire toute éflexion, et Dolbreuse continua sa desription en ces termes : « Remarquez , je ous prie , messieurs , la multiplicité de es plis longitudinaux ; ils prouvent éviiemment qu'Hélène ne se prêta point l'abord au rapt : ils prouvent que Paris lut la serrer étroitement entre ses bras )Our éviter qu'elle ne lui échappât, et l'on
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peut eu inférer que l'épo^^^ '^' ^'""^^ avait des principes. Quant aux plis trans versaux qui sont empreints sur les pre ,,ier., Ils prouvent... qu'Hélène se lassa de la défense... on n'est pas infatigable.
„ Procédons par ordre chronologique.
Voici l'une des sandales qu'Empédock laissa sur le sommet de l'Etna, lorsqu'iUc
précipita dans le gouffre de ce volcan rette sandale est un témoin éloquent d. h vanité du philosophe : elle est destineà révéler aux siècles qu'Empédocle n^ chercha la vérité que pour se faire u mérite de ravoh' cherchée.
r> Mais voilà, messieurs, un gage de 1 valeurlapluséclatante, la plus indomptée ce mors est celui de la bride du chev; d'ilexandre-le-Grand. L'œil le plus exerc ne pourrait découvrir sur ce fer la moind. trace des dents du fier animal... donc dr fut jamais retenu ; donc Alexandre se j. tait tête baissée au milieu des danger, donc les historiens n'ont rien avance c» trop sur la grandeur de ce héros; et cc:|
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iiisi 4UC les nionuinens justifient Tliis- . Loire.
» Recueillons-nous un peu , messieurs ; vous allez frémir,... Voyez-vous cette lame étroite et tranchante ? Eh hien! c'est l'instrument du martyre d'Abeilard.... J'ai dépensé dix mille francs pour rapprocher l'effet de la cause : voici les douze premiers mouchoirs qu'IIéloïse trempa de ses larmes , lorsqu'elle apprit ce funeste événement. »
J'allais partir d'un éclat de rire vainement réprimé, lorsque Dolbreuse nous montra le rasoir avec lequel le duc de Belfort se faisait la barbe, sous les murs d'Orléans , quand on vint lui annoncer le premier succès de Jeanne d'Arc. « Le prince se coupa légèrement, poursuivit notre curieux , et cette tache est une goutte de sang qui atteste le fâcheux pressentiment dont Belfort fut alors saisi.
« Maintenant, reposons nos regards sur le gage d'un noble et légitime courroux : vous voyez Tépée a\cc laquelle Fran-
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çoiti i''. punit ini courlisan qui avait osé lui manquer à la cour de Charles -Quinr. « J'approuve François, dit ce célèbre empereur en apprenant la conduite de son prisonnier ; un roi est roi partout. >.
Renonçant à l'ordre chronologique qu'd s'était d'abord imposé , Dolbreuse nous montra , confondus dans un même cadre, le poignard de Lucrèce , dont ( soit dit en passant) nos dames ont, depuis long-temps, perdu le modèle , une corde de la harpe d'Ossian, le miroir d'Agnès Sorel, l'anneau de la reine Berthe, et la plume qui , d'après la tradition de la rue Saint-Jacques , servit au gracieux Pétrarque à tracer seé immortelles élégies.
Notre amateur maniaque produisit en- ' core le casque de Charlemagne , le bou^ clier de saint Louis, l'écliarpe de Bayard, et l'une des bottes de Turennc. Je me disposais à lui représenter, avec tout le ménagement nécessaire à la conservation df mes yeux, que plusieurs de ces dernière, reliques m'ont été montrées dans quatre oi
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cinq lieux différens; mais il coupa court à toute observation, en m'ouvrant un régis» tre fort en ordre duquel il résulte que sa collection lui revient à cent mille ccus,... Allez donc , après cela , douter des origines !.... Azédor et moi , nous sortîmes bien convaincus..., qu'il n'y avait pas une seule place vacante aux Petites-Maisons.
oia LE MÉNAGE