‹ Le lutrinChapitre 35 sur 44 · Gerbais et Guérin sont des noms supposés · texte numérisé non relu

Gerbais et Guérin sont des noms supposés

2. Achille f fils de Pelée et de Tliétis, roi de la Phthiotide, ea Thessalie, et le plus brave des héros grecs qui suivirent Agamemnon au siège de Tro'e. — Le Xanthe ou Scamandre ^ courant d'eau peu considérable dans la ïroade (Asie Mineure). Il sortait du mont Ida, s'unissait au Simoïs, ruisseau son tributaire, et se jetait dans la mer Egée, près du promontoire de Sigée. Certains mythologues distinguent le Xanthe du Scamandre ; mais Aristote, suivi par Élien et par Pline, proclame les deux noms synonymes, et dit que le Scamandre s'appela Xanthe (blond), parce qu'il donnait la couleur fauve à la toison des brebis qui buvaient de ses eaux.

3. Quinaulij né à Paris le 3 juin 1635, mort le 26 novembre 1688, est l'auteur d'un grand nombre dt' tragédies, de tragi-comédies et de comédies , assez faibles, si l'on en excepte la charmante coipéiJie de la Mère coquclte. Mais ses opéras et surtout son Armide sont ses plus beaux titres de gloire littéraire.

Le chanoine les voit, de colère embrasé; 195

« Attendez, leur dit-il, couple lûche et rusé.

Et jugez si ma main , aux grands exploits novice ,

Lance à mes ennemis un livre qui mollisse. »

A ces mots, il saisit un vieil Infortiat * /

Grossi des visions d'Accurse et d'Alciat*. ^ • MO .

Inutile ramas de gothique écriture, c^a-C/' c^ -• •"»^ -^/^ ^^

Dont quatre ais mal unis formaient la couverture ,

Entourée à demi d'un vieux parchemin noir.

Où pendait à trois clous un reste de fermoir. <^

Sur Tais qui le soutient auprès d'un Avicenne • , 205

1. VTnfortiat est la seconde partie du Digeste ou Pandectes de Justinien. Elle a été ainsi nommée , parce que , formant la partie du milieu de l'ouvrage, elle se trouve soutenue et comme fortifiée par les deux autres. P. Corneille a dit dans le Menteur, acte i , scène 6 :

Le Digeste nouveau, le vieux , l'Infortlat} Ce qu'en a dit Jusoq , Balde, Âccurse, Alciat.

2. Accurse (en italien Accorso)^ célèbre jurisconsulle né à Florence en 1151, mort à Bologne en 1229, fut le premier qui réunit en un corps d'ouvrage (sous le titre de grande Glose, ou Glose continue d'Accurse) toutes les discusi^ions éparses de ses prédécesseurs sur le droit romain. 1 1 jouissait d'une si grande réputation, que les écrivains des douzième et treizième siècles l'appelèrent l'idole des jurisconsultes , et que De Perrière, Terrasson et Cujas même ne balancèrent pas, dans la suite, à le mettre au-dessus du fameux Barthole. — André Alciat (iVAlzato, bourg du Milanais, d'où il lirait son origine), antre savant jurisconsulte, né le 8 mai 1492, mort à Pavie en 1 5ô0. Peu d'hommes ont réuni autant de connaissances et les ont portées à un si haut degré. Il n'y a , suivant l'expression de Terrasson, aucun jurisconsulte àqui les amateurs de la belle jurisprudence aient autant d'obligations. Les lettres grecques et latines ne lui en ont pas moins. Ses Emblèmes , en vers latins, eurent longtemps une célébrité classi(iue : ils sont, en général, fort ingénieux, d'une latinité pure, et agréablement versifiés. Scaliger en fait l'éloge dans sa Poétique, liv. vi; et plusieurs savants ont pris la peine de les commenter.

3. Avicenne, ou plutôt /6/j-Si/ia, le plus célèbre des médecins arabes, naquit vtrs la lin du dixième siècle, en 978. Doué d'une • mémoire prodigieuse et d'une rare facilité , il s'appliqua à toutes les sciences, et composa sur toutes des ouvrages dont chacun semble avoir dû remplir toute la vie d'un homme laborieux. Mais c'est surtout comme médecin qu'il fut, pendant près de dix

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Deux des plus forts mortels l'ébranleraient à peine :

Le chanoine pourtant l'enlève sans effort ,

Et sur le couple pâle, et déjà demi-mort,

Fait tomber à deux mains l'effroyable tonnerre.

Les guerriers de ce coup vont mesurer la terre, 210

Et, du bois et des clous meurtris et déchirés,

liOngtemps, loin du perron, roulent sur les degrés.

Au spectacle étonnant de leur chute imprévue , Le prélat pousse un cri qui pénètre la nue. Il maudit dans son cœur le démon des combats, 215

Et, de l'horreur du coup, il recule six pas. Mais bientôt, rappelant son antique prouesse, Il tire du manteau sa dextre * vengeresse ; Il part, et, de ses doigts saintement allongés, Bénit tous les passants , en deux files rangés 2. 220

Il sait que l'ennemi , que ce coup va surprendre , Désormais sur ses pieds ne l'oserait attendre , Et déjà voit pour lui tout le peuple en courroux Crier aux combattants : « Profanes , à genoux ^ ! » Le chantre , qui de loin voit approcher l'orage * , 225

siècles, l'oracle des écoles de l'Europe. Aucun homme, depuis Galien et Aristote, n'a exercé dans la science un empire si absolu. Il mourut en 1037 ou 1053 , empoisonné par un de ses esclaves, qui avait mêlé une forte dose d'opium à la potion qu'il prenait pour calmer les attaques d'épiiepsie auxquelles il était sujet.

1. Sa main cfroi^e serait très-prosaïque ; sà dextre {dextera)^ un des vieux mots de la langue ainsi rajeuni, est poétique et plaisant.

2. Dans la Secchia rapita, le nonce du pape bénit également, du haut des remparts de Bologne , les troupes qui défilent devant lui.

Z. Quaado la gcntc vide quei crocloni;

Subito le ginoccliia in terra stcse, Gridando : Viva il papa, et bonsignore!

(Canto VI, Stro. so.)

« A cette vue , le peuple mettait le genou en terre pour receFoîr, ces bénédictions, et criait : Vive le pape ! vive monseigneur le nonce! »

4. Chapelain, que Boileau critique et qu'il imite cependant, a dit :

L'Infortuné guerrier, contre ce do^i^ble orage , Vainement dans son sein recherche du courage,

LE LUTBÏN, V. îOV

Dans son cœur éperdu cherche en vain du courage :

Sa fierté l'abandonne, il tremble, il cède, il fuit.

Le long des sacrés murs * sa brigade le suit : .

Tout s'écarte à l'instant, mais aucun n'en réoliappe ; '' ^

Partout iTàoigt vainqueur les suit et les rattrape. :i30

Evrard seul , en un coin prudemment retiré ,

Se croyait à couvert de l'insulte sacré - ;

Mais le prélat vers lui fait une marche adroite :

Il l'observe de l'œil ; et tirant vers la droite,

Tout d'un coup tourne à gauche , et d'un bras fortuné, 235

Bénit subitement le guerrier consterné.

Le chanoine, surpris de la foudre mortelle ',

Se dresse, et lève en vain une tête rebelle :

Sur ses genoux tremblants il tombe à cet aspect ,

Et donne à la frayeur ce qu'il doit au respect. 240

Dans le temple aussitôt le prélat , plein de gloire ,

Va goûter les doux fruits de sa sainte victoire ;

Et de leur vain projet les chanoines punis

S'en retournent chez eux , éperdus et bénis.

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