ACTE II
SUZANNE
Elle est occupée à composer une toilette de visite pour nui sœur.
MOREL, se levant.
Encore des toilettes neuves?
SUZANNE
Il le faut bien !
MOREL, hochant la tête.
Il le faut... je n’en sais rien !
SUZANNE
Mais qu’avez-vous donc, papa?... vous paraissez soucieux?
MOREL
J’ai lieu de l’être... Depuis quelque temps, mon attention est provoquée par ce qui se passe ici... dans ma maison...
SUZANNE
Quoi donc ?
MOREL
C’est ta mère qui dirige tout... elle me l’a demandé... et sans doute je ne me repentirai jamais de ma confiance.
SÜZANNF..
Oh I non, jamais ! maman arrange très-bien tout cela !
MOREL
Oui, sans l’habileté avec laquelle elle utilise toutes nos ressources, son petit domaine et mes appointements n’y suffiraient point, je le reconnais.. Pourtant, chaque jour des symptômes... trompeurs, je l’espère...
SUZANNE, naïvement.
Des symptômes?
LE LUXFf
MOREL
Oui, encore tout à l’heure, un mémoire, qu’elle n’a pas soldé... Ta mère sait pourtant bien quels sont lit-dessus mes principes... et dans ce moment où j’ai besoin de tout le calme de mon esprit... Ce rapport que je dois présenter demain à notre conseil, au sujet de la première section du nouveau boulevard de la Gironde...
Ah ! c’est demain ?
MOREL
Oui... et j’attends même, pour m’aider à le terminer, ton cousin Henri.
SUZANNE, avec émotion.
Henri !
MOREL
En sa qualité d’ingénieur, il peut m’éclairer sur quelques -points.
SUZANNE
• Henri est donc revenu de son grand voyage en Allemagne?...*. Quel bonheur !... (Se reprenant.) Je ne pensais plus à lui!
MOREL, l'attirant à soi.
Pourquoi donc rougis-tu en me disant cela ?
SUZANNE
Moi, papa... pas du tout !
MOREL
Si fait !... Je t’assure que tu es toute rouge... (La regardant en race.) Vous vous intéressez donc beaucoup à la première section du boulevard?
SUZANNE, liontcusc.
Moi, papa?... Je m’intéresse à vos travaux... ù vos fatigues... Je voudrais vous voir vous reposer... au lieu de tant travailler.