ACTE II
SUZANNE
En effet, mon cousin.
HENRI. -
Allons! (Il l’embrasse.)
C’est bien heureux!
HENRI
C’est que j’avais laissé une jtelite fille...
MOREL
Et que tu retrouves une femme!... Que veux-tu? ça pousse... comme la mauvaise herbe!
SUZANNE
Méchant père!...
HENRI, riant.
Ah! mon or.cle, dites... dites comme les fleurs!
SUZANNE
Des compliments... cl moi! ( Elle va préparer le déjeuner de son père, à gauche. )
MOREL
Au fait, pourquoi, depuis trois jours que tues revenu à Paris, ne t’ai-je vu qu’à mon bureau?
HENRI, embarrasse.
J’avais quelques raisons...
MOREL, tenant Suzanne au bras.
Serais-tu en disgrâce auprès de madame Morel, d'Esthcr?... Qu'importe ! Suzanne et moi te restons fidèles...
HENRI
Sans doute, mon cher oncle... mon bon père!... Ah ! j’ai
LE LUXE
Lien le droit de vous appeler ainsi, car vous avez été un véritable père pour moi ! Privé de celui qui m’a élevé... qui n’a pu survivre au désastre de spéculations que vous blâmiez, votre maison n’est-ellc pas devenue pour votre neveu la maison pacmelle ? (Mouvement de Morel.) Qui a pris soin de ma jeunesse... démon éducation?... qui a ménagé le petit avoir de l'orphelin?... qui a fait de moi un homme?
MOUEL.
C’est le bon Dieu, mon ami !
HENRI
Oui... mais, qui m’a mis dans la main un état?... qui m’a fait ingénieur?
MOREL, riant.
Oh ! pour le coup, c’est moi ! (Suzanne va préparer le thé,)
HENRI
Eh bien... je dois vous l’avouer... c’était un sentiment pénible... douloureux, qui m’empêchait de reprendre le chemin de cette maison, à laquelle avaient dû m’attacher des projets... des projets aujourd’hui brisés pour toujours!
MOREL
Ainsi, ce que m’a dit madame Morel est bien vrai? Eslhcr...
HENRI, prenant la main de Morel.
Oui... J’avais rêvé de devenir votre gendre pour rester votre lîls... mais tout est fini !
MOREL
Tout ?
HENRI
Tout 1
SUZANNE, avec joie.
Ah!