ACTE III
ESTHER
Vous n’attendrez pas longtemps, madame... dans une heure, quelqu’un se présentera chez vous... et bien réellement de ma part, cette fois...
MADAME DE BARGES
C’est très-bien, mademoiselle... Puisque ce n’était point un accord entre vous et le marquis de Rupiera... je comprends que vous ayez lutte de repousser une pareille communauté d’intérêts. Elle était assurément fort inattendue... fort singulière... et elle pouvait donner lieu à des interprétations... qu’il serait très-habile, très-prudent à vous de conjurer...
ESTHER
Si ces interprétations m’ont atteinte, madame, si l’opinion pouvait se montrer rigoureuse envers moi... j’en serais désespérée... mais j’accepterais humblement cet outrage, comme une expiation de ma faute!... Une pauvre fille comme moi redoute avec raison les méchancetés du monde... pourtant, je dois vous le dire avec toute sincérité, madame... pourvu que, dans ma conscience, je me connusse innocente, je préférerais encore me voir la victime de la calomnie, à la honte de jouir de l’impunité de mes fautes !
MADAME DE BARGES, à pari.
L’impertinente !
ESTHEU.
Un dernier mot, madame la comtesse, et je ne vous retiens plus!... Monsieur de Rupiera remboursé par vous... vous payée par moi, croyez que je me sentirai bien soulagée en rompant toute espèce de rapports avec les témoins... ou les complices de mon imprudence ! Et maintenant, madame la comtesse...
LE LUXE