ACTE III III
MOREL, avez dédain.
Ah ! oui... je comprends t
MADAME MOREL
Eh bien I cotte ambition... cette énergie que tu n’osais avoir... je les ai ressenties!... Ah ! s’il ne s’était agi (pie de moi... je me serais résignée à notre vie médiocre!... Mais je n’ai pas voulu qu’Esthcr.. que sa sœur... fussent aussi malheureuses... j’ai prétendu leur créer un avenir... les rendre dignes de brillants mariages. — J’allais réussir!... Et c’est toi qui fais échouer tous mes plans, c’est loi qui là, à l’instant, viens de briser toutes mes espérances !
MOREL, avec éclat.
Vos espérances!... Ah! je le vois, nous vivons à une époque où l’on ne sait pas être pauvre! Chacun révéla richesse... et pour arriver plus vite à ce but, bien des gens se jettent par je ne sais quels ténébreux chemins de traverse, dans les aventures et les spéculations équivoques...
MADAME MOREL
Mon ami !...
MOREL
Moi, je n’ai voulu suivre qu’un chemin : lopins droit! Allez, madame, le labeur honnête et opiniâtre n’est pas si ingrat qu’on le prétend ! Avec lui on arrive sûrement I toujours ! sans faire brèche ni à la conscience, ni à l’honneur ! Et la preuve, c’est que moi. qui n’en connais pas d’autre... qui n’ai jamais compris, pratiqué que celui-là, je vois aujourd’hui même une administration considérable me donner le plus éclatant témoignage de confiance, en me faisant l’arbitre d’une décision qui touche à de grands intérêts publics ! El c’est lorsque j’atteignais à mon but, à cette fortune enfin, que jedésirais aussi, moi, parce que j’v voyais l’avenir, l’établissement de nos enfants... c’est dans ce moment que
LE LUXE
vous venez tout briser, tout renverser par vos légèretés, par vos imprudences...
Mais, Morel...
MADAME MOREL
MOREL
Oui, madame, vous m’avez déconsidéré... vous nous avez tous perdus !...
MADAME MOREL
Perdus!... Tout est encore réparable!...