‹ Le luxe comedie en quatre actes et en proseChapitre 87 sur 103 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

MOREL, seul. Il reste un moment absorbé.

Obligé de méditer... de réfléchir... de retrouver tout le calme de mon esprit... quand la ruine est chez moi... et dans ces bureaux... le soupçon... le scandale... Ah ! mes malheurs domestiques ne regardent que moi... Ici, je dois oublier mon chagrin, mes créanciers... (Avec amertume.) puisque j’ai des créanciers!... Ah! pauvre tête! tune blanchissais pas assez vite... courbée là, sur ton labeur quotidien!... il te fallait la douleur,,, la honte!... (Remontant.) Voyons... où en étais-je hier... avant que cet homme impitoyable vint me révéler tout ce que j’étais si loin de soupçonner ! (il va à son bureau.) Ah ! cette lettre des frères Gautier!... (Il la lit.) En présence du nouvel arrêté, ils diminuent leurs prétentions... c’est bien... c’est honnête... Ces Gautier sont de braves ouvriers! partis de rien, élevés par leur intelligence... leur travail... ils restent peuple par le cœur et par la simplicité... comme pour laisser le bon exemple au milieu de leurs frères!... (Feuilletant d’autres papiers.) Tandis que

Page 1