ACTE IV
celui-là... ce Farju ! Ses propositions sont pourtant sérieuses... j’avouerai mémo qu’il semble faire la part plus belle aux intérêts de la compagnie !... Ce Farju a évidemment des capitalistes derrière lui... Et malgré cela... je ne sais quel instinct me dit que celui-là est indigne ! (Jetant la plume et se levant.) Ali ! ne pouvoir concentrer mes idées... rappeler ma raison, dont j’ai tant besoin pour être équitable et juste !... Allons! allons!... je m’exagère ma situation, peut-être... car, enfin... mon désastre, qu’est-il, après tout?... Une question d’argent!... c’est-à-dire quelque chose de toujours réparable!... Et puis... même si je devais vivre pauvre... ai-je jamais cru que l’argent fit seul le bonheur?... N’ai-je pas mes enfants... ma petite Suzanne, dont le cœur ingénu est un trésor... Esther enfin... une noble fille... après tout?... Allons!... mon vieux Morel... courage!... rien n’est désespéré... quelque chose me le dit, là... au meilleur endroit de mon cœur... celui où Dieu met l’espérance !... (il va vers son bureau.) Travaillons, travaillons pour acquitter ces dettes que je n’ai pas faites... et... quant à mon créancier, à moi... ce Dieu auquel je dois mon âme... il est plus. clément, plus patient que les hommes !... il m’accordera du temps... le temps de vivre... et de le payer en tendresse pour m'a famille, en dévouement à mes devoirs... en reconnaissance infinie pour ses bontés !