‹ Le Luxe et les Lois SomptuairesChapitre 16 sur 35 · FRS · texte numérisé non relu

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artiste et acteur. Malgré ses profusions insensées, on le regretta : ses folies avaient ébloui la foule. Vespasien tente d’enrayer la corruption grandissante :1l donne l'exemple, quelquefois suivi, de la simplicité et de l’économie. Son successeur, Titus, dépense beaucoup, mais pour un luxe publie utile ; le Colisée est achevé, les Thermes construits. Il donne de nombreuses fêtes et son luxe privé est élégant et séduisant. Enfin Domitien couvre Rome de monuments splendides : mais il a le goût des spectacles sanglants de l’amphithéâtre (D).

Pendant toute cette période, le luxe public est alimenté, outre les largesses impériales, par les villes et les riches ; les fêtes du culte, les écoles, les bibliothèques, en forment un des côtés utiles. Le faste privé croît aussi : l’usage de la vaisselle d’or et des chemises de lin fin s’introduit dans l’aristocratie. Le luxe des jardins et des villas est extrême. Les arts décoratifs progressent : mosaïque, glyptique, peinture et sculpture. Les femmes de la haute société exercent alors une grande influence, souvent néfaste, d’ailleurs, à cause de la corruption du temps, par leurs fantaisies déréglées et leurs raffinements : leur luxe gagne peu à peu la masse. Quelques-unes, toutefois, comme Livie et Octavie, restent simples et vertueuses.

Dans les provinces, les habitudes restent, en général, bien meilleures.

La civilisation romaine atteint son apogée avec

(1) Suérone, Vies de Caliqula, Claude, Néron, Vespasien, Domilien

les Antonins : les mœurs sont plus pures, en même temps que le progrès intellectuel et matériel continue.

Le luxe public s'améliore avec Nerva, Trajan, Hadrien, Antonin, Marc-Aurèle. Les distributions au peuple, qu’une longue coutume avait rendues nécessaires, existent toujours; les spectacles aussi, mais moins cruels et plus nobles.

Les travaux publics, tels que ponts, aquedues, bains, se font remarquer par la mesure, l'utilité, la grandeur même. C'est un faste solide et de bon goût, et Rome devient une merveille d’art et de beauté (1).

Ces princes, vertueux et simples, donnent à la société un salutaire exemple. Ennemis de la mollesse, épris des belles-lettres, ils ont le sentiment du beau. L'art est, avec eux, plein de naturel et de vérité. La pompe monarchique, elle-même, est modérée. Aussi, dans toutes les classes, le luxe privé, à part des abus inévitables, devient aussi moins excessif.

Quant à Commode, il se montre encore plus cruel et plus débauché que Néron.

Mais l'Empire s’épuise : la décadence commence. Aux Antonins succède une période d'anarchie militaire, signalée par les ravages des Barbares. Septime-Sévère se montre rigide, mais Caracalla n’est qu'une bête féroce. Héliogabale étale un faste tout asiatique.

(1) Sparte, Vie d'Hadrien.

Alexandre-Sévère, prince sobre, esprit cultivé et religieux, marque un temps d'arrêt dans ce luxe malsain; son règne est honnête et moral, Mais, avec Dioclétien, s'ouvre une phase nouvelle. Le siège de l'empire est porté à Nicomédie, et l’empereur s'entoure d'une cour et d'une pompe orientales. Rome est délaissée, la foule privée des largesses accoutumées, et la misère y règne. La société romaine demeure fastueuse, corrompue et raffinée. Il faudra l'avènement de Constantin, pour qu’un luxe nouveau apparaisse : avec ce prince, Byzance, bâtie à la hâte, devient la ville du luxe par excellence. Partout, c'est une magnificence exagérée. Le rôle de la femme s'affiche prépondérant, dans le faste et dans les mœurs de cette société byzantine sensuelle et efféminée. Les largesses au peuple et l’hippodrome prennent une importance Inouïe: l’empereur leur doit sa popularité.

Le faste des tombeaux, leur décoration et la quantité d'objets précieux qu'ils renferment, attestent l'origine étrusque du luxe funéraire, à Rome; c'est lui, d’ailleurs, quise montre le premier, avec quelque éclat. Pour les empereurs, les riches et les hommes illustres, c’est une magnificence extraordinaire ; cortègeinnombrable,danses,chants, banquets funèbres, bücher immense, mausolée souvent aussi grand qu'un temple. L'orgueil romain se retrouve dans ces splendides monuments, qui bordent les voies Appienne et Latine, et dans ceux d'Hadrien, d’Auguste, des Scipions.

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