INTRODUCTION
L'homme à l'instinct du luxe : cela est si vrai, que l’on retrouve ce penchant dans tous les temps et dans tous les pays. C’est un besoin inné: 1l s'est manifesté, d’abord, par l'amour de la parure: ainsi l’attestent, fréquemment, les fouilles, qui mettent au jour les objets les plus variés, dont l’homme primitif aimait à s'orner.
Il est intéressant, après avoir constaté l'existence certaine de cette tendance, d'en rechercher la nature.
M. Baudrillart (1) estime, avec raison, qu'elle à trois sources.
La première est l'amour-propre ou la vanité: l'homme aime à paraître, à se distinguer, surtout par la richesse, dont le luxe est le signe ; d'où le faste ou luxe d'ostentation.
La seconde source du luxe est la satisfaction des sens : les jouissances se raffinent de plus en plus ;
(1) BauprizLarT, Histoire du Luxe, tome I, livre I, chap. 1, p. 4 etsq.
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elles ont d'autant plus de prix qu'elles sont plus coùteuses et plus difficiles à se procurer. On a vite fait, ici, de verser dans la sensualité.
Comme troisième origine, il y a l'amour du beau, de l’ornement ; l'homme se plait à parer tout ce qui l'entoure : d’où les arts décoratifs, somptuaires et industriels.
Le goût de la parure n’est, en somme, qu'un aspect particulier de l'instinct de l’ornementation et du beau. |
De plus, le goût de l’ornement entraine celui du changement. L'homme est « ondoyant et divers », écrivait Montaigne. C’est un bien : car, si la « mode », en particulier, a:souvent de mauvais effets, c’est, en général, des changements que naissent les perfectionnements.
Comment définir le luxe? La question est délicate; c'est une chose essentiellement relative : ce qui est du luxe, à une époque, ne l’est plus à une autre, quand les progrès de l’industrie l’ont mis à portée, sinon de tous, du moins d’un plus grand nombre. Ainsi, les chemises et les mouchoirs ont été longtemps un luxe fort rare, que possédaient seuls les rois et les grands.
De nombreuses définitions ont été tentées.
Quelques-unes n’envisagent que le mauvais luxe. Ainsi, M.de Kératry, dans ses « Inductions morales
et philosophiques » (1817), entend par luxe « ce qui crée des besoins mensongers, exagère les vrais, les