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faste gigantesque : leurs œuvres colossales excitent encore notre admiration.
Le luxe et son développement, dans un pays donné, sont encore soumis à d’autres influences, que l’on pourrait appeler, dans leur ensemble, les situations, les conditions sociales, politiques et écomiques de ce pays.
La production, non-seulement des choses de première nécessité, mais encore des objets de luxe, destinés à rendre la vie plus agréable, sera, naturellement, d'autant plus intense et plus variée, que le degré de civilisation sera plus avancé, et cette civilisation se manifestera par une foule de signes caractéristiques. Il y aura la réaction puissante de l’homme sur le milieu qui l'entoure ; la création des voies de communication, et l’utilisation de celles que la nature fournit, permettant l'échange entre les diverses régions du globe; les progrès de la science et de l’industrie, si profitables à la masse des consommateurs, dont ils augmentent le bien-être ; l'accroissement de la puissance productive du travail, résultant d'une coopération intelhgente.
La constitution sociale d’un peuple, la constitution politique de l'Etat exercent aussi leur influence sur le développement et sur le caractère du luxe. En effet, suivant qu'il s'agira d’une monarchie absolue, d'une aristocratie ou d’une démocratie, le luxe prendra des formes différentes. C'est ce que l’histoire nous prouve, soit en Egypte, soit en Grèce, soit à Rome, soit enfin dans les différents pays européens.
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Quoiqu'il en soit des conditions qui peuvent affecter le luxe, il est certain qu'il peut produire et qu'il produit, sur la société, de bons et de mauvais effets.
Le législateur doit-il alors intervenir pour favoriser les uns et réprimer les seconds ?
C'est ce que nous nous proposons d'étudier. Et, pour que cette étude soit faite en connaissance de cause, nous avons essayé de connaître la nature du luxe. Pour cela, nous avons recherché ce qu'il fut dans l’antiquité, au moyen âge, et ce qu'il est devenu dans les temps modernes. Puis, laissant la parole aux adversaires et aux partisans du luxe, nous avons essayé, ensuite, de le juger. Enfin, nous avons étudié les divers moyens, lois ou impôts somptuaires, employés par le législateur pour combattre le faste, et donné la préférence aux remèdes préventifs agissant sur les causes mêmes, et refrénant la vanité, l'égoisme, la sensualité; une forte éducation morale peut seule avoir cette salutaire influence.