‹ Le luxe françaisChapitre 1 sur 23 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Voici le second livre de la série projetée par nous sur la Société française du XIXe siècle ; il n'a qu'une prétention, celle de combiner entre eux certains éléments de critique historique pour viser deux publics. Par ses images , il s'adresse aux gens qui ne lisent guère et se contentent d'une impression visuelle pour juger un temps ; par son texte , emprunté à des mémoires ou à des lettres particulières , il intéressera peut-être les philosophants derniers venus qui inclinent volontiers à la synthèse d'une époque et en cherchent l'esprit. Tout l'espoir de l'auteur est qu'on ne juge point trop vite son ouvrage , un volume abandonné sur le fait d’écriture, non plus surtout qu'un album pur et simple avec seulement des commen taire s explicatifs .

Rien n'est au fond moins étudié dans notre prétendu enseignement officiel que ce qui est en réalité toute l' histoire, c’esl dire l’individu physique , les mœurs , les menus faits à côté. Si les gens de la Restauration quittent les modes de II Empire, c'est pour bien peu la raison de plusieurs choses inexpliquées. La femme en manches à gigot de Lami ou cl'Henri Monnier n'est pas seulement différente par II aspect général de la femme de l’Empire ; comme si le costume faisait quelquefois l’homme , il a contribué à transformer le moral. La Restauration possède à la fois deux personnes dont le renom est d’origine et d’essence bien opposées , Mme Récamier et la duchesse de Berry, l'ancien et le nouveau jeu. La première est restée la païenne de la Révolution , la divine de l’Empire, elle continue à " paganiser » ; l' autre, toute neuve , inventée sous la monarchie , « pétale et papillonne ». Ce sont ces nuances d'extrême subtilité que la peinture

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