‹ Le luxe françaisChapitre 2 sur 23 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

nous peut aide r à saisir, et que tous les plus beaux discours du monde ne sauraient jamais fixer à leur point vrai.

Notre intention n'a clone point été (/'illustrer notre livre , c'est-à-dire de le faire joli, mais bien autrement de corroborer nos affirmations par des preuves tangibles, bien indiscutables, topiques quand il se peut. Beaucoup de pièces rares se verront ici pour la première fois, entre autres cette admirable femme d'Aubry, mise en frontispice , et qui nous montre le point de départ de la Restauration dans l'attitude , • — disons donc le mot — le chic, comme la Mme de Mirbel de Champmartin note la fin du régime. M. Charles Nuitter a bien voulu nous autoriser à reproduire une curieuse et rare peinture : /’ inauguration de l'Opéra à la salle Lepelletier ; la famille de Duval Le Camus nous a laissés prendre cette ravissante petite scène de genre, le Mariage à l’Eglise, que le vieux Debucourt devait graver encore bien joliment à la fin de sa carrière ; M. Devéria, M. Lami, M. Regnier, ont mis la plus exquise gracieuseté à autoriser la reproduction d'œuvres d'Achille Devéria, d'Eugène Lami, et de Grévedon. Et nous avons emprunté à tous des portraits peu connus, de pimpantes frimousses de femmes, des étrangetés de costumes et de meubles. En vérité tout cela fut la vie de nos grands-pères durant (quinze ans, cela les occupa, les retint, les passionna, comme pourraient faire aujourd'hui pour nous autres certaines mondanités dont on se plaît à rire, mais auxquelles chacun se soumet, et qui ont une importance d'actualité énorme. J'ai cherché à mettre ces esthétiques un peu fugitives en un tableau vrai, et à composer tout à la fois un croquis en écriture et une chronique figurée. J' y ai bien eu ma peine et je souhaiterais infiniment (que la critique se montrât aussi bienveillante cette fois, que l'année dernière pour /'Empire. Le succès inespéré fut en grande partie dû à d'aimables confrères, qui n eurent point honte de lire « un livre à images » — on ne lit q dus de ces livres — et voulurent bien louer ce qu’ils y avaient lu. Je les en remercie du fond du cœur, et je leur sais un gré infini de leur extrême bonne grâce.

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