‹ Le Lymphosarcome médiastino-pulmonaireChapitre 22 sur 22 · HAUTE RUE · texte numérisé non relu

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Le diagnostic du Iymphosarcome médiastino-pulmonaire est aussi à faire avec les autres cancers thoraciques. Ceux-ci peuvent être secondaires, et l’examen méthodi- que et complet du malade s'impose, pour dépister la tumeur primitive dans un organe souvent éloigné. Les tumeurs proprement dites du médiastin se reconnaîtront à l'importance de leurs signes de compression médiastinale qui sont précoces et très accusés. Les cancers du hile, comme le font remarquer MM. Roubier et Bachelard (Société des Sciences Médicales de Lyon, 1914), donnent d’abord un syndrome de compression hilaire et plus tardivement de compression médiastinale, à l’inverse des précédents qui ne font que friser le hile. De plus la radioscopie montre une zone opaque localisée au niveau du hile.

Le diagnostic peut encore se poser avec les tumeurs primilives de la plèvre. MM. Pallasse et Roubier (Annales de Médecine, 1916) ont montré qu'elles pouvaient se présenter, soit sous une forme de néoplasie diffuse, soit sous la forme d’une tumeur circonscrite. La première forme s'accompagne de pleurésie hémorragique. Le malade se présente avec des signes pleurétiques : on ponctionne et on retire du sang. Mais s’acit-il d’un cancer primitivement pleural ou d’un cancer pulmonaire propagé à la plèvre ? Le diagnostic reste indécis et, à dire vrai, les signes différentiels proposés sont bien insuffisants : Dans le cancer de la plèvre il n’existe pas de crachats hémoptoïques, mais ceux-ci manquent souvent dans le cancer du poumon. La résistance que présenterait le trocart en pénétrant dans la plèvre pariétale épaissie par le néoplasme

constitue un signe qui est vraiment trop difficile à per-

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cevoir ; quant à l’apparition de nodosité néoplasiques aux points de ponction, elle est exceptionnelle même ‘dans le cancer de la plèvre pariétale.

Les cancers de la plèvre, à forme de volumineuses tu-

meurs circonscrites, dont MM. Pallasse et Roubier apportent trois observations, se manifestent par des symptômes pseudo-pleurétiques et par des symptômes de refoulement et de compression. La ponction est négative, et à l'écran on trouve une opacité diffuse de la base refoulant le cœur, ou encore dans quelques cas une zone opaque à limite supérieure arrondie, c'est l’image pseudo-kystique (voir étude radiologique de l’obs. 1). Le diagnostic reste toujours délicat, souvent impossible, entre la tumeur primitive de la plèvre et celle du poumon avec atteinte pleurale secondaire.

Enfinle diagnostic de Iymphosarcome pulmonaire peut se poser avec le cancer primitif épithéläal du pounton. Mais à part de rares cas où l’évolution, suivie à la radioscopie, permet de dire que la tumeur vient du médiastin, on ne peut guère avoir que des présomptions. Et dans beaucoup de cas on croit avoir affaire même à l’autopsie à une tumeur épithéliale, et c’est l’examen histologique qui permet seulement d'affirmer que l’on a affaire à un lymphosarcome.

Nous ne dirons qu’un mot du pronostic et du traitement. Le pronostic est fatal en quelques mois. Le malade succombe aux progrès de la cachexie sans présenter, dans les cas que nous envisagions, d’accès de suffocation ni de signes de compression trachéales. Nos trois malades se sont éteints lentement et progressivement comme

des tuberculeux. À signaler que chez un de nos mala-

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des (obs. 11) une emphorie terminale, particulièrement accusée, complétait l’analogie du tableau clinique avec celui de la tuberculose à ‘la dernière période.

Le traitement, dans l’état actuel de la science, ne saurait être que palliatif.

Conclusions

L — Nous avons envisagé dans ce travail une forme clinique particulière de tumeur intrathoracique, dans laquelle le néoplasme, présentant la structure histologique des tumeurs malignes du tissu lymphoïde (Iymphosarcome) et ayant vraisemblablement son origine dans les ganglions médiastinaux, se caractérise par l’envahissement très précoce du poumon avant que les signes de

compression médiastinale aient eu le temps de s’accuser.

IL. — La tumeur s'infiltre dans le poumon par le hile, en suivant les gaines bronchiques ou le trajet de l’interlobe.

HE. — Le tableau clinique, bien différent des tumeurs du médiastin ou du hile du poumon, est celui d’une affection pulmonaire chronique, prêtant à confusion suivant les cas, avec une pleurésie ou avec la tuberculose

} pulmonaire.

IV. — L’envahissement du poumon, suivi à la radioscopie, se fait suivant plusieurs modalités. Le néoplasme

peut envahir un lobe pulmonaire, lobe supérieur ou in-

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férieur (cancers médiastino-lobaires), ou fuser le long de la scissure (cancers médiastino-scissuraux). Si l’évolution complète a le temps de se produire, on peut voir, par des examens radioscopiques en série, le néoplasme envahir

progressivement la totalité du poumon.

V. — Ces tumeurs lymphosarcomateuses sont en général volumineuses, à croissance rapide ; elles donnent souvent des métastases multiples et précoces. Parfois elles se creusent, par ramollissement de leur tissu, de cavités pleines de liquide puriforme. Une ponction exploratrice pénétrant par hasard dans une de ces cavités et ramenant un liquide purulent, peut faire croire à tort à une collection purulente et conduire à une intervention chirur-

gicale.

VI. — L'évolution est rapide et la mort survient en quelques mois par cachexie progressive. L'association

avec la tuberculose pulmonaire n’est pas exceptionnelle.

Le PRÉSIDENT DE LA Trèse, ROQUE.

Vu :

Le Doyen, Jean LÉPINE.

Vu et permis d'imprimer :

Lyon, le 4 novembre 1924.

Le RECTEUR, PRÉSIDENT pu CONSEIL DE L'UNIvERSITÉ,

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