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B. HÉMORRHAGIES PAR LES OUVERTURES NATURELLES

Les seules hémorrhagies de cette nature dont nous devons nous occuper ici, celles qui peuvent se manifester tout à coup, et devenir même assez considérables pour mettre en danger la vie des malades, sont l'épistaxis (saignement de nez) et l'hémoptysie (crachement de sang).

a. De l'épistaxis. (Saignement de nez.) Si les hémorrhagies nasales sont souvent salutaires, quel-

(juefois aussi il arrive que le sang coule avec tant d'abondance, qu'il en résulte une grande faiblesse, des syncopes, et que même le malade pourrait périr, si l'on ne parvenait, à arrêter l'hémorrhagie.

Quelle que soit l'épistaxis, quelle que soit sa cause ou sa nature, du moment qu'elle devient menaçante par son abondance, il y aurait du danger à ne pas chercher à suspendre tout à fait l'écoulement du sang.

La première chose à faire, dans le cas de saignement de nez trop violent, c'est de placer le malade à l'air frais ou dans un lieu dont la température est peu élevée; mais il est rare que cette seule précaution suffise; il faut en venir aux applications d'eau froide, pure ou mêlée avec du vinaigre ; à cet effet, on trempe dans ce liquide des compresses qu'on applique sur la tête, autour du nez, aux tempes, aux parties génitales (sur les bourses), à la partie interne des cuisses; ou avoir recours aux bains de pieds avec de la farine de moutarde et du gros sel; ou bien à faire tenir levé le bras du côté où se fait l'hémorrhagie.

Lorsque l'écoulement du sang n'est pas très-considérable, et qu'il n'y a pas urgence de l'arrêter dans le plus court délai, on peut essayer de le diminuer, en faisant renifler ou même en injectant dans les fosses nasales une dissolution d'alun dans de l'eau très-froide.

Si nonobstant ces moyens rationnels le sang continuait de couler avec abondance, et si surtout le malade s'affaiblissait, il faudrait alors sans retard appeler un médecin, et, en attendant son arrivée, comprimer la narine par où se fait l'hémorrhagie, en y introduisant un bourdonnet de charpie ou de coton, trempé préablement dans du vinaigre pur ou imprégné de poudre d'alun. En même temps on tiendrait la tête élevée et penchée en avant.

b. Hémoptysie.

On entend par hémoptysie (crachement de sang) une hémorrhagie des poumons, qui consiste dans une expectoration sanguine, écumeuse, variable par sa qualité, sa couleur et sa consistance.

L'hémoptysie est ordinairement annoncée par un sentiment de constriction à la poitrine, une toux légère, des palpitations de cœur, une douleur et un picotement que le malade éprouve vers la trachée-artère.

Le malade se plaint d'horripilations, de froid aux extrémités. Il dit éprouver une espèce de bouillonnement dans la poitrine, avec chaleur et ardeur. Presque toujours alors il survient une toux plus ou moins forte, qui amène le crachement d'un sang rouge, vif, écumeux, souvent mêlé de mucosités. Cependant, quand le sang est rejeté en grande quantité, il n'y a pas de toux : elle est comme étouffée par le flot du liquide. Il faut remarquer que la crainte qu'inspire aux malades la vue de leur sang, les fait pâlir avant qu'ils en aient rendu une grande quantité.

Dans tous les cas d'hémoptysie, quelles qu'en soient la cause et la nature, il faut commencer par mettre le malade dans une position assise, l'exposer à l'air frais, le débarrasser de ses vêtements et de loute ligature. On devra défendre expressément au malade de parler et même de remuer les bras, car on a vu ces mouvements faire revenir le crachement de sang.

C'est dans un cas de cette nature qu'il est bien essentiel que les personnes qui entourent le malade conservent tout leur calme, afin de ne pas augmenter la crainte dont la plupart des individus sont saisis quand ils crachent le sang.

Il faut sans tarder appeler un médecin, car l'hémoptysie

peut devenir trop abondante et causer la mort en quelques heures, faute de secours bien administrés.

En attendant l'arrivée du médecin, on observera le plus grand silence autour du malade ; on lui mettra des sinapismes aux mollets, et on lui donnera à boire de l'eau froide pure ou renfermant de l'alun ou du sel de cuisine. Ces moyens bien simples à administrer suffisent généralement pour arrêter le crachement de sang.

c. Hémorrhoïdes.

Le mot hèmorrhoïde sert à désigner certaines tumeurs qui se forment à la partie inférieure du rectum, ou encore un flux sanguin qui a lieu vers le même point, et qu'il est plus convenable cependant de désigner sous le nom de flux hèmorrhoïdal.

Les tumeurs hémorrhoïdales sont, tantôt apparentes à l'extérieur, et tantôt cachées dans l'intérieur |de l'intestin rectum.

Les hémorrhoïdes proviennent ordinairement d'un tempérament bilieux et sanguin, d'une constipation habituelle, de la sécheresse de l'intestin, d'une résistance trop prolongée aux besoins des garde-robes, d'une perturbation dans les fonctions de la peau, d'une suppression de la transpiration habituelle ou exutoire, de la répercussion d'une affection de la peau, d'une vie trop sédentaire et du manque d'exercice, de l'abus des purgatifs, et principalement de l'aloès, d'une vie agitée par les excès et les chagrins, et d'une foule d'autres causes qu'il serait trop long d'énumérer ici.

Indiquer les causes qui produisent les hémorrhoïdes, c'est dire que tous les efforts du malade doivent tendre à les faire cesser, et que, pour en atténuer les conséquences, il doit recourir à un régime rafraîchissant.

Les viandes blanches, les légumes herbacés et les fruits

seront préférés. Il supprimera les excès en tous genres, les mets trop succulents ou excitants et les liqueurs fortes; il évitera de faire des efforts, surtout pour aller à la selle ; il tâchera de remplir cette fonction tous les jours, et, pour en faciliter l'accomplissement, il prendra un lavement simple ou à la graine de lin ; matin et soir, il lotionnera l'anus avec de l'eau froide ; il prendra un ou deux bains par semaine ; il couchera sur le crin ou sur la paille, et restera le moins possible sur le dos. S'il a des habitudes sédentaires, il choisira un siège élastique et légèrement convexe, afin de soutenir la région anale.

Dès que les hémorrhoïdes apparaissent, il faut immédiament en rechercher la cause et l'enrayer si faire se peut ; recourir aux lavements et aux bains de siège froids.

Il est des tumeurs hémorrhoïdales très-douloureuses, sans qu'une cause quelconque puisse expliquer cet excès de sensibilité. Il convient, dans ce cas, de les oindre avec du suif ou de l'onguent populéum.

Quand il existe un suintement sanguin qui épuise le malade, celui-ci doit recourir au plus tôt aux conseils d'un médecin; car alors la maladie ne manque pas de gravité.

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