A. COUP DE SANG
Coup de sang : expression énergique s'appliquant à l'hémorrhagie du cerveau, et dont les caractères essentiels sont la perte instantanée du sentimenl et du mouvement.
On distingue différents degrés dans l'hémorraghie cérébrale : elle est légère, plus intense et foudroyante.
L'hémorrhagie cérébrale foudroyante seule mérite le nom d'apoplexie, parce qu'elle tue à l'instant.
Les personnes qu'atteint le coup de sang sont généralement des personnes grasses et replètes, qui ont le cou court, la poitrine large, les membres gros, et dont la respiration est laborieuse. Celles-là échapperaient au coup de sang, si, prévoyant les accidents auxquels leur constitution physique les expose, elles se soumettaient à un régime doux et sévère, à un exercice modéré, aux lois d'une hygiène bien ordonnée; si elles évitaient les vêtements serrés, les efforts musculaires violents, les travaux intellectuels prolongés, les émotions vives; si elles se tenaient le ventre libre, en prenant de temps à autre une once de sel anglais ; enfin si elles évitaient les extrêmes de température : le froid et le chaud intenses.
Quand l'hémorrhagie cérébrale ne détermine pas la mort immédiatement, il faut essayer, par des secours adminis-
très avec la plus grande célérité, de conserver la vie au malade.
Pendant qu'on ira chercher le médecin, on placera le malade au milieu d'un air frais, de façon qu'il ait les pieds et la tête élevée; on éloignera l'afïïuence des assistants, pour éviter que ceux chargés de prodiguer les secours ne soient gênés dans leurs mouvements, et pour empêcher que la température de l'atmosphère ne s'élève trop ; on lui découvrira la tête; on desserrera son col et tous ses vêtements; on lui liera fortement les cuisses sous le jarret; on plongera ses pieds dans l'eau houillante, contenant en dissolution du gros sel de cuisine et de la poudre de moutarde, ou bien encore on promènera sur les mollets et sur le gras des cuisses du patient des compresses imbibées d'eau bouillante; car il n'y a pas de temps à perdre, et il faut à tout prix obtenir une révulsion immédiate et énergique, au risque même de produire des brûlures artificielles.
Ces moyens bien simples que tout le monde peut administrer, partout et en tout lieu, suffisent d'ordinaire pour arrêter la maladie dans sa marche, et faciliter singulièrement le succès du traitement que le médecin pourrait instituer à son arrivée.