VIII. Maladies diverses
A. BRULURES.
On appelle brûlures des lésions déterminées, soit par l'action trop concentrée du calorique sur nos tissus, soit par le contact de quelque agent chimique susceptible également d'en détruire l'organisation.
La brûlure est ou légère, et il n'y a pas de vessie levée, — ou plus considérable, et il s'est levé une vessie, — ou trèsforte , de manière que la peau est brûlée et que les chairs sont même endommagées.
Le meilleur moyen de combattre la brûlure légère est l'application prompte et immédiate du froid ; la durée de cette application doit être en rapport avec l'intensité, l'étendue et la profondeur de la brûlure : on se servira à cet effet de neige, de glace, et en leur absence de l'eau de puits la plus froide possible, à laquelle on ajoutera avantageusement deux cuillerées de sel ordinaire et un grand verre de vinaigre par litre d'eau froide. Quand le feu aura attaqué une partie susceptible d'être baignée, comme les mains, les bras, les pieds, et les jambes, on fera bien de les plonger et de les maintenir longtemps dans le liquide froid composé de la manière que nous venons d'indiquer. L'eau devra être renouvelée toutes les heures au moins.
Quand la partie brûlée ne pourra être placée convenablement dans un bain frais, on trempera des compresses dans le liquide en question, et l'on placera ces compresses sur les endroits attaqués par le feu; ces compresses seront renouvelées toutes les demi-heures.
S'il se forme des cloches sur la brûlure, on se gardera bien de les enlever ; on y enfoncera seulement la pointe d'une aiguille, ou l'on y fera passer un fil que l'on coupera, aux deux extrémités, puis on recouvrira le mal de cérat laudanisé étendu sur du linge fin, ou, mieux encore, on enveloppera tout simplement la partie brûlée d'une couche d'ouate.
Dans les brûlures très-considérables, où la chaire est endommagée, on aura recours aux moyens que nous venons d'indiquer; mais il faudra sans tarder appeler quelque personne de l'art pour administrer les autres remèdes qui deviennent ordinairement nécessaires, à cause de la fièvre et des autres accidents qui ne tardent pas à se manifester.
Les douleurs que causent souvent les brûlures sont quelquefois si vives qu'on est obligé d'avoir d'abord recours à ce qu'il y a de plus rafraîchissant pour calmer l'irritation des fibres nerveuses. On pourra donc, pour tempérer la douleur excessive d'une partie qui vient d'être brûlée, la plonger
dans l'eau et l'en retirer ensuite pour mettre en usage les autres moyens que nous avons indiqués et qu'on aura eu le temps de préparer.