CHAPITRE I
besoins de la Mission, et demandait des hommes de dévouement pour remplacer ceux qui étaient tombés au champ d'honneur, ses Appels aux braves, comme il les désignait, trouvaient un écho dans tous les cœurs. Des réponses, comme les suivantes, lui arrivaient de toutes parts.
L'un disait : «J'apprends à l'instant même les deux nouvelles pertes qui viennent de frapper notre chère mission du Maduré. A ces braves qui meurent, à ces martyrs qui succombent, il faut des successeurs. Eh bien! me voici. Trop heureux si vous daignez m'appeler à prendre leur place, à combattre et à mourir comme eux. »
Un autre : « C'est surtout au moment où la mort vient de faire éprouver à cette chère mission du Maduré des pertes si cruelles, que je me sens plus vivement pressé à me mettre sur les rangs. J'ai la douce confiance que vous ne me refuserez pas d'aller prendre part aux travaux de nos Frères, et de donner au besoin ma vie pour le bien de cette chère Mission. »
Un troisième : « Cette terrible nouvelle (la mort du P. Garnier) m'a mis le feu au cœur. Me voici donc à vous, mon Rév. Père. J'ai, ce me semble, un désir brûlant de souffrir pour Jésus-Christ. Si ma demande est favorablement accueillie, ah ! je serai au comble de mes vœux. »
Enfin un quatrième écrivait : « Ce dernier mot de votre lettre : Cher et admirable P. Garnier! qîri le remplacera ? me regarde sans doute. Eh bien ! me voici, je suis prêt à tout. Je volerai aux Indes, non pour faire beaucoup, non surtout pour remplacer le