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NOUVEAUX SANCTUAIRES

décorée de peintures dans toute son étendue. A l'extérieur, l'admiration du spectateur se concentre sur une tour octogonale qui élève, au-dessus du porche, ses quatre étages, formés de colonnettes et d'arceaux superposés, jusqu'à une hauteur de 135 pieds. Du haut de cette tour deux grandes cloches, marquées du nom de leurs donateurs, M. Woodroff, magistrat converti du protestantisme, et M. Poulenc, frère d'un de nos missionnaires, envoient leurs sons à plusieurs milles à la ronde.

A Trichinopoly encore, s'élève actuellement, dans l'enclos du collège, pour le service des étudiants et de la population chrétienne du Fort, l'église de Notre- Dame de Lourdes, qui sera un vrai chef-d'œuvre d'architecture gothique. Nous en reparlerons ailleurs.

A Négapatam, les aumônes recueillies en France par le P. Batut, ancien missionnaire du Maduré, et les offrandes reçues par le P. Mecatti, ont été employées à la construction d'une église pareillement dédiée à Notre-Dame de Lourdes. Son clocher, que le P. Mecatti avait laissé inachevé, a été terminé par le P. Poulenc. Il s'élève à quelques pas de la mer et en face du port. Quand le pêcheur, monté sur son fragile esquif, a perdu de vue le rivage et sa chaumière, la flèche du cocher de Notre-Dame de Lourdes lui apparaît encore comme le phare de l'espérance.

Maleyadipatty, centre d'un pangou qui compte près de 7000 chrétiens, n'avait, jusqu'en ces derniers temps, qu'une misérable chapelle. Grâce au zèle du P. Benoît Burthey, les chrétiens sont, fiers aujourd'hui de leur grande église à trois nefs, de sa belle coupole, de son

clocher en flèche, que salue le voyageur emporté par la vapeur sur la ligne de Trichinopoly à Maduré. Cette église est sous le vocable de Saint-François-Xavier.

Si du district du nord nous passons à celui du centre, nous remarquons, parmi les églises récemment construites, Notre- Dame-du-Sceptre de Karankadou, sur les bords de la mer, à l'extrémité du Marava. D'après la tradition, Karankadou doit sa célébrité à une statue de Marie, que les flots déposèrent un jour sur le rivage. L'image de la Vierge tenait en main l'emblème de la royauté ; de là son nom de Sengol mada, ou Notre - Dame-du-Sceptre. Au temps du Bienheureux Jean de Britto, Karankadou était un lieu de pèlerinage très fréquenté ; mais depuis il était tombé dans l'obscurité. Le P. Jean-Baptiste Darrieutort ayant été chargé, en 1867, du pangou de Calladitidel, dont Karankadou fait partie, se sentit fortement pressé de rebâtir le sanctuaire et de restaurer le pèlerinage. Mais il fallait de l'argent. Le missionnaire pria et fit prier Marie ; l'argent vint peu à peu, et l'on commença à construire. Après dix ou douze ans, Karankadou eut une église à triple nef, avec de beaux vitraux, et un autel richement sculpté, que surmonte une très belle statue de Marie, Reine du Ciel. Pour attirer les chrétiens à ce nouveau sanctuaire il ne fallait plus qu'une chose : l'enrichir d'indulgences. Pie IX daigna octroyer la grande indulgence de la Portioncule ; Marie, de son côté, accorda aux premiers pèlerins des grâces signalées ; les foules accoururent, et maintenant, chaque année, le 31 juillet et le Ier août, Notre-Dame-du-Sceptre attire à elle de huit à dix mille chrétiens.

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