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ESPRIT RELIGIEUX

sout, pour se reformer après quatre ou cinq ans. Elle fut nombreuse surtout en 1887, où 14 prêtres, réunis dans une campagne solitaire, sous la conduite du Père Casimir Cros, subirent les épreuves du 3e an depuis la mi-janvier jusqu'au dimanche de la Sainte-Trinité. Une consigne inexorable les abritait contre toutes sortes de visiteurs, leurs propres Frères non exceptés. Tout leur commerce était avec le Ciel.

Ce qui précède montre que la vie religieuse est, Dieu merci, florissante au Maduré. Formés avec tant de soin durant leur noviciat, durant et après leurs études, nos jeunes gens ne se démentiront pas quand viendra pour eux le temps de commencer leur carrière de missionnaires. Ils n'auront d'ailleurs qu'à marcher sur les traces de leurs devanciers. Car l'esprit religieux, remercions-en encore la divine Bonté, fleurit aussi sous le modeste toit du missionnaire. L'ouvrier du Seigneur, au retour de ses excursions apostoliques, est tout heureux de reprendre l'ordre du jour auquel il était accoutumé lorsqu'il vivait en communauté. Le matin son réveil sonne à l'heure voulue; il a ses heures fixes pour ses exercices spirituels, et le son de la cloche les lui rappelle au besoin.

Pour maintenir l'esprit religieux, surtout dans une grande mission, il faut, outre la vigilance et le zèle des supérieurs, de sages règlements. Les missionnaires du Maduré n'ont qu'à bénir Dieu de les avoir si bien partagés sous ce double rapport. Le zèle, la vigilance, l'exemple aussi, ils les trouvent dans leur digne évêque, dans celui que la Providence a placé depuis tant d'années à la tête de la Mission, dans les supérieurs de

chaque district. Le Supérieur général fait, au moins une fois par an, la visite de la Mission, voit en particulier chaque missionnaire, console, encourage, bénit. Deux fois chaque année, les missionnaires d'un même district s'assemblent autour du Supérieur de ce district. L'un est chargé de l'exhortation commune ; un autre, de résoudre les cas de conscience ; le Supérieur donne ses avis et sa direction. De nouveaux plans sont concertés, de nouvelles œuvres projetées. Les âmes et les cœurs se rafraîchissent aux épanchements de la charité fraternelle. Tous emportent de ces réunions un redoublement de zèle et de vigueur. Mais où l'esprit religieux se retrempe surtout, c'est durant les huit jours de la retraite annuelle. Chaque district a ses maisons désignées, où le missionnaire peut vaquer en toute tranquillité aux saints exercices, où il trouve toujours un Père Spirituel pour l'aider et le diriger.

IV. La mission du Maduré s'est enrichie, durant ces dernières années, de nouveaux édifices religieux.

Depuis longtemps Trichinopoly réclamait une seconde église, la cathédrale n'étant ni assez grande pour cette vaste chrétienté, ni assez à la portée du plus grand nombre des fidèles. En conséquence, le P. Frédéric Rapatel commença, en 1879, la construction de l'église du Sacré Cœur de Jésus. Deux ans après, le 29 juin, Mgr Laouenan, de Pondichéry, invité par Mgr Canoz, en fit l'inauguration. C'est un vaste édifice à trois nefs, qui peut contenir de quatre à cinq mille personnes. Vingt-six colonnes monolithes, d'un granit dur comme le fer et à peine d'un pied de diamètre, supportent la voûte de la grande nef. Cette voûte est

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