‹ Le MaduréChapitre 156 sur 172 · MISSION DU R. P. VERDIER · texte numérisé non relu

MISSION DU R. P. VERDIER

catholique venait detre établie aux Indes) et l'évêque de Maïlapour, Mgr Reed da Sylva, sous la présidence de Mgr Ajuti, qui avait succédé à Mgr Agliardi dans la charge de Délégué du Saint-Siège. Mgr Canoz désigna encore pour le représenter le P. Verdier, qui se rendit à Otacamund, résidence de Mgr Ajuti. Plusieurs conférences eurent lieu, mais sans résultat. Mgr da Sylva n'accepta point les propositions du P. Verdier ; celles de Sa Grandeur étaient absolument inacceptables. Il fallut en référer à Rome. Le P. Verdier quitta Otacamund le 29 juillet, revint à Trichinopoly pour rendre compte de l'état des affaires à Mgr Canoz, et le 31 juillet il se dirigea sur Bombay, où il s'embarqua une seconde fois pour la Ville éternelle.

Nous passons sous silence les détails de cette seconde mission. Qu'il suffise de dire que le P. Verdier reçut encore le plus bienveillant accueil delà part du Vicaire de Jésus- Christ, auquel il eut la joie d'offrir les modestes présents que les chrétiens du Maduré lui envoyaient, à l'occasion de ses Noces d'or ; que cette deuxième absence du Père ne dura pas moins de deux ans, puisqu'il ne revint dans la Mission que vers la fin de 1889, lorsque l'évêché de Trichinopoly était vacant par la mort de Mgr Canoz ; que les dernières négociations aboutirent à cette conclusion, qui était donnée comme définitive: Les chrétientés de Tanjaour, de Négapatam, de Vallam, de Manarcoudy, de Pattoucottey, étaient cédées à l'évêque de Maïlapour. En outre Maïlapour gardait la possession de 14 églises situées dans le diocèse de Trichinopoly. C'était un

reste de double juridiction dont on n'avait pas trouvé le moyen de s'affranchir. En sus, le Portugal devait payer une indemnité.

Le lecteur croira que tout est terminé. Erreur. Au moment où nous écrivons ces lignes, la mission du Maduré est exactement dans l'état où elle se trouvait il y a quinze ou vingt ans (') !

II. Ici nous devons revenir sur nos pas, et raconter comment l'ancien Vicariat Apostolique du Maduré est devenu le diocèse de Trichinopoly.

Le ier septembre 18S6, parut la Bulle Hnnianœ sahitis. Le Pape Léon XIII y déclarait que le temps était venu de donner aux églises des Indes une organisation plus parfaite. En conséquence, le Saint-Père, comme témoignage de sa bienveillance envers le Portugal, élevait l'archevêché de Goa à la dignité de patriarcat, et lui assignait pour suffragants les évêchés de Cochin, de Damaum et de Maïlapour. Les trois vicariats de l'île de Ceylan, savoir Colombo, Jaffna et Kandy ; les vicariats de Patna, d'Agra et de Lahore, dans le nord de l'Inde ; ceux de Bombay, de Pouna, de Mangalore, de Vérapoly.de Quilon, sur la côte occidentale;les deux vicariats du Bengale et la préfecture du Bengale central au nord-est; les vicariats de Vizagapatam (2),de Madras, de Pondichéry,du Maduré sur la côte

1. Le Portugal s'est enfin décidé à donner sa signature. Le décret qui fixe les limites du territoire cédé au diocèse de Maïlapour, fut proclamé dans la cathédrale de Trichinopoly, le 30 juillet 1893. Le diocèse de Trichinopoly perd de son étendue, mais gagne plutôt pour le nombre des chrétiens. La paix, Dieu merci, est faite, et semble désormais établie sur de solides bases.

2. L'ancien vicariat de Vizagapatam forme, depuis le 29 juillet 1887, deux diocèses : Vizagapatam et Nagpour.

LA HIÉRARCHISE. 485

orientale ; ceux d'Hyderabad, de Coïmbatour, du Maïssour,dans l'intérieurdes terres, devenaientautant dediocèses qui seraient gouvernés désormais par des évêques titulaires résidents. Les églises de Calcutta, de Bombay, de Madras, d'Agra, de Pondichéry, de Vérapoly, de Colombo, étaient érigées en sièges archiépiscopaux, à chacun desquels était assigné un certain nombre d evêchés suffragants. Le Souverain Pontife exprimait l'espoir que l'établissement de la Hiérarchie sacrée ferait fleurir encore davantage l'union et la charité parmi les Pasteurs, contribuerait au maintien et à l'uniformité de la discipline, attirerait sur les fidèlesd'abondantes bénédictions, et profiterait de toute manière à l'extension du royaume de Jésus-Christ.

Son Excellence Mgr Agliardi fut encore délégué par le Saint-Père pour présider à l'exécution du grand acte pontifical. Débarqué à Colombo vers la fin de décembre 1886, il proclamait, le 2 janvier 1887, l'établissement de la Hiérarchie dans l'île de Ceylan. Quelques jours après il était à Madras, d'où il invitait les Vicaires Apostoliques du sud de l'Inde à-un concile qui devait se tenir à Bangalore, le 25 janvier.

A Bangalore se trouvèrent assemblés, au jour désigné, avec Son Excellence Mgr Agliardi, archevêque de Césarée, et ses Assistants, Nosseigneurs Ajuti et Zaleski : Mgr Coadou, évêque de Chrysopolis, Vie. Ap. du Maïssour; Mgr Mellano, archevêque de Nicomédie, Vie. Ap. de Vérapoly, et son coadjuteur Mgr Marcellino, évêque de Parium ; Mgr Canoz, évêque de Tamasus, Vie. Ap. du Maduré ; Mgr Laouenan, évêque de Flaviopolis, Vie. Ap. de Pondichéry ; Mgr

Colgan, évêque d' Héliopolis, Vie. Ap. de Madras ; MgrTissot, évêque de Milevis, Vie. Ap. de Vizagapatam ; Mgr Bardou, évêque de Telmissus, Vie. Ap. de Coïmbatour ; Mgr Caprotti, évêque d'Abydos, Vie. Ap. d'Hyderabad, et Mgr Pagani, évêque de Tricomium, Vie. Ap. de Mangalore. En tout neuf Vicaires Apostoliques, qui allaient échanger ce titre pour celui d'évêques titulaires.

Le 25 janvier, les vénérables prélats, revêtus de leurs insignes pontificaux, se rendirent en procession dans la cathédrale. Le Délégué du Saint-Siège prit place sur un trône, du côté de l'Évangile; les Vicaires Apostoliques avaient leurs sièges sur le côté opposé. Après la messe, célébrée pontincalement par Mgr Coadou, Son Excellence le Délégué, du pied de l'autel, entonna le Veni Creator, qui fut chanté par le chœur, tous les prélats étant à genoux. L'hymne achevée, quand les évêques eurent regagné leurs sièges, le Délégué Apostolique leur adressa la parole en latin. Il dit combien il s'estimait heureux et honoré d'avoir été envoyé par le Vicaire de Jésus-Christ pour apporter aux Vicaires Apostoliques les Lettres de Sa Sainteté ; que ces Lettres conféraient à trois d'entre eux le titre de Métropolitains, et aux autres, la dignité d'évêques suffragants ; à tous, le titre et la dignité d'archevêques ou d'évêques titulaires résidant dans leurs propres diocèses ; que l'honneur qui leur était décerné en ce jour était, dans l'intention du Saint-Père, un hommage rendu à leur mérite, une récompense de leur zèle et de leurs travaux pour l'extension de la foi; que c'était, en même temps, un insigne bienfait accordé à l'église

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