‹ Le MaduréChapitre 155 sur 172 · MISSION DU R. P. VERDIER · texte numérisé non relu

MISSION DU R. P. VERDIER

les directions et reçu la bénédiction du T. R. P. Anderledy, il se rendit à Rome.

A Rome, le P. Verdier fut reçu en audience par le Pape Léon XIII et par son secrétaire d'état ; mais ce fut surtout avec le cardinal Simeoni et avec Mgr Jacobini, le Préfet et le secrétaire de la Propagande, qu'il s'entretint de la mission dont il était chargé. Le Père n'eut pas de peine à convaincre ces deux dignitaires que les concessions faites au Portugal, en ce qui concernait le Maduré, seraient, si elles étaient maintenues, un coup mortel porté à cette Mission ; que les sacrifices auxquels on avait consenti, étaient des sacrifices ruineux ; que la situation où le concordat plaçait les missionnaires, ne pouvait manquer de jeter le découragement dans leurs rangs, attendu qu'ils se trouveraient dans l'impossibilité de faire le bien ; que s'ils continuaient néanmoins à travailler par obéissance, ce qui ne devait faire aucun doute, ils ne pouvaient guère compter sur de nouveaux auxiliaires ; la source des vocations à l'apostolat du Maduré serait à peu près tarie ; qu'enfin, le concordat, qui paraissait être tout à l'avantage des prêtres de Maïlapour, profiterait en réalité aux sectes hérétiques si puissantes et si actives dans le sud de l'Inde.

Le P. Verdier ajoutait que Mgr Canoz comprenait parfaitement la position du Saint-Père, la nécessité où était Sa Sainteté de s'arranger avec le Portugal, et partant, de faire des sacrifices ; que, de son côté, l'évêque du Maduré était prêt à tout, mais qu'il croyait que l'arrangement pouvait se faire sur une base moins ruineuse. Comme base, Mgr Canoz proposait une

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délimitation territoriale, laquelle mettrait fin à l'existence côte à côte, et au mélange des deux juridictions. Sa Grandeur donnerait, s'il le fallait, un tiers ou une moitié de sa Mission; mais il demandait que l'autre moitié ou les deux autres tiers fussent pleinement sous sa juridiction. Le Cardinal Simeoni entra parfaitement dans les vues du P. Verdier, et lui promit d'user de toute son influence pour obtenir un arrangement sur les bases que le Père avait proposées.

Le P. Verdier prolongea son séjour à Rome jusque vers la fin de septembre. Avant de partir, il fut reçu en audience par Léon XIII, et s'entretint pendant une demi-heure avec Sa Sainteté. L'auguste Pontife le combla des témoignages de sa paternelle affection, et lorsque le Père prit congé de lui, le Pape lui dit, en le bénissant : « Ayez confiance ; je connais votre position au Maduré ; je n'abandonnerai pas cette affaire que je ne l'aie réglée. »

Après un court séjour en France et un séjour encore de quelques semaines à Rome, le P. Verdier reprit la route des Indes. Le 18 mars 1887, il débarquait à Colombo; quelques jours après il était à Trichinopoly, où il rendait compte à Mgr Canoz du résultat de sa mission. Nous apprîmes alors que le principe de la délimitation territoriale, proposé par le Père comme base d'un nouvel arrangement, avait été accepté parle Cardinal secrétaire d'état et par le chargé d'affaires du Portugal.

Restait maintenant à s'accorder sur cette base. Les préliminaires de cet accord devaient être réglés dans l'Inde, entre levêque de Trichinopoly (la Hiérarchie

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