REVUE GÉNÉRALE : LE NORD
achevait son beau clocher, et Manarcoudy son nouveau presbytère.
Nous venons de nommer Pattoucottey. Ce nom nous met en mémoire celui du missionnaire qui a cultivé cette chrétienté pendant $& ans. Le P. Ferdinand Cortès baptisait, en 1891, les petits enfants de ceux qu'il avait vus naître et avait lui-même régénérés en 1854. Il est maintenant à Tuticorin où il travaille encore.
Trichinopoly renferme, sans contredit, la plus belle chrétienté indigène de l'Inde. Par chrétienté indigène nous voulons dire une communauté dont les membres sont indiens pur sang, et descendent d'ancêtres qui furent convertis du paganisme. Or, les chrétiens de Trichinopoly, à part quelques centaines de métis, sont de race purement indienne, et leur nombre, sans compter ceux qui ne sont pas sous la juridiction de notre évêque (ces derniers sont environ 2,ooo)s'élève,d'après le census de 1891, à 13,882.
Le district du nord contient, en outre, les chrétientés o\i pangous d'Aour, d'Oniour et de Maleyadipatty. Ce dernier a l'étendue d'un diocèse; il est administré, depuis 39 ans, par le P. Benedict Burthey, qui, grâces à Dieu, après 46 ans de mission et malgré ses 74 ans, monte encore à cheval, et porte les secours de la religion à des malades qui sont à 20, à 30 milles de distance. Le P. Burthey a sous son administration 6,978 chrétiens.
La population chrétienne du district du nord est de 48,070.
Dans le district du centre, au N.-O. et au S.-E.
principalement, nos missionnaires ont à lutter avec les protestants.
Au Nord-Ouest, le P. Jules Larmey a repoussé les sectaires américains de Pamchampatty ; il a considérablement augmenté son troupeau et fondé quelques chrétientés nouvelles. Avec l'aide d'un excellent catéchiste, ancien élève du collège Saint-Joseph, il fait marcher une vingtaine d'écoles élémentaires ; et, même sur ce terrain où, faute de ressources matérielles, la lutte avec l'hérésie n'est guère possible à la plupart des missionnaires, le P. Larmey semble avoir trouvé le moyen de lutter avec avantage (*).
Au Sud-Est, dans la province de Ramnad, le P. Léon Marie Fabre a refoulé les flots de l'anglicanisme qui, après avoir envahi Ramnad, menaçaient d'inonder le Marava. Les anglicans, grâces aux largesses dont ils se firent les distributeurs à l'époque de la grande famine, avaient débauché près d'un millier de chrétiens appartenant à la juridiction goanaise, et leur pasteur avait vu d'un œil indifférent leur passage au protestantisme. Heureusement le P. Fabre montra plus de souci du salut de ces pauvres gens; il reprit aux anglicans ce que ceux-ci avaient pris aux goanais. Le prêtre qui s'était facilement consolé de leur apostasie, ne manqua pas de réclamer ce qu'il appelait son bien ; mais Rome consultée déclara que ce qui avait été conquis sur les protestants, appartenait à celui qui avait fait la conquête.
A l'ouest du territoire de Ramnad est le pangou de
r. Le lecteur trouvera d'autres détails sur ce sujet à la fin du chap. I, IIIe Partie.