‹ Le magasin de chaperons;Chapitre 6 sur 21 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LA M2RE L'OYE, BLONDEL, en aveugle.

antûnio , le conduisant.

(Ils entrent sur la ritournelle du premier chant de Richard.)

BLONDEL

Antonio...., où sommes-nous donc ?

ANTONIO

Dans le magasin de chaperons où vous m'avez dit de Vous conduire.

BLONDEL

Ah! c'est D'en!. ..

LA MERE l'oYE.

Asseyez-vous.... père Blondel ... asseyez-vous , et ditesmoi ce qui vous amène dans mon magasin. Viendriez-vous faire l'emplette d'un petit chaperon !

Oh! non, ma bonne dame.. . je n'en ai pas besoin, moi. .. avec le violon -de Grétry, je me passe fort bien du secours de la magie.

Air : Une fèvre brûlante.

Jamais d'aucune fée

Le pouvoir n'égala

Celui qui signala

Notre moderne Orphée.

Corn b en de fois son art heureux IVous a transportés dans les Cieux!

Tout de son doux empire

tuibit l'enchantement,

Et Je son de sa lyre

3*st son seul talisman.

LA MERE l'ûYE.

A qyi le dites-vous?.... Mais quel est donc le sujet de votre visite ?

ANTONIO

Je vais vous dire çà en deux mots : Comme le pèra Blondel a trouvé jadis le roi Richard dans un rocher, où le dïabîe lui même ne l'aurait pas déniché, l'Opéra-Comique l'a envoyé à Ja recherche du seigneur Apollon...

qui est perdu pour nous ; et comme vous êtes une vieille orcière, à ce que l'on dit

BLONDEL

Je viens vous prier de m'indiquer où je pourrai le

encontrer.

LA MERE l'ûYE.

Il s'est fait hermite dans votre salle, où depuis long- CXDS, il ne vit que de quelque» galeites que je lui envoie.

C'est çà ! . . . il aura fait sa cellule de quelque loge brmée à l'année.

BLONDEL

C'est vraisemblable.

ANTONIO

C'est que çà lui fait un hermitage bien commode au tloins que noue salle.

Air : Songez donc que vous êtes vieux:

Au beau foyer que l'on connaît , 11 peut (aire son feu, je pense, - De l'orchestre il doit avoir fait Une salle de pénitence.

11 a pour paisible dortoir ' La s'conde galerie entière ,

Et de long en large !e soir, 11 peut s'prom'ner dans le parterre.

LA BIERE l'oYE.

Consolez-vous , seigneur Opéra-Comique, je viens d'enoy< r à Feydeau un Chapeion magique dont vous me Srez des nouvelles; j'en ai envoyé un aussi à votre >etit confrèie le Vaudeville.

BLONDEL

Lui , mon confrère... Jamais... Quoi, vous soutenez ce aurien-là!.,.

LA MERE L'OYE

Que vous a-t-il donc lait?

BLONDEL

Air : La maison de Monsieur Vautour.

Tour-à-tour malin-et sournois, 11 singe nos airs , nos tournures, 11 singe nos habits , nos voix , Il singe jusqu'à nos figure».

( io )

t\ MERE L'OYE.

Mon clier , il faut être indulgent, Vous n'êtes guères plus honnêtes ; Car lorsqu'il ne fait pas d'argent, Vous singez aussi ses recettes.

ANTONIO

Tenez, père Blondel , la mère lOye a raison... alloc vite recevoir son petit Chaperon !

Air:

Et fric, et fric , -et froc, Apollon va quitter le froc ; Enfin nous l'échapperons, Et vivent Jès chaperons! . '

LA MERE l'oYE.

Bientôt pour votre spectacle , Plus d'écueil et plus d'obstacle ; Vous en aurez triomphé.

Ce chaperon , quand j'y pense, C'est la corne d'abondance.

BLONDEL

Moi j'en suis déjà coiffé.

ensemble (ensonant.)

Et fric, et fric, et froc.

Etc.

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