‹ Le magasin de chaperons;Chapitre 8 sur 21 · LA MERE L'OYE/PUBLIC, PIERRETTE · texte numérisé non relu

LA MERE L'OYE/PUBLIC, PIERRETTE

Je ne me trompe pas , c'est cette jeune fille qui fait tant de bruit.

LA MÈRE L'OYE

Comme elle est fraîche !.... c'est une rose, quel dessein £eut l'amener chez moi ?

PIERRETTE

Air : N'y a que Paris.

Pour m'en ricin r et promptement, J'ai ce qu'il faut, je le proteste; Oui, mais dans mon département, Le sort ne vent pas que je reste.

Pour les grands yeux , les pieds petits , N'y a que Paris.

LA MÈRE L'OYE

Que venez-vous chercher ici ,.ma belle demoiselle !

PIERRETTE

Air de Ninon.

C'est ici , dit-on , qu'on fabrique Ces chaperons si délicats ; Dont le pouvoir toujours magique' Sait nous préset ver des faux pas.

De ma vertu , je vous le jure, Je suis certaine , et pour raison ; Mais j'en serais c-ncor plus sûre Si je portais un chaperon.

LA MÈRE L'OYE

Et mademoiselle vient m'en demander un?

PTERRETTE.

Oui j madame , par précaution.

 L bonne heure , car votre innocence a été reconnue...

Pierrette , avec uns révérence.

Ouï , monsieur - par tout le monde; mais les Parisiens sont si aimables , et l'état de demoiselle de comptoir que je suis venu exercer ; est si scabreux...*

le. public } à la mère Uoyel Je vois qu'elle a du jugement.

PIERR.ETTE

Je sais bien qu'on a déjà beaucoup jasé sur moi; mais je me moque du qu'en dira-t-on.... l'établissement où jesuis est connu pour sa moralité, jamais je ne vais dans une maison qui ne soit honnête, et puisque la fortune m'attend dans celle-ci...

Air : Vaudeville du Petit Courier.

Pour m 'admirer j'espère voir Accourir la foule charmée ; J'ai pour appui ma renommée Que je saurai faire valoir.

Four bien me seconder , je pense, J'aurai mes attraits et sur-tout N Ma sagesse et mon innocence.

LE PUBLIC

I! faut tirer parti de tout.

PIERRETTE

Mais on m'attend à mes montagnes , madame veuillez me donner ce que je vous demande.

LA JYlÈRE L'OYE.

.Vous allez être servie... de quelle couleur le vo'ulez-vous?

PIERR.ETTE

Je le voudrais couleur d'espérance.

le public, à part.

Elle songe déjà à le quitter.

LA MÈRE L'OYE

Voilà qui vous ira à merveille, je crois.

( Elle lui essaie un chaperon vert, )

Air : Bonjour , mon ami Vincent.

Sous ce chaperon charmant, •Voyez comme elle est jolie .'

Par l'honneur, ma chère enfant, Femme encore est.embellle.

LA MERE l'oYE.

Par l'heureux pouvoir de ce talisman , Vous vous conduirez toujours sagement- Maigre vous , toute votre vie , La vertu par-tout va suivre vos pas.

Çà voiis va-t-il bien ( bis ) , çà n'vous gên't-il pas?

PIERRETTE

Ça me gêne un peu $ mai* c'est égal.

Air : De l'avare.

Combien cette toque nouvelle?

Cent francs.

PIERRETTE

Mais vous n'y pensez pas.

, LA MERE l'ûYE.

Réfléchissez donc qu'avec elle Vous ne pouvez faire un faux pas.

pieRréte.

Je ne pourrai faire un faux pas!

LA MBRE L'ûYE.

Puisque l'honneur les accompagne, Ces chapeaux ne sont pas trop chers!

Vi ai ment à ce prix - là' j'y perds.

PIERRETTE

Et moi , croyez-vous que j'y gagne?

Vous êtes bien heureuse que je ne puisse pas m'en passer; au revoir.

LA MÈRE l'oYE.

Faites-en part à vos connaissances. ( Pierrette sort. )

Page 1