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disait de Pauline, après une représentation de Polyeucte : Voilà cependant une très-honnête femme, qui n'aime pas son mari. Madame la dauphine aTait raison : Pauline n'aimait pas son mari quand elle Ta épousée Cependant le devoir, comme cela arrive dans les âmes honnêtes, a créé Tafiection, et Pauline maintenant aime Polyeucte, car elle craint pour ses jours et s*alarme du songe qui semble menacer sa vie. Cette affection, née du devoir, peut-elle lutter contre F inclination qu'elle a eue pour Sévère? Oui, dans Tâme de Pauline, le devoir peut lutter et l'emporter sur l'inclination; mais, où Pauline lutte et triomphe, d'autres pourront lutter et ne pas triompher, d'autres enfin pourront même ne pas lutter. C'est par là aussi que Pauline a fait école sans le vouloir, et a eu des disciples dont le premier soin a été de ne pas imiter leur modèle.
Polyeucte, Pauline et Sévère , c'est-à-dire le mari, la femme et l'amant, voilà la vieille trilogie qui fait le fond d'une grande partie de la littérature dramatique et de la littérature romanesque, et qu'il faut examiner avec soin; car l'allure différente de ces trois personnages dans le drame et dans le roman témoigne des différenœs morales de la littérature.
De ces trois personnages , il est évident qu'il y en a un de trop. Lequel disparaîtra? voilà la question. Celui qui disparait change selon les temps, les mœurs et les goûts. Quand c'est l'amant, la vertu applaudit ; mais il n'y a ni drame ni roman, et le cœur mur* mure. Il y a une tentation, une pensée coupable, qui peut être portée au confessionnal pour être avouée et absoute; il n'y a pas une action à mettre sur la scène. Dans Polyeucte^ c'est, il est vrai, IV mant qui se retire ; mais il ne se retire qu'après s'être montré, non* seulement aux yeux, mais, si je puis le dire, dans le cœur de Pauline. Il fait le drame en paraissant, et la morale en se retirant.
Dans la Nouvelle Héloîse, des trois personnages de la trilogie, c'est la femme qui disparaît. Elle meurt par accident , et elle mecit fidèle à ses devoirs ; mais il était temps qu'elle mourût. Déjà, pendant la promenade aux rochers de la Meillerie, Julie avait compris, et nous avions compris avant elle, que M. de Volmar tentait me