‹ Le Magasin de librairieChapitre 2 sur 180 · SIXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

SIXIÈME PARTIE

Quand le docteur Bourgoin et Jules Regnault parurent dans le salon de madame Fernel,^ M. de Preize, attendu ayec anxiété, n*aTait pas encore fait son entrée. Ce Parisien classique calculait ses effets et donnait à ses démarches la solennité d'un dénoûment.

Adèle n'éprouTa aucun embarras à sourire aux nouveaux Tenus. EUe rachetait par son attitude les duretés de sa réponse , beaucoup mieux que si elle s'en fût expliquée avec le journaliste. Sa colère du matin n'avait été qu'un accès de sa coquetterie ou de sa vanité. A moins de la supposer sans âme et sans esprit , on ne> pouvait admettre qu'elfe fût assez maltresse d'elle-même pour accueillir œ souriant un prétendant dont elle eût soupçonné les vues intéressées , et suspecté l'honneur. Jules, de son c&té, était trop fin, et trop fier de la perspective d'une lutte, pour avoir le mauvais goût de bouder. Il sembla que rien de grave ne s'était passé entre eux. Babel , qui était venu pour jouir de son œuvre, n'y comprenait rien et se sentait furieux.

Laure était sérieusement heureuse. Elle avait eu si peur de voir échouer son grand projet, que l'espoir, en renûssant tout à coup, lui donnait des joies presque égales à celles du triomphe. Sa toilette était en progrès sur celle de la veille. Elle avait compris que la présence de M. de Preize serait pour madame de Soligny l'occasion de nouveaux exploits , et elle était fermement résolue à combattre intré-

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