CHAPITRE XXVll. i
heures ks portes s'onn&oi enfio» et U foule se prédpîte «ulour de ronpsce réservé au trilHiuaJ su pied de la cbaîre. Au nomeBt'eù le frère Bernard Guidonis Bunte eu chaire, ou enteud ua graud tuinodte dans Tégltae. Uss bedeaux eeurent de toutes parts^ et l'un d'eux s'apfroehe des baocs des oonsuls de la Tiile et de la . eune roiale, pour iufonser ees foAcUoAuaires de œ qui se passe* Il s'agit tout jûmplement de quelques individus ebaoïarrés de eroix rouges, qui esssiyeit de se glisser dans l'égtise pour assister au seroaûn, et dont le peuple n'a pas vouhi tolérer la présence. Ces individus ont été chassés et roués de coups eonne ils le néntaient Le calme s'étaut rétabli à la suite de celte exéeuftioDy le ssnnoo CABunenee par la prestation de serment descurioles et des esasuls catrs les mains du frère B^nard Guidonis.
M^ Estienoe Duport, officiai, lit la formule du serment :
€ Vous, Hugues GéraU, docteur es lois et officier de iMJlre seigneor e roi de France, faisant fonction de sénéchal de Toulouse et d'Albi ; et vous, Yves> docteur es loi, juge de notre seigneur le roi de France, à Toulouse ; et vous, )ean de la Tour, sergent d'armes de notre seigneur le roi; et vous» Pierre Maurandi^ jurisconsulte, occupant l'office de lieutenant à Toulyse,
« Tous jurez par les saints Étangiles de Dieu, posés devant vous, que vous teoe^ et feres tenir la' foi de Ifotre-Seigneur Jésus-Christ et de la sainte Égfise romaine, et la défendrez selon votre pouvoir contre tous;
« De même que vous poursiiivres, preadrez et ferez prenAre, aceuaeret et déooDcerez à l'Eglise et aux io^pusiteurs, partout où vous ko saurez êlre^ les csofants hérétiques ainsi que les fauteurs et receleurs d'yceox;
« De même que vous ne coofieres aucoBO comnissioi^ admimstralkift ni diaïf es publiques, à wcune des susdites personnes, pestiférées^ ni aia anapects, ni k ceux qui sont diffisifés pour cause d'hérésie, ni à ceux aHxqiialo aura été ei4^t, en raison du crime d'hérésie, de ne rempër aueune ûmetia» pat* bMipie;
« De même que vous ne recevrai ni admettiez oucuDd'eiiz, ssitdaos veire famille par voie de mariage ou de domesticité^ soit en votre conseil ;
Et si le contraire vous arrive par l'effet de votre ignorance, que vous leschasserez aussitôt qu'ils seront venus à votre connaissance;
« Et, en quoi que ce soit qui touche à Tinquisition, que vous obéirez i Dieu, à PËglise romaine et aux inquisiteurs.
tt Qu'ainsi Dieu vous soit en aide et ses saints Évangiles. »
La forme du serment des consuls étant la même que pour les curiales, les consuls David de Choaze, Amauid de Nugole, Albric Maurandi, Arnauld Boni, Baymond Maurandi, François de Gaun, Pierre-BaifmiHid de Garrigue» fils de Guillaume, Bonus Mancipius Maurandi, seigneur de Garanliague, Amauld-
Jeott de Gargata, jtnrent par les saints Evangiles , etc., comme préoé.
denunent.
Après cette prestation, le frère Bernard Guidonis se lève, et, selon îa règle ordinaire, fulmine la sentence d'excommunication contre ceux qui entravent le ministère de l'inquisition : « Gomme il n'est licite à nul chrétien de mettre obstacle aux affaires de la sacrosainte foi sur laquelle Notre Seigneur Jésus-
152 L*ÂxNISÉE LITTÉRAIRE.
Christ a fermement et solidement établi les fondements de l'Eglise orthodoxe, mais attendu que diacivi doit plutôt Texalter de toutes ses forces, nous, frère Bernard Guidonis et nous frère Gauflridus des Abluses, de l'ordre des frères prêcheurs, inquisiteurs de h dépravation hérétique, au royaume de France, députés du siège apostolique, et nous, Etienne Duport, officiai de Gauderiis, Tîcaire du R. P. en Christ, notre seigneur Galhard, par la grâce de Dieu évêque de Toulouse, en yertu de l'autorité dont nous sommes investis, nous excommunions* par cet écrit, et nous dénonçons publiquement comme excommunié quiconque aurait entravé sciemment l'office de l'inquisition ou le ferait à l'avenir, de quelque manière que ce soit, directement ou indirectement, manifestement ou d'une façon occulte, soit en celant la vérité, soit en révocant un aveu légitime, soit en induisant autrui à celer ou révoquer indûment un aveu; nous excommunions pareillement quiconque y prêtera son secours directement ou indirectement, manifestement ou d'une manière occulte.
« J)e même que quiconque recevrait induement de l'argent ou quelque autre don, soit en vue d'obtenir la libération de quelqu'un ou de retarder une exécu-iion, au préjudice de Tinquisition. »
La formalité de l'excommunication remplie, le frère Bernard Guidonis déclare que seront tirés de prison avec des croix et subiront les pénitences plus loin mentionnées :
ce Pierre de Saint-Laurent de Garrigue*; deux visites par an à Toulouse; pendant l'octave de Pâques, à l'église Saint-Saturnin, en août, lors de rinveation de saint Etienne, à l'église Saint-Etienne ; et lui ont été remis ses pèlerinages en considération de son état maladif et de sa vieillesse;
Une Toulousaine jadis épouse de Bernard-Hugues de la Rochevidal, pèlerinages mineurs contenus dans les lettres de l'inquisiteur; visites à Toulouse conmie ci-dessus et pénitences générales. Les inquisiteurs se réservent le pouvoir de diminuer et d'augmenter la susdite pénitence, et d'incarcérer sans motif nomoeau les personnes susnommées, s'il leur paraît convenable, v
Les condamnés, qui sont présents, écoutent cette sentence avec une satisfaction visible. Ils s'attendaient à des peines plus sévères. ^ »
L'official appelle la cause de l'inquisition contre le sieur Pontius An^il^ relaps, et la dame veuve Philippa de Tunido, relapse. Aussitôt un grand silence se fait dans l'auditoire, et d*une voix grave le frère Bernard Guidonis s'exprime ainsi :
1 . Daw les beaax jourt do moyen âf e, il y a^alt froit ecpèeei d^exoommnnieation : *
1* Bsoommimieatioa ipao facto , qal n'emportait ancime peine eedéciaiUqne josqa'à ee q«*ell«
ttl dénonce»
t* Exeommunieation minenre, qû n'emportait que dei peines disciplinaires o« spiritaelles, 3* Bxeommonieation nugeure. C'était littéralement être mis hor» la loi, dans la position de
eenx à qui les anciens interdisaient le fen et Teau. C'est de eelle-là que frappe ici le R. P.
quisiteur.