CHAPITRE XXVII. lo
Sentence prononcée contre Pontius AtneUi, relaps, et la dame veuve Phitippa
' deTunicio.
« Au NOM DE NoTRB-SbIGNEUR teuS-GHRIST CRUCIFIÉ, AMEN.
Cl An du Seigneur id07, le 5 des nones de mars, premier dimanche de carême ; npus, frère Bernard Guidonis, de l'ordre des frères prêcheurs, inquisiteur de la déprayation hérétique au royaume de France, député par l'autorité apostolique, et nous, Etienne Duport, chanoine, ofGdal de Gauderiis^ et nous, Guillaume-Amand de la Motte, chanoine de Sainte-Aldegonde de Poitiers, Ticaire du R. P. en Christ le seigneur Galhard, évêque de Toulouse, absent;
« Attendu que nous sayons de science légitime par la confession de Pootius Amelii de Garde, près Vertefeuille, diocèse de Toulouse, confession faite en jugement par-devant frère Pierre de Mulceone,derordre de Saint-Dominique, inquisiteur à Toulouse à cette époque, qu'en l'an du Seigneur 1290 d'abord, le mercredi suivant de l'octave du bienheureux Martin, ledit Pontius Amelii, sept ans auparavant ou à peu près, avait connu et fréquenté l'hérétique Aymeric Barrot, qu'il 1^ vu plusieurs fois, avec lequel on l'a également vu, qu'il a même conduit en différents lieux, le jour pt la nuit, en cachette, et qu'il a adoré (adoravit) le même hérétique en lui disant trois fois le Benedieite à la manière des hérétiques ;
Attendu que deux années après, ou environ, il a reçu dans sa maison Amauld Ger, fugitif pour cause d'hérésie, ainsi que les hérétiques Pondus Sogasserii et son compagnon, qu'il leur a fourni à manger et à boire, et quUl a adoré lesdits hérétiques de la façon hérétique susdite;
« Attendu que l'année même où il en a fait l'aveu, il s'est trouvé secrètement en compagnie de plusieurs personnes dans une certaine maison où il a recommandé la vie et la secte des hérétiques, et discouru de leur doctrine;
a ArrsNDij que la même année, en compagnie de deux autres personnes, ses adhérents, il a discoure de l'hérésie et s'est informé de la manière dont on pouyait entrer dans l'hérésie;
« Attendu qu'il a cru alors que les hérétiques étalent de braves gens (bonos hotninee), véraces, de bonne foi, et qu'on pouvait se sauver dans leur communion;
« Attendu qu'ailleurs encore il s'est entretenu des hérétiques avec des personnes amies des hérétiques et qu'il a entendu parler d'eux, et que quelqu'un lui a découvert le moyen d'aller rejoindre les hérétiques en Lombardie, s^il le TOulait;
Attendu que d'une confession faite par lui devant un autre inquisiteur, en Y an 1300 du Seigneur, le 6 des ides de mars, il résulte qu'il avait celé plusieurs circonstance^ relatives au fait d'hérésie dans une confession qu'il avait faite devant le prédit frère Pierre de Mulceone, et qu'il avait vu lesdits hérétiques Aymeric Barrot et Albert, son'compagnon, en d'autres lieux, et un grand nombre de fois le jour et la nuit, et qu'il a plusieurs fois adoré les mêmes hérétiques et qu'il les a tus adorés de plusieurs personnes en même temps, et de même visités de plusieurs personnes, et qu'il a vu les mêmes hérétiques mangeants et buvant^ et qu'il a entendu les paroles, les prédications et la doctrine desdits hérétiques eontre la foi catholique de Jésus-Christ et contre les sacrements de l'Eglise romaine;
« Attendu qu'après ces aveux il a été tiré deux fois de prisoD à la requête de personnes qui avaient juré pour lui qu'il ne retournerait pas à l'hérésie, qu'il n'adhérerait pas à son enseignement^ qu'il tiendrait et conserverait la foi catholique après avoir ahjaré auparavant toute oenmptioo b^^étiqite par-devant susdit frère Pierre de Mukeom> eomoie îl &él6 établi par devant moi^ frère Benuurd GuidoBiay et comme PoBtiMS Anetii Ka reeoDnu et alfirmé par sèment;
« Attiksu qu'il est également eenu d'une nanèr« Uigitiaie de mei, Mre Bernard Gnidonis, is^ÛBiteur susdit^ qu'en t'as ds Seignear 4304, le 4 des nones de juillet, après avoir eoounis ien actes nentiemés pUn haut et abjuré ïMeéeàB, comme un ebdeti qui rwiaU.à m» osmiMMiMiUto, Aymerie, «joutant de nouvellen ùsAm aux anciennes, puisqu'il y a trois ans et demi il a eu une entrevue avec Pieire Aoterii et Jacques, ssa flls, ëans onenMîseBdeseiiviraDsée 6erde, e& fl a entendu leurs prédication» et feor doctrine et les a adorés trois fois en iécÉînsant le genonet leur disant le B^nêàiciu à la manière ées hévélîqaes, et les a VBS adorés par plusieurs perœnnes présentes;
€ Attivdu (]pi*il a vu tedit béfétique Pierre Anlerii «ne autre fois ailleam, dans une maison de Toulooflaeè il a entendu fat prédicalien et la éectrine der* dits hérétiques contre la foi catholique et contre |ps sacrements de la sainte Eglise romaine de Nntie-SeignenrJisu»Ofist, et qu'il a cru alors qoliisétnienl de braves gens» véraces, et qu'on powait ss smver dans leur oonnnnnien ;
ArusjHx qu'un homme qui était un adepte des hérétiques l'a engagé i le snivie en Lomberdie auprès des hàcéëques» et qu'il' ne l'a pas- tévâlé aux Biquisiteurs avant d'être dté et appelé à le» triteâa! ;
Atthim qu'il a maintes fois entende paiier desdits héréâqnes, qofil len a entendu reosmmandés^ enx et leurs ceuvres, et a eu eonnaissanee des lieox oà ils se réunissaient et de eeux qui «vaieni foi: en eus et se trenvaient en grand nombre, et que d'après les insimiatiens d^un hérétique qui Vj a induit; il n*a rien révélé aux inquistteiB^ mais, an centraife, a tout celé jnsipi'à ee qnTS m arrêté et pris;
krnamcy qu'avant de faire aucoD arren, tt a edé la vérité par^-devant moi, -Inquisiteur susdit, et a i|fé paidut plusieurs jours ;
De même, AmnnT qnePhilippa de Tunieie, jadis épouse de Raymenè MaareUi, originaire de LimogeSt a éîé punie pour aetesoomnis pareils en snliève d'Iiérésie, par les mqi^ittemv fr^ Amulphe de Pkliac et frère Ponlius de Pemac, an du Seigneur 1274^ le 3 des ides de mai, et qu'on lui a impesé des croix donbles et des pèlerinages mineurs;
AziKHDu que lesdites cseix lui ent été imposée» pat les inquisiteurs, Mre Aigon Amelii et frère lean CaJandi, et ^*tVii& a abj wé toole oonruptiom héié^ tiiiae, comme il oonetn par les actes et livres de fînqnisillin, et ^'elle a reosnntt eUe-nâme avoir été jadis appelée en. jugement ;
AmifDu qn'iè appert légilîHienKnliy par la confession fiûte en jngemeni pnrdteant frère Pierre de Mulneone déjà nenuné, à*hmtemsé mrftnstr», q»*en l'aa dn Seigneur 1290 dTaberd, le jonr de k, nouvelle kmn qm snivil Iti fNe da Inenhenreux Martin Valentin , «ne personne fiaffliilière [et amie des hérétiquee lui a recommandé eis secret les hérétiques et kttf ssetOr et qneoek lus plMn%
Attekdu qu'avec la même et plqsieurs autres personnes , elle a entends secrète