M. Amédée Renée, la grande Italienne, p
DU POUVOIR TEMPOREL DES PAPES. 22f
goire Vn : a A dater de ce jour et dans la suite, je serai sincèrenieiit fid^e au bienheureux apôtre saint Pierre et à son vicaire le pape Grégoire. J'observerai fidèlement, comme un chrétien doit le faire, tout ce que le pape m'ordonnera au nom de Tobéissance que je lui dois. Je servirai de tout mon pouvoir, avec l'aide d^ Jésus-Christ, l'honneur et les intérêts de Dieu et de saint Pierre; et la première fois que je me trouverai en présence du pape, je me reconnaîtrai son défenseur et celui de saint Pierre ^ » C'était un véritable hommage féodal.
Quelque temps auparavant , le pape avait fait acte de souveraineté dans la Dalmatie, qui était depuis dix ans sous la protection de l'empire grec. Le prince de ce pays, Démétrius Zwonimir, reçut des l^ts pontificaux le glaive, le sceptre et la couronne. Grégoire ne' tou&it point que la Hongrie relevât de l'empire teutonique. U écrivit à Salomon, à qui Geisa disputait le trône : ce Vous avez ofiensé saint Pierre en recevant le royaume de Hongrie comme un fief du' nri Henri... Le royaume de Hongrie est une propriété de la sainte Église romaine, depuis que le roi Etienne a remis à saint Pierre toutf les droits de sa couronne^. » Le pape intervint aussi dans les affaires de Pologne en prononçant la déchéance de Boleslas, et il essaya d'étendre jusqu'en Russie sa toute-puissante influence : «c De la part de saint Pierre, écrivait-il au prince Démétrius, nous avons donné votre couronne à votre fils, qui va la recevoir de nos mains, en nous prêtant serment de fidélité '• »
Dans une lettre adressée aux principaux chefs du clergé français , dès le commencement de son pontificat, Grégoire YIl avait accusé leroi Philippe I^ des crimes les plus odieux ; il l'avait menacé de mettre soD royaume en interdit, et d'employer tous les moyens possibles pour arracher la France à sa tyrannie ^. Il écrivait aux princes espagnols qu'avant l'invasion des Sarrasins , l'Espagne avait appartenu à saint Pierre , et qu'il valait mieux qu'elle restftt au pouvoir des infidèles que d'être occupée par des chrétiens qui n'en fissent pas hommage au saint-siége ^. Ainsi s'accomplissaient les desseins de Hildebrand sur toute la chrétienté. Dans le concile où il avait déposé
j. Gregorii YII EpisL, lib. IX, ep. 3.