Gregorii VII EpisU IV
cette princesiie arait hérité des Idomiâaes de sa fasriUe, qui comprenaient la plus grande partie de lltalie centrale et s'étendaient jusque dans le nord de la Péninsule. Veuve de Godefroy de L^raine dont elle n'avait pas eu d'enfants , elle possédait les Marches de Toscane c(t d'Ancône, Gênes et toute la côte de ligurie, les duchés de Spolète, de Ferrare, de Parme, de Plaisance, de Mddèiie et de Majrtoue. MatbiÛe ne pouvait (rester naître entre le pape et l'empereur^ Elle opta peur TËglise, dont elle confondit la «ause awc celle de l'Italie ; die voulut que ses États fussent le rempiiirt de Bame daas le nord, ùmnme les principautés noranandes l'étaient au raidi. Elle reçut Grégoire VII dans sa forteresse de Ganossa, «ukourée d'usé biple «nœinte, et ce fut là, que la majesté io^riale vint s'bumilâer aux j^eds du pontife.
Mais flënri IV oublia bientôt ses promesses, et la guerre se ralluma. Mathilde résolut d'armer le sainUsiége d'uae puissance qui le rendît capable de lutter contre son redoutaUe adversaire: elle fit dom à l'Église romaine de tous les biens dont elle pouvait disposer. Elle &i saint Pien« son héritier, dit son historien Domnizo , afin d'être l'héritière de saint Pierre :
Propria clavigero sua subdidit omoia Petro ; Janitor est cœli, suushseres, ipsaque Pétri \
L'acte de cette première donation n'exi^ plus ; il a été renouvelé en 1102, sous le pontificat de Pascal II, par une donation nouvelle, -qui Tvppelle ce qui s'était passé vingt-cinq ans auparavant entre Mathilde €* <îrégoire VA :
a Au nom de la très-sainte et indivisible Trinité, Tan 11 OS de rincamation de Notre-Setgneor Jésus-Christ, du vivant du seigneur pape <k^goîre , septième du nom, dans le palais de Latl*an, chapelle de 1^ Sainte-Croix, moi Mathilde, par la grâce de Dieu comtesse, pour le salut de mosi Aine et de celle de mes ancêtres, j'ai donné et dfert à l'Église de saint Pierre, par l'entremise dudtt seigneur pape -Grégoîne, la totalité de i»es biens en toute propriété. . • Mais comnoe cet acte ne se retrouve jius, dass la crainte que Bia donation ne soit
1. ¥iUiIathildi8, celebenûo» piincipis liahBà, carmiiie scdptaa &amni£one presbytero, qui in arce Canusina apud ipsam viiit, ap. Mnratori, Smpi* Berum Italie, t. V.
220 DESORIGINES
révoquée en doute , moi comtesse Mathilde , je la renouveUe en ce jour aux mains du cardinal Bernard, légat de ladite Église
romaine '
Domnizo, dans son histoire en vers de la comtesse Mathilde, dit que la première donation fut faite à Grégoire VII pendant son séjour à Canossa en 1077 ; le texte de 1102 dit, au contraire, que Tancienne donation fut écrite à Rome dans le palais de Latran. Le dernier et regrettable historien de Mathilde dit avec raison que ce désacoord peut s'expliquer par une promesse d*abord écrite à Canossa, et o(myertie un peu plus tard en un acte définitif au palais de Latran ^.
C'est une grande question de savoir si Mathilde pouvait disposer de tous ses biens en faveur du saint-siége. Selon plusieurs autenrs, dont l'opinion nous parait bien fondée, cette princesse n'a pu donner que ses biens allodiaux : elle n'avait pas le droit de disposer de ses fiefs, qui ne pouvaient être aliénés sans le consentement du suzerain. Il ne lui était permis de donner que les domaines qu'elle possédait à titre de propriétaire, jure proprietario, comme dit l'acte de donation. Or elle n'avait point ce droit sur des fiefs impériaux, tds que le marquisat de Toscane et le duché de Spolète. Si cette donation avait été valable dans son intégrité, elle aurait rendu le pape le maître de l'Italie; mais elle fut vivement contestée, et fit naître d'interminables débats entre l'Empire et l'Église romaine.
Henri IV, blessé U la fois comme suzerain et comme héritier de h donatrice dont il était cousin, était résolu à traiter Mathilde en ennemie et à envahir ses États, lorsque l'Allemagne se souleva contre lui. Les seigneurs et les évéques, assemblés à Forcheim, élurent empereur Rodolphe cle Souabe. Grégoire VII, effrayé des guerres qui menaçaient l'Allemagne et l'Italie, hésita longtemps à reconnaitre le nouveau César. Puis, choisi pour arbitre par les deux parties, il se prononça en faveur de Rodolphe, et lui imposa un serment qui faisait de ce prince un vassal du saint-siége. Les précédents empereurs promettaient de protéger l'Église de tout leur pouvoir et de défendre ses domaines; Rodolphe alla plus loin, comme on le voit par la foi^ mule de son serment, telle qu'elle se trouve dans les lettres de Gré-
i. €artula comitissœ Mathildis» ex Codice albiniano, ap. Genni, Mùmminia dùminationis pcniificiœ, t. II, p. 238.