PRIÈRE A UN OURS
Le célèbre naturaliste Pennant cite textuellement, dans sa Zoologie antardiqtie , une prière que les Finlandais adressent à Tours lorsqu'il succombe à la chasse :
Béte vaincue et sans vie , mais le plus noble de tous les hôtes des forêts , Ramène la santé dans nos cabanes, Veille autour de nous en sentinelle vigilante,
Et sois pour nous Theureux présage d*une proie centuple. Je rends grâces aux dieux, qui m'ont donné une si noble victime ! Quand la gnitide étoile du jour se cachera au delà des Alpes, Je hâterai mes pas vers ma cabane,
Et la joie, toute v^tue de fleurs, régnera trois longues nuits dans mes foyers:
Je gravirai avec transport le penchant de la montagne. La joie a ouvert ce beau jour, la joie le terminera. C'est toi que je vénère, c'est de toi que j'attends ma proie. Ours, jamais je n'oublierai de t'adresser ma louange !
II est curieux de rapprocher ce singulier usage des neiges voisines du pôle, d*un fait analogue observé par Liviagstone dans les régions embrasées de la Cafrerie. Le célèbre docteur, traversant le pays du Mbaï, rencontra un éléphant fenoelle que telait son petit. Les javelots des Cafres qui accompagnaient l'intrépide voyageur eurent bientôt hérissé le corps de la pauvre béte d'une forêt sanglante; mais, avant leur attaque, ils attirèrent d'abord l'attention du noble animal par des bruits divers : les uns soufflaient dans un tube, les autres dans leurs mains jointes; puis, avant de le frapper, ils lui payèrent ce tribut de respect :
chef! nous sommes venus pour vous tuer.
chef! ainsi que bien d'autres vous allez mourir. Les dieux l'ont dit, etc.