‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 188 sur 314 · Tome XXX. — AOUT · texte numérisé non relu

Tome XXX. — AOUT

cité des Lémovices que parce que ses habitants s'étaient refusés à accepter l'hérésie d'Ârius, tandis que le second en avait fait seulement une affaire d'intérêt et de rancune personnelle. Les Wisigoths avaient pillé avec une sorte de modération; Théodebert, à la tête d'une armée formidable, pilla avec excès, incendiant les églises, détruisant les couvents, dépeuplant la ville, sans respect d'âge ni de sexe.

La malheureuse ville venait à peine de renaître de ses cendres, lorsqu'un nouveau siège la réduisit à de dures extrémités. Cette fois, ce fut Pépin le Bref (760-767) qui continua l'œuvré de Théodebert et des Wisigoths, brûlant comme eux les églises, comme eux passant les habitants au fil de l'épée, pour les punir de leur obéissance à WaifTre, petit-fils d'Eudes, duc d'Aquitaine, et leur^souverain. Touché cependant de compassion à la vue des ruines qu'il avait faites. Pépin releva les églises de la Règle et de Saint-Étienne , de Saint-Paul et de Saint-Michel de Pistorie, et, comme dédommagement des maux qu'il leur avait si cruellement infligés, donna la ville de Salaignac au chapitre de la cathédrale, et celle de Saint^Vaulry au chapitre de Saint-Martial.

En 846, lors de l'invasion des Normands en Aquitaine, le comte Foulques, s'étant porté à la rencontre de ces barbares, fut tué dans la première bataille qu'il leur livra, et leur ouvrit ainsi les portes de Limoges, oili ils entrèrent sans coup férir, et d'où ils ne sortirent qu'après avoir fait de cette ville un amas de décombres. Les Limousins la re-

construisirent courageusement, sans prévoir les désastres de même nature qui les altendaienl. Vers la fin du neuvième siècle , une seconde invasion de Normands recommença les massacres et les ruines de l'invasion de 846. La métropole des Lémovices était redevenue ce qu'elle était h son début, c'est-à-dire un simple village, ce c^ui n'empêcha pas Charles le Gros de s'y faire couronner, en 920, comme roi d'Aquitaine, Limoges ayant toujours conservé, quoique^'étant pas la capitale même du royaume de ce nom, le privilège de voir inaugurer dans ses murs les prmces aquitains. One fut qu'après la défaite et l'expulsion définitive des Normands que les murs de la cité furent relevés, et, près du château et de l'abbaye de &\mt-Marlial, on construisit des tours, des maisons, dès hôtels, parmi lesquels nous en citerons deux où siègent aujourd'hui le préfet de la Haute-Vienne et la Cour impériale de Limoges, et qui furent, avec plusieurs autres maisons, le noyau de la ville actuelle.

La ville de Limoges se reconstituait donc peu à peu , lorsque, en 1053, un furieux incendiç détruisit l'église de Saint-Martial ainsi qu'une partie des bâtiments du monastère; puis, en 1103, un autre incendie dévora une partie de la ville et du château; deux ans après, la guerre civile continua l'œuvre du Ïqw; enfin, en 1147, le feu reprit le rôle qu'il avait laissé à la discorde, et détruisit comïpe elle.

Nous passons sous silence les misères sans nombre qui assaillirent Limoges, en 1175, lorsque Henri H, roi d'Angleterre, s'en vint en Limousin pour châtier la rébellion de ses deux fils; en 1260, lorsque les troupes bourguignonnes en firent le siige; en 1370, lorsque le duc de Berry et Duguesclin lui donnèrent l'assaut pour en déloger Jean Chandos, et, quelque temps après, lorsque le prince Noir en fit sauter les murailles; en 1421, lorsque les Anglais l'attaquèrent; en 1547 et en 1549, lorsque la peste s'en mêla; en 1562, lorsque la guerre civile, une guerre de religion, reprit la besogne de la peste; etc.; etc.

Limoges était autrefois le siège d'un présidial et d'une sénéchaussée, d'une juridiction consulaire, d'une maîtrise particulière des eaux et forêts, çl le chef-lieu d'une généralité et d'une élection de même nom, ressortissant au Parlement de Bordeaux. La ville ne comptait pas moins de douze paroisses, h part la cathédrale de Saint-Étienne. Elle renfermait deux séminaires, trois abbayes d'hommes, trois abbayes de femmes, et de nombreuses maisons conventuelles. Aujourd'hui, quoique un peu déchue de sa splendeur historique et de son importance politique, elle n'en est pas moins une ville intéressante à plus d'un titre. Son commerce et son industrie n'ont guère varié depuis Turgot. Sans doute, la gloire de ses émailleurs n'est plus que le souvenir d'une tradition interrompue (*); mais les fabriques de porcelaine y ont prodigieusement étendu leurs travaux et leurs débouchés; l'imprimerie y a pris un développement considérable; les forges se sont multipliées; les teintureries, les filatures de laine et de coton, les cuirs et les peaux, les gants, les sabots, les cartons, les bougies, les chan-ielles, les colles fortes, les grains, les vins, les chaudières, les chaudrons, etc., objets renommjés tous pour leur qualité, alimentent sur le marché même du chef-lieu des transactions commerciales (Tun chiffre très-élevé. En outre, quelques-unes de ses anti-^ quitès et sa situation pittoresque sur la rive droite de la Vienne la signalent au touriste, a l'artiste en tournée dans le Limousin. Parmi les monuments antiques, en très-petit nombre, épargnés par les bouleversements politiques qui ont détruit cette ville à plusieurs reprises, nous citerons ;

(') Voy., sur THistoire des émailleurs de Limoges, t. IX, 1841, p. 38 et suiv., et t. X, 18*2, p. 364, . '

un très-ancien temple sphériqueç la grande* muraille en pierres cubiques appelée château de S:iinte- Valérie : la grille appartenait au palais du proconsul, dont on voit une partie aux casernes et près de Thôpital; un grand cippe, derrière l'abside de la cathédrale; une colonne milliaire, devant la porte du grand séminaire; les restes du pont de la Roche au Gué du Goth ; les tombeaux d'Origanus, de Sabinianus et de Sabineus;et plusieurs bas- reliefs épars, soit dans la ville, soit dans les jardins dfes faubourgs. Parmi les monuments du moyen âge , nous citerons la cathédrale de Saint-Étienne, Saint-Michel des Lions, Saint-Pierre du Queyroix, Sainte-Marie et Saint- Aurélien ; et parmi les édifices modernes : le palais épiscopal, en granit comme la cathédrale; le palais de justice, près des arènes ; le nouveau pont sur la Vienne; le quartier de cavalerie; l'hôtel de la préfecture; la maison centrale.

PROMENADES D'UN DÉSŒUVRÉ

LES HEUREUX

Suite. - Voy. p. 246, 254.

Une fois hors du somptueux liôtel , aiïrancjii de ce luxe écrasant, il me sembla qu'on m'enlevait un poids de dessus les. épaules : je m'étirai, je respirai â pleine poitrine; n'eût été le respect humain, j'aurais,, je crois, improvisé des entrechats sur le boulevard. Je me délectais k contempler les rayons divergents du soleil qui illuminaient toutes gens et toutes choses d'un étlat bien autrement réjouissant que celui que peuvent refléter les cristaux et les dorures. Je regardais les formes, élégantes encore malgré l'hiver, d'arbres trop souvent ébranchés, mais qui, pressés de donner leur ombrage et de revêtir leur habit de printemps, se couvraient de bourgeons bruns, luisants, déjà gonflés des promesses de l'année. Après m*ê^re un peu délassé et épanoui au grand air, je me demandai où j'allais maintenant suivre mon programme et chercher des heureux. L'échantillon que je venais de voir ébranlait ma confiance en la félicité des millionnaires, et il était d'ailleurs douteux que j'en découvrisse un prêt à me recevoir. Je songeai donc, poursuivant toujours ma recherche philosophique du bonheur en hauts lieux, A une aimable personne dont une de mes parentes m'avait vanté cent fois là position fortunée : c'était son mot. <• Est-elle heureuse ! » répétait ma cousine, beaucoup moins préoccupée de la grâce et de l'esprit de la femme que des brillantes affaires du mari. C'était un peu une lionne que cette dame, mais je savais d'elle des traits de bonté ; je me trouvais dans son voisinage précisément le jour de la semaine où elle recevait ; elle m'avait fait l'honneur de me l'indiquer; l'heure n'était point indue; je me prévalus donc de la permission et me présentai chez elle.

A l'intérieur, j'observai plus d'élégance que de luxe, et je m'en applaudis. Un petit drôle^à l'air mutin, sans livrée, mais coquettel]^en^vétu, me demanda poliment mon nom, et, chose merveilleuse! sans l'écorcher le moins du monde, le répéta d'une voix claire, en ouvrant devant moi la porte d'un salon du goût le plus exquis. Quatre dames qui s'y trouvaient en (ionférence avec la maîtresse du logis étalaient, sur des fauteuils h pieds de chèvre, un peu grêles pour les kilomètres d'étoflie qu'ils avaient charge de supporter, l'ampleur soyeuse de leurs jupes. Un souris, répondant à m<m salut, n'interrompit point la conversation , dont le dernier mot avait déjà frappé mon oreille.

— Aff'reuse catastrophe ! s'écriait d'un ton lugubre une grande dame fort maigre, dont la figure, en opposition

avec une profusion de fleurs et une toilette juvénile, trahisbait U vieillesse antiapée.

Cette expression, comprise des arboriculteurs, le sera aussi de ceux qui ont observé, dans les bals et soirées, la face et les cheveux enfarinés de personnes jeunes encore, mais qui jugent à propos d'assourdir Téclat de leur teint, de ternir les tons dorés de leur chevelure en saupoudrant lé tout d'une poussière blanche (poudre de riz est, je crois, le nom). Les secrètes tortures pratiquées par le corset, la question infligée par les souliers, aidant à la métamorphose, des femmes qui sont loin d'atteindre trente ans arriveront, avec leurs yeux cernés, leurs traits tirés, leur teint blêmi, leurs cheveux grisailles, leurs sourcils fortement noircis au pinceau , à accuser la cinquantaine. Je ne me hasarderai donc point à deviner Fâge de la pathétique personne à laquelle la maîtresse du logis donnait la réplique, en déplorant avec elle une incroyable série d'infortunes diverses. Le retour de la campagne était toujours accompagné, répétaient ces dames, de cruelles angoisses. Il n'était question que d'accidents funestes, d'amis au désespoir, de ruines imprévues, de morts subites, de maladies horribles, d'opérations etîrayantes. Les faits divers du Moniteur signalent moins de désastres. Ne trouvant place que pour des interjections, et jugeant inutile de croasser dans ce concert , je me livrai en silence à mes réflexions.

Personne, certes, n'est plus convaincu que je ne le suis des misères auxquelles toute vie est en butte. Mais si je regarde comme un adoucissement, pour un cœur surchargé de tristesse , de les pouvoir épandre au sein d'une tendre intimité, s'appesiintir sur les malheurs de toutes ses connaissances, en faire le sujet de la conversation générale, trouver dans cette énumération lamentable une sorte de distraelion, c'était ce que je ne pouvais comprendre. Les cinq dames apportaient une étrange émulation dans leurs lugubres récits, et je fus heureux quand celle qui déûlait, à mon entrée, ce chapelet de catastrophes, amenant soudain sur ses léyres, pour accompagner sa denniére révérence,, un sourire qui contrastait avec ses sujets de conversation , leva le siège et nous quitta.

Le thème "va changer, pensai -je, et je m'en réjouis. Je n'aurais pas été fâché que quelques sujets à ma portée fussent mis sur le tapis. La maîtresse du logis m'avait toujours paru fort gracieuse, et passer à ses yeux pour un pédant incapable de dire un mot et de jouer son rôle en bonne compagnie m'était désagréable.

La tragédie, en eflet, avait fait son temps; nous passions à la petite pièce : la dame qui venait de sortir en fit les premiers frais. S'il n'eût été question que de blâmer ses funèbres tendances, j'aurais pu hasarder une ou deux remarques; mais les critiques très-acérées qui s'élevèrent aussitôt attaquaient des points plus délicats. 11 s'agissait d'allusions à des faits.que j'ignorais, faits de nature à n'être qu'eflQeurés : c'étaient des demi-mots auxquels je cherchais vainement un sens, de ces sous-entendus qui déchirent, mais n'expliquent rien, enfln une sorte d'argot qui, pour moi, valait l'hébreu, à cela près que je pourrais, qui sait? être tenté quelque jour d'étudier l'hébreu, et que je ne le serai jamais de pratiquer un langage qui pique , mord , blesse , mais n'instruit et n'éclaire jamais.

La médisance est évidemment un champ fertile , quelque pernicieuses que soient les plantes qui y germent, et lorsque la satanique petite personne qui avait saisi le dé au départ de la grande dame s'éloigna à son tour, comme les Parthes, en décochant un dernier javelot, sa chronique individuelle fut ûnmédiatement -substituée à celle qu'en traits sanglants elle venait d'ébaucher. Une fraîche douairière (sans doute celle-ci n'avait pu se procurer de lacets

assez forts pour comprimer son embonpoint et détruire sa santé) se chargea de continuer la conversiition. Moins acerbe et moins spirituelle que sa devancière, elle s'en prit à l'extérieur, et nous fit un cours complet de toilette, où figurèrent les noms les plus célèbres dans l'art de tailler le velours et de chiffonner la soie. Elle épilogua sur quelques menus détails, dessins de châle mal choisis, nuances malheureusement assorties, et, ne pouvant condamner tout à fait la toilette de la dame en question , elle fit observer « qu'elle avait de qui tenir, et aurait dû poser comme un exemple permanent de bon goût. » On fouilla sa généalogie : ses ancêtres étaient des lingères, des fleuristes, des modistes, que sais-je! Bref, les riches hériUiges qui avaient permis à cette mince personne de faire un mariage brillant, descendus jusqu'à elle de talents en Uileiits, étaient dus en entier à l'art d'habiller et de coiffer la pratique,

— En vérité , on ne lui en veut pas , ce n'est pas sa faute! s'écria d'un ton conciliant la quatrième visiteuse, qui jusqu'alors s'éttiit peu mise en avant; mais, quoique cette belle dame n'ait en rien l'air de s'en douter, il n'en est pas moins notoire que sa mère était couturière de ma mère,. et que, jusqu'à sa mort, mon bon vieil oncle le maréchal a persisté à garder pour tailleur son grand-père!

— L'aïeul d'un des plus grands génies et d'un des meilleurs hommes de ce siècle était tailleur aussi, dis-je tout à coup, et je ne suppose pas que cette origine ait rien enlevé au mérite de Déranger.

Je ne sais quelle mouche me piquait de me lancer ainsi à la défense d'un médisant petit être qui m'avait profondément déplu. Du reste, j'eusse mieux fait de me taire, à en juger par les regards qui accueillirent et le silence qui suivit cette sortie. Presque aussitôt les deux dames, opérant leur retraite, nous laissèrent tête à tête, moi et la maîtresse du logis.

— Vous voyez, dit éelle-ci (se tournant de mort côté d'un air de plaintive confiance qui me toucha), vous voyez avec qui je vis, et les concessions que je suis forcée de faire au monde au milieu duquel je me trouve exilée! ,Vous ne pouvez, vous, libre en toutes vos allures, imaginer ce que c'est que d'être condamnée à ce vide de tous les moments, à cette inaction accablante que varie seulement un abrutissant commérage! Point d'idées ni de conversation, nulle intimité possible; ah! la vie que je mène est parfois intolérable.

Bien que je ne me fusse point encçre aperçu de ce que fui faisaient souffrir les propos auxquels elle prenait part, je me sentis ému. Il était dommage qu'un esprit fin, délicat, qu'une âme élevée et sensible, fussent contraints à s'amoindrir dans une existence oisive., au milieu de stériles et méchants bavardages. Mes réponses, qui lui laissèrent voir toute ma sympathie, encouragèrent une confiance dont je me sentais flatté.

L'^nui la dévorait, me disait-elle, et je cherchais en mon esprit tous les moyens de lui faire envisager les côtés heureux de sa destinée, et de la lui montrer moins décolorée qu'elle ne se la Qguralt. Mais il en arriva ce qu'il advient de la plupart des consolations, je ne fis que la confirmer dans le fâcheux point de vue qu'elle avait adoptée Vantais-je l'élégance de cet int^ieur où , grâce à elle, ré* gnait un ordre parfait, où tout plaisait aux yeux, riait à l'imagination, paradis enchanteur où il semblait qu'il ne tînt qu'à elle d'entretenir une perpétuelle fête... un léger mouvement d'épaules réprimait vite l'élan d'éloquence où j'étais seul â me complaire.

— Languissant et fade divertissement, disait-elle, que celui de prévoir, d'ordonner, de commander sans cesse ^ et pour qui ! ... et qui vous en sait gré ! ... Je ne vous soU'

hâite pas d^éprouver quel triste passe- temps c'est que d'avoir à dompter et à conduire les grossières natures des gens qui nous servent ! L'heureux emploi que celui d'épier leurs fautes, que d'avoir à bander son esprit sur cette foule d'assommants détails dont se compose ce qu'on appelle le ménage! Chercher constamment, constamment découvrir d'incessantes causée de mécontentement et d'irritation; étrange plaisir, en vérité! Croyez -moi, ne félicitons pas trop le galérien sur la nécessité où il est de polir le banc auquel sa chaîne est rivée, d'enlever la rouille qui userait peut-être ses fersl

Je la voyais se complaire a se prendre en pitié, t grossir de plus en plus les dégoiUs dont elle faisait des malheurs qui, pour être volontaires et étudiés à travers un microscope, n'en étaient pas moins poignants. J*ess<Tyai de me rejeter sur ce qui fait l'essence du bonheur de la femme, les enfants, le mari.

Crfui-ci étîrit complètement absorbe par les affaires. « Le temps qu'il aurait pu perdre en ma faveur, ajoutaitelle avec amertume , est dévolu aux cigares et à son cer-

cle. » Ses fils? « Ils étaient au collège. » Sa fille? < Au Sacré-Cœur. » La pensée que cette belle dame s'était trop affranchie des devoirs de famille pour avoir le droit d'en réclamer les bienfaits refroidissait mon zélé de consolateur. J'étais cependant sur le point de lui faire obsener qu'il suffirait de modifier son point de vue pour elTacer en grande partie les maux qu'elle déplorait avec tant de grâce , lorsque son jeune tigre me sauva cette maladresse en annonçant je ne sais quelle grande dame, une duchesse, je crois. L'empressement joyeux de mon interlocutrice â voler au-devant de cette belle visite acheva de tranquilliser ma compassion, La sutle à la prochaine livraison.

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