‹ Le Magasin pittoresque (volume 3)Chapitre 202 sur 314 · SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

SEPTEMBRE

Les plus fortes marées de 1862 ont eu lieu dans les mois de mars et d'août.

La marée de la pleine lune de septembre , qui a lieu le S à 8 h. 6 m. du matin, étant représentée par i, celle de U nouvelle lune du même mois ne sera représentée que par i ,03, c'est-à-dire que si la première atteignait à Brest une hauteur de 3'°,21, la seconde aura seulement 10 à 11 centimètres de plus; au contraire, la grande marée de mars surpassait de 24 à 25 centimètres la hauteur normale prise pour unité. Bien entendu, comme on ne saurait trop le répéter, il est impossible de déterminer à l'avance la hauteur exacte à laquelle parviennent les flots soulevés par l'attraction de la lune lorsqu'ils sont poussés par les vents. Du reste, la théorie mathématique des marées laisse eKe-méme beaucoup à désirer. Les calculs de Laplace ne s'appliquent d'une manière rigoureuse qu'au cas idéal d'une sphère entièrement couverte d'un océan dont la profondeur est uniforme. Les formules représentent avec une approximation suffisante, non pas les phénomènes que nous pouvons contempler, mais ceux qui ont dû se produtfe alors que la surface solide de notre globe était enfouie sous les flots.

Nous ne saurions trop engager les personnes qui se rendent aux bords de la mer à observer la manière dont les vagues se précipitent sur les grèves et laissent à découvert d'immenses espaces, la nature des débris végétaux que les eaux charrient avec elles, la violence avec laquelle elles arrachent d'énormes rochers. Avec un peu d'habitude, on trouvera un plaisir infini à étudier tous ces détails, dont chacun peut fournir un inépuisable sujet d'études. Les péripéties du cours dos astres viennent se peindre à la surface des flots; c'est enant^ faire de l'astronomie que d'observer avec intelligence leurs splendides mouvements.

Le mois de septenabre était le premier de Tannée républicaine.

Dans le système de la Convention, Tannée se renouvelait le jour de T^quinoxe d'automne, alors que le soleil ..passe par le p^n idéal qu'on nomme Téquateur terrestre et quitte Th,éniisphère boréal. La difficulté de déterminer longtemps à l'avance l'instant de Téquinoxe vrai , et par consj^uent le premier jour de Tannée, est une des objections qu'on a élevées contre la tentative des conventionnels.

La manière de trouver les années bissextiles est autrement simple dans les années juliennes, où les intercalations se placent à intervalles réglés. Quoique Delambre ait public , dans la Connaissance des temps pour l'an S, des formules déterminant pour une assez longue succession d'équihoxes Tépoque des intercalations sextiles, on a continué à soutenir qu'il serait presque impossible d'ajuster à cette nouvelle période les tables astronomiques calculées jusqu'ici pour des années d'une longueur moyenne et invariable. Un reproche qu'il eût été plus juste de ne pas épargner, mais qu'on s'est bien gardé de faire, car le calendrier grégorien y est également exposé, c'est de ne pas convenir également à toutes les longitudes. L'année pourrait commencer à la même époque pour tous les habitants de la terre , et non pas seulement pour les descendants plus ou moins germanisés des Gaulois, si on adoptait pour les usages de la vie civile le temps éqainoxxal moyen. Cette numération des temps, dont l'emploi dispense 1^ astronomes de rpentionner le lieu où les observations

ont été faites, a été introduite pour la première fois, en 1828, dans le Nantical Almanavh,

Les astronomes anglais ont cherché, comme leurs prédécesseurs du Bureau des longitudes de France, à rapporter l'origine de Tannée à un phénomène astronomique ; mais ils ne se sont pas imposé le problème de rapporter en outre le commencement de Tannée à un méridien fixe comme celui de l'Observatoire de Paris. Ce méridien, qui a Thonneur de marquer le commencement de Tannée équinoxiale, voyage donc à la surface de la terre, et varie d'une année à l'autre. Pour ramener le temps de Paris à cette période, il suffit de connaître la fraction du jour qui s'est écoulée entre le passage du soleil à ce méridien mobile et le moment où le centre de l'astre se présente derrière le fil de la lunette méridienne de notre Observatoire ; c'est une quantité fixe très-facile à déterminer pour chaque année, et qui sert pendant chacun des douze mois qu'elle dure. L'emploi du temps moyen équinoxial se recommande à tous les astronomes, et en général à toutes les personnes qui s'occupent des sciences naturelles, parce qu'il dispense de mentionner le lieu où les observations ont été faites. Ainsi, dire qu'une comète a passé à son périhélie en 1862, le 88'' jour, à 23 h. 8 m. 51 s. du temps équinoxialinoyen, c'est dire à la fois que ce phénomène a eu lieu le 5 janvier 1863, h 5 h. Al m. s. temps moyen de Greenwich, à 5 h. 56 m. 26 s. temps moyen de Paris, etc. On ne saurait donc trop vivement populariser l'usage de ce système trop peu connu à une époque où la tendance de Tunité est si vive daYis toutes les sphères de la culture scientifique.

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